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Iran, consulat, implantations : Bennett a dit trois fois « non » à Biden

Lors d'une récente réunion, le Premier ministre a confié aux chefs d'implantations qu'il ne céderait pas aux pressions américaines visant à freiner les constructions en Cisjordanie

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le Premier ministre Naftali Bennett (C) rencontre le ministre d'État des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Khalifa al-Marar (R) et le ministre bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif Al Zayani (G) à son hôtel à New York, dimanche soir (Crédit : Avi Ohayon/GPO).
Le Premier ministre Naftali Bennett (C) rencontre le ministre d'État des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Khalifa al-Marar (R) et le ministre bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif Al Zayani (G) à son hôtel à New York, dimanche soir (Crédit : Avi Ohayon/GPO).

Le Premier ministre Naftali Bennett a récemment déclaré aux dirigeants du mouvement pro-implantations qu’il s’était opposé au président des États-Unis Joe Biden sur les questions du programme nucléaire iranien, de la réouverture du consulat américain à Jérusalem-Est et des constructions dans les implantations au cours de sa rencontre avec le leader américain qui a eu lieu à la Maison Blanche au mois d’août.

« J’ai dit ‘non’ à Biden à trois reprises », a-t-il déclaré durant cette réunion en date du 9 septembre avec les responsables de l’organisation-cadre des implantations, le Conseil de Yesha.

« Une fois sur la question iranienne, mais je ne peux pas vous dire exactement sur quoi – on m’a demandé quelque chose et j’ai répondu ‘non’. La deuxième fois, c’était au sujet de la réouverture du consulat palestinien à Jérusalem – j’ai dit que cela n’arriverait pas. Et la troisième fois, c’était concernant les implantations », a-t-il indiqué, selon des sources présentes lors de ces entretiens qui se sont exprimées auprès de Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

L’administration Biden mène actuellement des négociations indirectes avec l’Iran concernant le programme nucléaire mis en œuvre par la République islamique – des pourparlers qui se trouvent dans l’impasse depuis le mois de juin. La nouvelle administration a aussi annoncé son projet de réouverture du consulat américain à Jérusalem, qui servait auparavant de mission de facto aux Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Quand l’administration Trump avait transféré l’ambassade américaine à Jérusalem, le consulat s’était fondu dans l’ambassade, devenant l’unité des affaires palestiniennes – une initiative qui avait été considérée par les Palestiniens et d’autres comme un coup porté à leur statut diplomatique. L’État juif s’oppose à la réouverture du consulat.

L’administration des États-Unis a aussi fait part de son soutien à une solution à deux États et aurait fait connaître sa désapprobation face aux constructions du mouvement pro-implantations à Jérusalem à de multiples occasions.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, lors de sa rencontre avec le président américain Joe Biden au Bureau ovale, à la Maison Blanche de Washington, le 27 août 2021. (Crédit : GPO)

Bennett, ancien dirigeant du mouvement pro-implantations qui s’oppose à l’établissement d’un État palestinien, a rassuré les officiels du Conseil de Yesha, leur affirmant que les constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ne ralentiraient pas malgré les pressions exercées par les États-Unis.

« Nous savons ce que disent les Démocrates », a-t-il commenté. « Les implantations sont illégales et ainsi de suite… Ils m’ont dit de moins construire. Mais vous savez, vous, d’où je viens. J’ai des engagements à votre égard – comme c’était le cas auparavant et comme ce sera le cas à l’avenir. »

« Vous savez quelle a été pour moi la principale leçon que j’ai pu tirer de cette visite aux États-Unis ?… C’est que si je ne suis pas fidèle à ce que je suis, qui le sera pour moi ? », a ajouté le Premier ministre.

Les chefs d’implantations présents lors de cette rencontre ont expliqué, cette semaine, qu’ils avaient été surpris par la franchise du Premier ministre.

« Nous avons été surpris par son ouverture », a commenté un responsable présent, tandis que deux autres participants ont comparé cette approche à celle, plus prudente, qui était adoptée par son prédécesseur, Benjamin Netanyahu.

Bennett est actuellement aux États-Unis, où il a prononcé lundi son premier discours devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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