Il y a 1 700 ans, les habitants de Gédéra savaient déjà se détendre
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Il y a 1 700 ans, les habitants de Gédéra savaient déjà se détendre

Avec des bains chauds et froids et une salle de pause bien équipée, une vieille fabrique de céramique pourrait donner de bonnes leçons aux entreprises d'aujourd'hui

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Les fouilles entreprises à Gedera, juillet 2018 (Crédit :  Yoli Schwartz, Autorité des antiquités israéliennes)
Les fouilles entreprises à Gedera, juillet 2018 (Crédit : Yoli Schwartz, Autorité des antiquités israéliennes)

Apparemment, ce sont les potiers romains du 3e siècle qui auraient les premiers adopté l’équilibre difficile à atteindre entre le travail et les loisirs.

Dans la ville de Gedera, dans le centre d’Israël, une équipe de l’Autorité israélienne des antiquités (IAA) a découvert un impressionnant spa consistant en 20 bains et une solide salle de pause à côté de ce qui était, selon les découvertes faites sur le site, une grande fabrique de poterie en céramique.

Des plateaux pour des jeux qui sont toujours populaires gravés dans des blocs de pierre ont été retrouvés sur ce site. Parmi eux, les archéologues ont identifié le mancala, un jeu à un ou deux joueurs qui est encore un best-seller international contemporain.

« Les gens restent les mêmes, et l’archéologie nous rappelle que nous n’avons pas inventé la roue », a commenté la co-directrice des fouilles entreprises par l’IAA, Ella Nagorsky.

« Tout comme Google a installé une aire de jeux dans ses espaces de travail, c’est également le cas ici : Nous avons découvert une salle de jeux qui était peut-être utilisée lors des pauses durant le travail intensif des potiers ».

Ce complexe de loisirs a été découvert durant une opération menée avant la construction d’un nouveau quartier, au nord de Gedera, une initiative décidée et financée par l’Autorité des terres israéliennes.

La piscine byzantine et le système de canalisations d’eau à Gedera, découverts lors de fouilles (Crédit : Yitzhak Mermelstein, autorité israélienne des antiquités)

Au cours des deux dernières années, des fouilles archéologiques de grande ampleur ont été menées par l’Autorité israélienne des antiquités avec l’aide d’étudiants de programmes de préparation militaire pré-armée et des écoles locales, dans le cadre d’une initiative d’éducation visant à créer un lien entre la future génération et la terre historique d’Israël.

Mancala, version moderne (Autorisation)

Les archéologues ont découvert quatre plateaux de jeu, deux pour le Mancala et deux autres qui ont été souvent retrouvés dans le passé dans les endroits où se reposaient les soldats romains.

Le Mancala existait déjà, selon des estimations antérieures, au 6e ou au 7e siècle.

Un autre large plateau de jeu a été découvert au centre de la pièce.

La salle était l’endroit où passer du bon temps. Dans un coin, un « cabinet » où se trouvaient des verres et des bols, a expliqué Nagorsky. Les jeux se trouvaient dans un autre coin, dans ce qui semble être un espace de réserve situé à proximité d’un autre banc en pierre.

La salle de jeux découverte lors des fouilles à Gedera, dans le nord du pays (Crédit : Assaf Peretz, Autorité israélienne des antiquités)

Et pour les employés qui préféraient s’asseoir et se détendre, il y avait un spa constitué de 20 bassins d’eau chaude et d’eau froide.

Il n’y a pas de registre historique documenté portant sur l’atelier lui-même. Le secteur autour de Gedera aurait été, selon les spécialistes, associé à un certain nombre d’implantations anciennes, notamment à Gedor, qui apparaît sur la célèbre carte Madaba de la terre sainte, et sur le Kedron de la période asmonéenne.

La directrice des fouilles Ella Nagorsky sur le site de Gedera, dans le nord d’Israël (Crédit : Autorité israélienne des antiquités)

Les découvertes archéologiques réalisées dans l’atelier laissent penser qu’elle a opéré de manière continue pendant environ 600 ans, une période durant laquelle a été fabriquée le même type de céramiques : des jarres à vin « de Gaza ».

« Ce travail continu peut indiquer un atelier familial qui a été transmis de génération en génération », ont commenté les co-directeurs des fouilles, Nagorsky et Tamar Harpak, dans un communiqué de presse de l’Autorité des antiquités.

Le site était également un dépôt pour les récipients cassés ou abîmés et l’équipe estime qu’il y a des vestiges de plus de 100 000 pots.

Des empreintes digitales des potiers qui accrochaient les poignées aux poteries il y a environ 1500 ans sur une zone industrielle ancienne de Gadera, dans le nord du pays (Crédit : Yoli Schwartz, Israel Antiquities Authority)

En inspectant plus étroitement les morceaux de poterie, les archéologues ont découvert plusieurs empreintes digitales laissées par les artisans.

« C’est comme un salut qui viendrait du passé, c’est très excitant, et cela nous lie à ceux qui ont vécu ici et qui ont créé ces récipients de leurs propres mains il y a des centaines d’années », ont encore écrit Nagorsky et Harpak.

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