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Investiture de la 22e Knesset sous la menace d’un possible troisième scrutin

Pour la deuxième fois en cinq mois, les députés prêteront serment dans une cérémonie en grande pompe mais ne voteront pas pour le président du Parlement

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Les préparatifs pour la cérémonie d'investiture de la 22e Knesset, le 2 octobre 2019. (Crédit : FLASH90)
Les préparatifs pour la cérémonie d'investiture de la 22e Knesset, le 2 octobre 2019. (Crédit : FLASH90)

La 22e législature du Parlement israélien sera intronisée jeudi lors d’une cérémonie, quasiment identique à celle de la 21e législature, il y a 5 mois, et l’éventualité d’un troisième scrutin – en raison de l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de coalition – point à l’horizon.

La cérémonie en grande pompe à l’occasion de cette rentrée parlementaire sera quasiment identique à la précédente, parce que sa composition est très ressemblante à la précédente Knesset, avec seulement 17 députés nouvellement élus en septembre, le nombre le plus bas jamais enregistré.

Cependant, la Liste arabe unie n’assistera pas à la cérémonie. Ils ont indiqué mercredi qu’ils boycotteraient la cérémonie de prestation de serment de la 22e Knesset en signe de protestation contre ce qu’ils qualifient de négligence gouvernementale suite aux violences dans les villes arabes.

Pour en rajouter, étant donné qu’aucune coalition n’a été formée, dans un contexte d’impasse politique, le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrera le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman quelques heures avant la cérémonie, pour discuter de la proposition de ce dernier quand à un gouvernement d’unité. Le Premier ministre assistera à la cérémonie, qui coïncide avec le deuxième jour de l’audience préliminaire à son éventuelle mise en examen.

Les préparatifs pour la cérémonie d’investiture de la 22e Knesset, le 2 octobre 2019. (Crédit : FLASH90)

Cependant, ce qui différenciera cette prestation de serment de la précédente sera l’absence de vote pour désigner le président de la 22e Knesset.

Au lieu de voter pour la réélection de Yuli Edelstein pour un quatrième mandat à l’issue de la cérémonie, comme cela a été fait pour son troisième mandat en avril, un scrutin sera organisé après la formation d’un gouvernement, ont confirmé des responsables de la Knesset au Times of Israël mercredi.

Etant donné que la composition du prochain gouvernement reste très floue, après les résultats des élections du 17 septembre, qui n’ont pas départagé clairement le Likud de Netanyahu et le parti Kakhol lavan de Benny Gantz, qui ont obtenu des résultats quasiment équivalents et qu’aucun des deux partis ne dispose d’assez d’alliés pour former une majorité, Edelstein restera président de la Knesset par intérim pendant les jours, les semaines ou les mois qui séparent l’investiture de la Knesset et celle du gouvernement.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein s’exprime devant les nouveaux élus avant leur cérémonie d’intronisation pour la 21e Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Jusqu’en 2012, le mandat du président de la Knesset prenait automatiquement fin à chaque investiture d’une nouvelle Knesset. Entre l’investiture de la Knesset et l’établissement d’un gouvernement, le président par intérim était « le doyen de la Knesset », à savoir le député avec le plus d’ancienneté.

Un amendement à la loi à cependant prévu que le président sortant reste président par intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau président, qui aura lieu lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement.

« En 2015 et en avril 2019, Edelstein a été élu lors de l’investiture de la Knesset parce qu’il était évident qu’un gouvernement serait formé et qu’il aurait son soutien. Cette fois-ci, il est clair que la conjoncture politique est différente et le système politique a donc décidé que l’élection du président aura lieu conjointement avec l’investiture du gouvernement », a déclaré un porte-parole du bureau du président de la Knesset.

Le député de Kakhol lavan Meir Cohen lors de la dissolution du Parlement, le 29 mai 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La décision de reporter le vote survient alors que le parti Kakhol lavan aurait l’intention de placer au poste de président un candidat issu de sa faction, l’ancien ministre des Affaires sociales Meir Cohen, si le parti centriste dirige le prochain gouvernement. Des sources au sein du parti ou indiqué que si Benny Gantz devient le prochain Premier ministre, ils craignent qu’un fidèle de Netanyahu ne contrecarre leur programme législatif en tant que président de la Knesset.

Un membre de Kakhol lavan a déclaré au Times of Israël que son parti,  » en tant que plus gros parti de la Knesset, doit encore décider quelles positions il souhaitera obtenir au sein de la 22e Knesset ».

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