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Hongrie : Un groupe juif qui s’était prononcé contre le mariage gay rétropédale

L'organisation-cadre Neolog a présenté ses excuses pour avoir signé une déclaration interconfessionnelle sacralisant l'union hétérosexuelle ; le mouvement Habad persiste et signe

Chen Ying-hsuan, à droite, tient la main de Li Li-chen pendant une cérémonie de mariage homosexuel à Taiwan, le 30 octobre 2020. Photo d'illustration. (Crédit : 'AP Photo/Chiang Ying-ying)
Chen Ying-hsuan, à droite, tient la main de Li Li-chen pendant une cérémonie de mariage homosexuel à Taiwan, le 30 octobre 2020. Photo d'illustration. (Crédit : 'AP Photo/Chiang Ying-ying)

JTA — Une déclaration interconfessionnelle conjointe, en Hongrie, prônant le caractère sacré de l’union hétérosexuelle avait été signée par les deux groupes juifs du pays les plus importants. Trois jours pour tard, l’un d’entre eux a présenté ses excuses.

Le document daté du 9 décembre qui s’intitulait « Déclaration conjointe des églises sur la sacralité du mariage » prônait l’exclusion des couples homosexuels et non-mariés, explique Mazsihisz, organisation-cadre des communautés juives hongroises regroupées au sein du courant Neolog non-orthodoxe. Le président de Mazsihisz, András Heisler, a présenté ses excuses en date du 12 décembre en affirmant regretter d’avoir apposé sa signature sur la déclaration, reconnaissant n’avoir pas suffisamment réfléchi à ses implications.

Ces excuses ont suivi un débat interne sur la question pendant une réunion de l’assemblée générale de l’organisation, a écrit Mazsihisz sur son site internet. Le plus important rabbin de Mazsihisz, Róbert Frölich, se trouvait parmi les critiques qui se sont opposés à la ratification du document, indique un compte-rendu de la réunion.

La déclaration originale, qui a été signée par de nombreux groupes confessionnels, rapportait que « dans la tradition juive également, la sacralité de la relation entre l’homme et la femme par le mariage est le fondement de la dignité humaine ».

S’opposant à cette déclaration, Frölich a estimé que « cette phrase est une offense pour tous ceux qui ne vivent pas dans le cadre du mariage et cette déclaration est aussi contraire aux valeurs, aux traditions et aux enseignements du judaïsme ».

Haver, un autre groupe communautaire hongrois dont les membres penchent plutôt à gauche, a également critiqué le soutien apporté par Heisler à la déclaration. « Nous considérons comme nécessaire d’exprimer notre solidarité avec les membres de la communauté LGBT et avec les familles de la communauté arc-en-ciel qui sont montrées du doigt et discriminées par cette déclaration qui ne prône que l’exclusion », a fait savoir le groupe.

Heisler a indiqué « accepter les critiques ». Si Mazsihisz n’a pas officiellement retiré sa signature, le groupe avait publié la déclaration sur son site internet et il s’est contenté d’ajouter une note précisant que « notre dénomination condamne toutes les formes d’exclusion ».

Le président de Mazsihisz, Andras Heisler, lors de la cérémonie de réouverture de la synagogue Rumbach, le 10 juin 2021. (Crédit : Akos Szentgyorgyi)

La note comprend également la reprise d’un texte publié au mois de juin par Mazsihisz et qui avait été largement perçu comme une critique de l’adoption d’une loi par le gouvernement hongrois qui interdit de partager des contenus sur l’homosexualité avec des mineurs.

Un autre groupe juif ayant signé cette déclaration, l’EMIH, affilié au mouvement Habad, a fait savoir par l’entremise du responsable de l’organisation, le rabbin Slomo Koves, qu’il continuait à soutenir la déclaration. Ce dernier a fait savoir qu’elle représentait à ses yeux une manière de montrer comment la dignité humaine peut être mise en danger par les relations sexuelles et qu’elle ne vise pas à établir quelles seraient les catégories d’êtres humains « dignes » – « la dignité appartenant à tout le monde, indépendamment des actions, des points de vue ou des modes de vie », a-t-il déclaré au site d’information juif Neokohn.

« Il est également important que les responsables des églises, les enseignants, les rabbins donnent eux-mêmes l’exemple en montrant que la famille mène au bonheur et au bien-être et combien le bonheur est grand, dans une famille, d’élever un enfant dans un environnement sain », a déclaré Koves à la chaîne de télévision M1 au sujet de la déclaration.

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