Il faut priver le Hamas de ses fonds et de ses armes
Le groupe terroriste se réarme, en partie grâce aux fonds provenant de l’afflux quotidien d’aide ; les primaires du Likud marquent le départ de certains "démolisseurs, mais les principaux saboteurs restent
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David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

J’aimerais vraiment croire que l’équipe américaine chargée du processus de paix au Moyen-Orient est parvenue à se défaire de l’illusion de Steve Witkoff – à savoir que le Hamas ne serait pas idéologiquement intraitable et qu’il serait possible de le persuader de déposer les armes avant de le voir disparaître discrètement dans les méandres de l’histoire.
J’aimerais croire que lorsque Jared Kushner rencontre, comme il l’a encore fait en Égypte ce week-end, Khalil al-Hayya, il est parfaitement conscient du fait que l’actuel chef du Hamas a été l’un des architectes du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien, le 7 octobre 2023, dans le sud d’Israël et qu’il a toujours gardé la même détermination à atteindre son objectif : celui de la destruction d’Israël.
En prétendant accepter le plan élaboré par le Conseil de Paix qui a été mis en place par les États-Unis – un plan qui prévoit son propre désarmement et le retrait d’Israël de la bande de Gaza – le Hamas se moque manifestement des États-Unis et il cherche à gagner du temps : il recrute, il forme ses hommes, il attend l’arrivée d’une administration américaine moins interventionniste et plus anti-Israël, il attend la reprise du financement de la part du régime iranien, dont la ténacité est tout simplement ignoble.
Cela ne signifie pas pour autant que l’initiative menée par les États-Unis, par l’intermédiaire du Conseil – une initiative qui vise à marginaliser le Hamas et à transformer progressivement le visage de Gaza – soit vouée à l’échec. Mais pour qu’elle aboutisse, il faut un véritable désarmement du Hamas, une élimination continue et implacable de ses membres qui préparent et qui tentent de mener des attaques… ainsi qu’une attention accrue portée à ses finances.
Selon Yitzhak Gal, du groupe de réflexion de centre-gauche Mitvim, le Hamas conserve une grande influence sur l’aide humanitaire entrant dans la partie de Gaza (près de 50 %) qu’il contrôle. Il est en mesure de prélever des taxes (à l’entrée et sur les marchés), d’entraver la distribution et de piller les fournitures, pour un montant d’environ 2 millions de dollars par jour. Un responsable du Conseil de Paix a reconnu auprès du Times of Israel que le détournement de l’aide se poursuivait mais il n’a pas confirmé le chiffre avancé par Gal, ajoutant que l’ampleur de l’intervention du Hamas avait diminué. Gal insiste donc sur la nécessité que la Force internationale de stabilisation (ISF) du Conseil de Paix, qui n’a pas encore été déployée, contrôle l’intégralité du processus de distribution de l’aide.
Lors d’une interview qui a été accordée lundi à la radio de l’armée, Galei Tsahal, Gal a en outre fait valoir que le Hamas, en acceptant soi-disant de céder le pouvoir civil au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) – le futur gouvernement technocratique provisoire -, se moquait une nouvelle fois des États-Unis, du Conseil de Paix et de ses alliés, puisqu’il s’est assuré que les instances au sein desquelles le NCAG est censé fonctionner seront composées de membres du Hamas et de ses partisans.
Enfin, Gal a plaidé en faveur de la mise en place d’une sorte de police économique qui serait chargée de superviser la fiscalité, les opérations de change, les transactions en cryptomonnaies et tous les autres aspects de la vie financière à Gaza. Il a toutefois reconnu que cette initiative risquerait de déclencher un conflit ouvert avec le Hamas.
Ces propositions ont un point commun : la nécessité impérative de garantir non seulement le désarmement du Hamas, mais aussi l’assèchement de ses ressources financières.
Le Conseil de Paix n’est peut-être pas parfait, a fait valoir Gal, mais c’est l’outil international le moins mauvais actuellement à portée de main pour intensifier la pression sur le Hamas. Et cette pression doit notamment passer par la destruction de son levier financier.
À moins d’agir, le Hamas continuera à se renforcer en toute discrétion et une nouvelle vague de conflits dévastateurs ne sera qu’une question de temps.
Quelle est l’ampleur et le degré d’imminence de cette menace ?
L’ancien Premier ministre et candidat à ce poste, Naftali Bennett, qui s’est rendu il y a deux semaines à Netiv HaAsara, un kibboutz situé à la frontière avec Gaza, a lancé une vive mise en garde : « Le Hamas a rétabli son système de commandement, il a nommé des commandants de compagnie, de bataillon et de brigade, il s’est réarmé en missiles à longue portée, en drones et en armement, et il creuse à nouveau des tunnels », a déclaré Bennett, ajoutant que le groupe terroriste « s’entraînait déjà pour le prochain massacre ».
Bennett mène campagne pour renverser le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et, sans surprise, il a de nouveau pointé du doigt ce dernier, déclarant : « Il y a un lien direct entre le bureau du Premier ministre à Jérusalem et ce qui se passe ici, de l’autre côté de la barrière : Netanyahu a renoncé à éliminer le Hamas, il a fait entrer le Qatar au sein du bureau du Premier ministre, puis il a remis aux Qataris les clés de Gaza. »
Mais un mois plus tôt, des officiers du Directorat du Renseignement Militaire et du Commandement du Sud de Tsahal avaient également averti que la branche armée du Hamas se préparait à reprendre la guerre contre Israël. Ils avaient précisé que le groupe terroriste fabriquait chaque mois des centaines d’engins explosifs et de missiles antichars, qu’il recrutait des combattants âgés de 18 à 22 ans et qu’il avait récemment repris l’entraînement de ses membres de l’unité d’élite, la Nukhba.
Selon un reportage de la chaîne Kan TV, le Hamas tente également de faire entrer clandestinement des drones et des appareils de communication depuis le Sinaï, ont déclaré ces officiers. Le groupe terroriste s’efforce par ailleurs de reconstruire son infrastructure souterraine, dont une grande partie n’a jamais été détruite.
Au moins à deux reprises ces dernières semaines, Tsahal a en effet déclaré avoir pris pour cible des éléments du Hamas qui s’employaient à remettre en état les tunnels de Gaza.
Chose presque incroyable, trois ans après le 7-Octobre, des soldates de Tsahal ont affirmé avoir été à nouveau témoins d’activités terroristes du Hamas, ajoutant que leurs supérieurs ont préféré ignorer leurs avertissements.
La naïveté et la complaisance sont inconcevables face au Hamas. Mais l’inaction et la paralysie le sont tout autant.
Pas de bouleversement au sein du Likud
À peine un mois après avoir voté, sur ordre de Netanyahu, en faveur d’un projet de loi visant de manière inacceptable à consacrer l’exemption massive du service militaire pour les hommes ultra-orthodoxes, au moins seize députés et ministres du Likud – et probablement plusieurs autres – ne réintégreront pas la Knesset, compte tenu de leurs résultats relativement médiocres lors des primaires du parti qui se sont tenues lundi.
Au moment de voter, ils savaient que Tsahal avait désespérément besoin de renforts pour faire face à des tensions de sécurité incessantes sur plusieurs fronts. Ils savaient à quel point les réservistes souffraient après des centaines de jours de service au front. Ils savaient qu’il n’y avait rien de « juif », et encore moins « d’ultra-orthodoxe », à refuser de défendre l’État juif. Ils savaient que leur Premier ministre était victime du chantage de la part de ses partenaires de coalition ultra-orthodoxes non sionistes. Et pourtant, tout au long du mandat de quatre ans du gouvernement israélien le plus incompétent en matière de sécurité, le plus destructeur de la démocratie, le plus complaisant envers le terrorisme des résidents d’implantation et le plus clivant, ils avaient obéi aux ordres de leur dirigeant cynique et égoïste.
Et maintenant, ils vont être mis au rebut.
L’un d’entre eux éprouve-t-il le moindre soupçon de culpabilité ou de regret ? Très probablement pas.
Certainement pas Idit Silman, dont la défection au profit du Likud avait scellé la chute du gouvernement Bennett-Lapid en 2022 et lui avait valu quatre années au poste de ministre, passées à faire tout le contraire de la protection de l’environnement.
Et qu’en est-il d’Avi Dichter, cet ancien chef du Shin Bet, autrefois admirable, qui avait mis fin à la Seconde Intifada avant de vendre son âme à Netanyahu ?
Et qu’en est-il d’Ariel Kallner, le député (Likud) à l’origine du projet de loi visant à mener une enquête politique sur les défaillances liées aux événements du 7-Octobre ? Une enquête dont la composition et le mandat seraient définis par le gouvernement lui-même, qui a présidé à la catastrophe, plutôt que par la commission d’État indépendante dont on a désespérément besoin pour déterminer ce qui a mal tourné et comment éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise. Kallner est lui aussi sur le point de disparaître dans les méandres de l’histoire, comme une note de bas de page sans importance, et sans doute sans remords.
Cependant, Ofir Katz, le président de la commission de la Chambre de la Knesset chargé de nommer cette commission d’enquête fantoche, a obtenu d’excellents résultats lors des primaires. Il reviendra à la Knesset pour contribuer à faire adopter le projet de loi lors de ses deux dernières lectures, si une coalition dirigée par le Likud est réélue.
Il en ira de même pour Yariv Levin, ce ministre tout sauf de la Justice, obsédé par l’idée de détruire notre système judiciaire, qui a plongé Israël dans une amère discorde interne dont le Hamas a si bien su tirer parti. À l’instar d’une grande partie de la vieille garde fidèle à Netanyahu, Levin fera son retour, après une primaire qui, fait frappant, n’a pas réussi à faire émerger un seul nouveau visage – à moins de compter Almog Cohen, transfuge d’Otzma Yehudit – à une place réaliste sur la liste du Likud.
Arrivé en troisième position du scrutin, Levin a promis, avant même la fin du dépouillement, « de mener à bien la refonte du système judiciaire », et a affirmé, avec l’inexactitude et l’arrogance qui le caractérisent, que sa victoire dans une élection à laquelle à peine la moitié des membres de son propre parti avaient pris la peine de se rendre constituait une adhésion de « l’ensemble de la population » à ses politiques incendiaires.
À ce propos, alors que cette campagne électorale, inévitablement toxique, s’intensifie, le Shin Bet, même sous la direction de David Zini, nommé par Netanyahu, pourrait-il être amené à mettre de côté toute considération partisane et à assurer la sécurité du favori de l’opposition, Gadi Eisenkot ?
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