Implantations: Le nouveau leadership en Cisjordanie aggrave-t-il les divisions ?
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Analyse

Implantations: Le nouveau leadership en Cisjordanie aggrave-t-il les divisions ?

Les résultats des municipales incitent les présidents des conseils municipaux à agir au nom des Israéliens de l'autre côté de la Ligne verte, en se passant du conseil de Yesha

Jacob Magid

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les chefs des implantations posent pour une photo près du bureau du Premier ministre suite à leur rencontre avec Benjamin Netanyahu le 7 juin 2017. De gauche à droite, 2017.  le président du conseil régional de Gush Etzion Shlomo Neeman, le maire de Maale Adumim  Benny Kasriel, le président du conseil local de Beit El Shai Alon, le président du conseil de Yesha Avi Roeh, le maire de Karnei Shomron Yigal Lahav, le directeur général du conseil de Yesha Shiloh Adler,  le maire d'Elkana Asaf Mintzer, et le chef du conseil local de  Kiryat Arba  Malachi Levinger. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
Les chefs des implantations posent pour une photo près du bureau du Premier ministre suite à leur rencontre avec Benjamin Netanyahu le 7 juin 2017. De gauche à droite, 2017. le président du conseil régional de Gush Etzion Shlomo Neeman, le maire de Maale Adumim Benny Kasriel, le président du conseil local de Beit El Shai Alon, le président du conseil de Yesha Avi Roeh, le maire de Karnei Shomron Yigal Lahav, le directeur général du conseil de Yesha Shiloh Adler, le maire d'Elkana Asaf Mintzer, et le chef du conseil local de Kiryat Arba Malachi Levinger. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Vingt-deux élections ont eu lieu le 23 octobre dans les municipalités israéliennes situées de l’autre côté de la Ligne verte et, alors que la majorité a vu les présidents sortants conserver leur poste de président du conseil, six municipalités se sont réveillées mercredi avec de nouveaux dirigeants – des bouleversements qui pourraient modifier la composition politique du mouvement pour les implantations.

Le retrait d’Israël en 2005 de 25 villages de la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie a divisé les dirigeants des implantations entre ceux qui étaient affiliés au pouvoir, et ceux qui pensaient que l’on pouvait faire davantage pour empêcher le gouvernement d’appliquer sa décision.

Le premier camp considère le lobbying comme un front unifié. Mais la capacité d’un certain nombre de présidents de conseil à obtenir des résultats par eux-mêmes en amène d’autres à se demander si le fait de modérer leurs opinions en vue de maintenir un consensus au sein du conseil-cadre de Yesha vaut le compromis.

Cette rupture s’est surtout manifestée lors des réunions du Conseil de Yesha, où un grand nombre de sièges sont restés vacants au cours de la dernière décennie, malgré une invitation faite ouvertement à tous les dirigeants des implantations.

L’actuel président du Conseil de Yesha, Hananel Dorani, comme ses prédécesseurs, s’est efforcé de réunir les dirigeants des conseils locaux et régionaux israéliens au-delà de la Ligne verte. Toutefois, les résultats de mardi ont largement aidé ceux qui rejettent ce front unifié.

Le candidat à la présidence du Conseil régional de Binyamin, Yisrael Gantz, dépose son bulletin de vote le 30 octobre 2018. (Crédit : autorisation)

Au Conseil régional de Binyamin, Yisrael Gantz a battu de justesse Shiloh Adler – 50,3 % contre 49,7 % – clôturant une campagne très dure qui est souvent devenue personnelle. Les deux candidats avaient pour objectif de remplacer le président sortant et ancien président du Conseil de Yesha, Avi Roeh, lors de l’une des deux seules élections en Cisjordanie où il n’y avait pas de candidat sortant. Mais bien que la marge de 1 000 voix (sur 22 000) ait été très mince, les candidats ont exprimé des sentiments très différents à l’égard du Conseil de Yesha et, par extension, à l’égard de l’importance de l’unité des implantations.

Adler, jusqu’à l’annonce de sa candidature, avait occupé le poste de secrétaire général de Yesha. Gantz, d’autre part, avait fait campagne sur une liste qui attaquait le « vieil organisme » du Conseil de Yesha pour avoir négligé les intérêts des habitants des implantations. Il est connu pour son approche plus combative en faveur des résidents et n’a pas peur de critiquer l’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire israélienne. Cette attitude audacieuse lui a valu l’appui de poids lourds anti-système tels que le député Bezalel Smotrich de HaBayit HaYehudi.

Sur les cinq élections en Cisjordanie qui ont vu le président sortant évincé, la victoire d’Eliyahu Libman sur Melachi Levinger au conseil local de Kiryat Arba-Hebron a peut-être été la plus déterminante. Levinger a présidé la municipalité du sud de la Cisjordanie au cours des 10 dernières années et a travaillé en étroite collaboration avec le Conseil de Yesha. Pour sa part, Libman a bénéficié de l’appui de militants d’extrême-droite comme Baruch Marzel d’Otzma Yehudit, qui critiquent depuis longtemps le Conseil Yesha pour son approche, non conflictuelle, des désaccords avec le gouvernement.

Le chef du conseil régional du Gush Etzion, Shlomo Neeman, a temporairement déplacé son bureau sur le lieu d’un attentat terroriste en Cisjordanie, où Ari Fuld, résident d’Efrat, a été assassiné par un terroriste palestinien le 16 septembre 2018. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Depuis sa victoire surprise aux élections spéciales convoquées après la démission en 2017 de Davidi Pearl, ancien président du conseil régional du Gush Etzion, Shlomo Neeman est considéré comme une étoile montante dans la classe politique des implantations et potentiel un candidat à la présidence du Conseil de Yesha. Cependant, le résident de 45 ans de Karmei Tzur n’a pas été en mesure d’obtenir 40 % des voix mardi et affrontera Moshe Seville lors d’un second tour le 13 novembre. Seville est considéré comme un mentor et un allié du président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, qui a longtemps refusé de travailler au sein du Conseil de Yesha.

Parmi les 14 titulaires qui ont réussi à conserver leur siège, il y a un groupe de présidents qui jugent depuis longtemps le Conseil de Yesha comme étant inefficace et qui étaient absents aux réunions mensuelles de l’organe directeur. Il s’agit notamment du président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, du président du conseil régional de la vallée du Jourdain, David Elhayani, du président du conseil régional de Har Hebron, Yochai Damari, et du président du conseil local de Karnei Shomron, Yigal Lahav qui ont tous remporté sans difficulté leurs victoires respectives.

Plutôt que de travailler dans les limites du Conseil de Yesha, les quatre hommes ont travaillé à établir des liens étroits entre divers membres du gouvernement, parlant au nom de leurs propres résidents plutôt que du mouvement des résidents des implantations en général.

Au conseil local de Kedumim, Dorani a brigué un troisième mandat, recueillant près de 70 % des voix. Mais avec les résultats des élections de mardi, son deuxième poste de président du conseil de Yesha s’annonce comme étant un défi beaucoup plus important.

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