Iris Ferreira, première femme rabbin ordonnée en France ce dimanche
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Iris Ferreira, première femme rabbin ordonnée en France ce dimanche

Elle va aller officier à l'Union juive libérale de Strasbourg (UJLS), "une communauté qui n'a actuellement pas de rabbin libéral"

Iris Ferreira pose pendant une séance photo au cours du tout premier congrès "les femmes dans le judaïsme" à Troyes, en France, le 17 juin 2019. (Crédit :  BERTRAND GUAY / AFP)
Iris Ferreira pose pendant une séance photo au cours du tout premier congrès "les femmes dans le judaïsme" à Troyes, en France, le 17 juin 2019. (Crédit : BERTRAND GUAY / AFP)

Iris Ferreira, 29 ans, deviendra ce dimanche la première femme rabbin à être ordonnée en France, a-t-on appris auprès du mouvement du judaïsme libéral.

Elle deviendra la cinquième femme rabbin à officier dans l’Hexagone, après Pauline Bebe, Delphine Horvilleur, Floriane Chinsky et Danièla Touati, qui avaient toutes été ordonnées à l’étranger.

Etienne Kerber, un homme de 36 ans de la tendance libérale du judaïsme, sera ordonné rabbin en même temps qu’elle.

Tous deux recevront la « semikha » (la transmission d’autorité d’un rabbin à un autre) des rabbins Tom Cohen et Pauline Bebe, dans leur communauté respective, à Paris. Un tel événement n’avait pas eu lieu dans l’Hexagone depuis 53 ans.

Le mouvement libéral, largement dominant dans le monde anglo-saxon, mais minoritaire en France, est partisan d’une vision ouverte du judaïsme. Contrairement aux traditionalistes et orthodoxes qui considèrent que confier le rabbinat à une femme n’est pas conforme à la loi juive, la halakha, les Juifs libéraux estiment que les femmes ont autant de droits que les hommes dans tous les domaines.

Après quatre années de médecine, une licence d’hébreu, Iris Ferreira était allée étudier à Londres au Leo Baeck College, pour cinq ans, aucune formation rabbinique n’existant alors en France pour le mouvement libéral.

Celle qui a d’abord fréquenté des communautés du judaïsme orthodoxe dans l’ouest de la France dit avoir découvert dans le mouvement libéral « une ouverture qui permet à chacun de faire son chemin dans un contexte plus libre », affirme-t-elle à l’AFP.

Elle va aller officier à l’Union juive libérale de Strasbourg (UJLS), « une communauté qui n’a actuellement pas de rabbin libéral ».

« On est à un tournant de la vie juive. J’espère que cela permettra de mieux répondre à un besoin de la communauté », ajoute-t-elle, alors que plusieurs autres femmes actuellement en formation vont devenir rabbins dans les quatre ou cinq ans.

Attiré par le rabbinat « dès l’adolescence », Etienne Kerber, a étudié la littérature anglaise et américaine. Il a un parcours de musicien et un groupe de rock et n’entend pas abandonner la musique.

Lui aussi formé au Leo Baeck College, il officiera à la Communauté juive libérale de Paris, aux côtés de Pauline Bebe.

Par ailleurs, tous deux enseigneront à la rentrée à l’École rabbinique de Paris, qui avait ouvert ses portes en septembre 2019 et forme une dizaine de rabbins libéraux.

La cérémonie dimanche, organisée par le Leo Baeck College, concernera aussi deux autres rabbins, ordonnés en même temps à Cambridge et Amsterdam.

En juin 2019, une rencontre internationale de femmes rabbins ou enseignantes, venues des États-Unis, d’Israël, de France, avait eu lieu à Troyes, une première en France. La question d’une plus grande place, pour ces femmes, dans le judaïsme a été au cœur des discussions.

On compte en tout environ un millier de femmes rabbins dans le monde. Quelque 800 exercent aux États-Unis, une cinquantaine en Europe, le reste en Israël.

Une dizaine de rabbins libéraux (hommes et femmes) exercent aujourd’hui dans l’Hexagone.

Le Séminaire israélite de France, rattaché au Consistoire central de France, a lui ordonné un nouveau rabbin, Gabriel Tordjman, vendredi 2 juillet.

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