Implantations : Greenblatt préfère évoquer des « quartiers et des villes »
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Implantations : Greenblatt préfère évoquer des « quartiers et des villes »

L'envoyé de Trump a fustigé l'AP à Jérusalem lors d'un événement organisé en l'honneur de l'ex-ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'envoyé américain Jason Greenblatt parle au forum Israel Hayom de Jérusalem, le 27 juin 2019 (Crédit : Gideon Markovitz)
L'envoyé américain Jason Greenblatt parle au forum Israel Hayom de Jérusalem, le 27 juin 2019 (Crédit : Gideon Markovitz)

L’envoyé pour la paix au Moyen-Orient du président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu’il préférait appeler les implantations israéliennes « des quartiers et des villes », ajoutant qu’elles n’étaient pas le principal obstacle à la paix.

Évoquant les initiatives de Washington visant à négocier un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens au « Forum Israel Hayom pour les relations Etats-Unis-Israël » à Jérusalem, Jason Greenblatt a expliqué : « nous pourrions arriver à la paix si on arrêtait de dire que les implantations – ou ce que je préfère personnellement appeler ‘des quartiers et des villes’ – sont la raison de l’absence de la paix ».

Au cours de son discours, l’envoyé de Trump a fustigé l’Autorité palestinienne qui n’a pas assisté au sommet de la « Paix vers la prospérité » organisé par les Américains au début de la semaine, au cours duquel Washington a présenté le volet économique de son plan de paix très attendu.

« C’est une honte que l’Autorité palestinienne ait fait le choix de ne pas venir et qu’elle ait tenté de convaincre les autres de ne pas s’y rendre. Ils ont dénaturé notre message et tenté de saper nos progrès mais ils ont échoué à le faire », a noté Greenblatt.

Le choix de ne pas critiquer Israël sur le sujet des implantations tout en éreintant l’AP pour avoir « manqué une opportunité réelle » est une répétition de l’approche qui avait été adoptée par l’envoyé de Trump mercredi, au cours d’un entretien avec CNN.

Pendant l’interview, alors qu’il lui était demandé pourquoi il n’avait jamais publiquement dénoncé le gouvernement israélien comme il avait pu condamner l’AP, Greenblatt avait répondu que « je n’ai rien trouvé à critiquer qui aille au-delà des limites« .

Interrogé sur la promesse pré-électorale faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer certaines parties de la Cisjordanie, à la veille du scrutin d’avril, Greenblatt avait déclaré qu’il n’était pas souhaitable que le Premier ministre passe unilatéralement à l’action avant le dévoilement entier du plan de paix, tout en ajoutant que la réaction des Etats-Unis – si Israël devait entreprendre une telle démarche – restait indéterminée.

Au début du mois, Greenblatt avait indiqué qu’il apportait son soutien à des propos tenus par l’ambassadeur américain au sein de l’Etat juif David Friedman, qui avait suggéré que l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie par Israël pouvait être légitime.

Friedman s’est également rendu à l’événement organisé par Israel Hayom et il a présenté l’invitée d’honneur de la soirée, l’ancienne ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley.

L’ambassadeur américain David Friedman au forum Israel Hayom à Jérusalem, le 27 juin 2019 (Crédit : Gideon Markovitz)

Avant de faire venir Haley à la tribune, Friedman a fait part de ses pensées sur l’état actuel des médias – qui, selon lui, ne sont plus synonymes de « vérité », comme c’était le cas dans le passé.

« Aujourd’hui, la majorité des présentateurs d’information fonctionnent différemment. Ils n’ont aucun scrupule à partager leurs points de vue avec le public », a dit Friedman.

« Mais tous les médias ne sont pas défaillants. Il y en a beaucoup qui le sont néanmoins. Israel Hayom, vous, vous êtes bien », a dit l’envoyé américain, s’adressant à l’assistance liée à ce quotidien pro-Netanyahu, qui avait organisé cette conférence.

Friedman a clamé que sous Trump, la relation américaine avec Israël avait été basée sur la vérité. Il a alors établi une comparaison avec la « trahison d’adieu » de l’administration Obama envers Israël, quand elle s’était abstenue lors du vote de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies qui condamnait les implantations – une motion qu’il a qualifiée de « mensonge ».

Netanyahu a adopté un ton similaire lors d’un entretien sur la scène de l’événement avec le rédacteur en chef d’Israel Hayom Boaz Bismuth, pendant lequel ils ont débattu de ses différences avec l’ex-président Barack Obama, particulièrement sur la question de l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le rédacteur Israel Hayom Boaz Bismuth lors du forum Israel Hayom à Jérusalem, le 27 juin 2019 (Crédit : Gideon Markovitz)

« C’est toujours difficile de défier les politiques d’un président américain mais je me suis senti dans l’obligation de le faire », a dit Netanyahu, faisant référence à sa décision de dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien lors d’un discours controversé prononcé à l’occasion d’une session conjointe du Congrès en 2015.

Interrogé pour savoir s’il était inquiet face une éventuelle perte de soutien bipartisan dont il a longtemps profité au Capitole – et au vu du nombre croissant de candidats à la présidence démocrates qui ont juré d’opter pour une approche plus conflictuelle s’ils devaient être élus – Netanyahu a souligné qu’il y a eu de longues périodes pendant lesquelles un parti avait été plus solidaire de l’Etat juif que l’autre.

Toutefois, il a ajouté que la raison du ressentiment croissant contre Israël au congrès « se trouve dans les changements survenus en Amérique, ce n’est pas à cause d’Israël ».

Le principal événement de la soirée a été un autre entretien sur scène entre l’éditrice du journal Israel Hayom, Miriam Adelson et Nikki Haley, sur les années passées par cette dernière à l’ONU.

L’ancienne ambassadrice de l’ONU Nikki Haley, à gauche, et l’éditrice du journal Israel Hayom, Miriam Adelson, lors du forum d’Israel Hayom à Jérusalem, le 27 juin 2019 (Crédit : Gideon Markovitz)

Haley, qui a démissionné au mois de décembre, avait été saluée au sein de l’Etat juif et de la communauté pro-israélienne aux Etats-Unis lorsqu’elle assumait ses fonctions pour son soutien fervent apporté au pays et ses critiques des autorités palestiniennes à l’ONU.

Adelson a présenté Haley comme étant « la wonder-woman [d’Israël] de la scène mondiale » et la « première femme présidente potentielle des Etats-Unis ».

Interrogée sur la partialité anti-israélienne présumée à l’ONU, Haley a indiqué s’être rendu compte de « combien la situation était mauvaise » lorsqu’elle avait assisté à une session sur le Moyen-Orient, qu’elle a qualifié de « répugnante ».

En réponse, l’ancienne envoyée américaine que lorsque les pays utilisaient ces sessions pour critiquer l’Etat juif, elle évoquait une autre menace faite à la région à chaque réunion.

« Le temps passant, ils ont commencé à faire la même chose », s’est rappelé Haley, clamant que l’obsession israélienne aux Nations unies avait fini par diminuer.

Alors qu’il lui était demandé si elle soutiendrait une annexion israélienne de la Cisjordanie, Haley a déclaré : « Je pense que nous devons d’abord voir comment se déroule le plan de paix ».

Elle a alors fait la comparaison d’une telle initiative avec la reconnaissance par Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, qui n’a été « finalement que l’établissement d’un fait ».

L’ex-ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley lors du forum Israel Hayom forum à Jérusalem, le 27 juin 2019 (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

Haley a ajouté que voter pour opposer son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui condamnait l’administration Trump pour son initiative sur Jérusalem avait été l’un de ses plus grands moments de fierté en tant qu’ambassadrice.

« Pouvoir se dresser pour défendre notre droit, notre souveraineté et notre amitié avec Israël a été un moment de très grande fierté », a-t-elle dit.

Avant de quitter la scène, Adelson a demandé si Haley allait profiter de cette opportunité pour annoncer sa candidature à la présidence aux élections de 2024.

« Je pense que l’air, à Jérusalem, apporte de la clarté aux choses. Et je peux dire avec une grande clarté que je sais que je suis trop jeune pour cesser de me battre. Mais je profite aussi très fortement de ma vie privée. Je vais continuer à parler avec force et fierté de tout ce qui est important. 2024, c’est très loin encore et une année en politique dure toute une vie. Mais je peux dire avec clarté que je ne cesserai pas de me battre », a-t-elle expliqué.

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