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Israël au sommet organisé par les USA sur les livraisons d’armes en Ukraine

Après que Gantz a accepté de fournir de casques et des gilets pare-balle à l'Ukraine, le ministère de la Défense a été invité aux côtés de 40 autres pays sur une base américaine

Le secrétaire d'État américain à la Défense,  Lloyd Austin, au fond, au centre, s'exprime pendant une rencontre avec les  États-membres du Groupe consultatif sur la sécurité de l'Ukraine sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, le 26 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Michael Probst)
Le secrétaire d'État américain à la Défense, Lloyd Austin, au fond, au centre, s'exprime pendant une rencontre avec les États-membres du Groupe consultatif sur la sécurité de l'Ukraine sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, le 26 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Michael Probst)

Israël est parmi les 40 pays qui ont participé à une réunion d’États occidentaux, mardi, consacrée à la possibilité de livrer un plus grand nombre d’armes à l’Ukraine pour lui permettre de repousser l’invasion russe.

La présence d’Israël à ce sommet accueilli par les États-Unis qui a eu lieu sur la base aérienne de Ramnstein en Allemagne reflète un changement en cours de la politique israélienne, qui avait consisté jusqu’à présent à ne fournir qu’une aide humanitaire au pays assiégé – alors que le pays tente de préserver au mieux ses liens entretenus avec Moscou.

La rencontre « se concentre sur ce qui est à mettre en place pour offrir des capacités et des moyens supplémentaires aux forces ukrainiennes », a déclaré le secrétaire d’État à la Défense, Lloyd Austin.

L’État juif a été représenté lors de ces discussions d’urgence par le général de brigade Dror Shalom, chef du bureau Politique-Militaire du ministère de la Défense, a annoncé la chaîne Kan. Sa participation, à l’invitation des États-Unis, avait été confirmée auprès du Times of Israel par un porte-parole du ministère.

Selon le site Haaretz, le ministre de la Défense Benny Gantz avait été invité mais a décliné cette invitation en raison de la proximité avec Yom HaShoah, la journée de commémoration de la Shoah israélienne, qui commence mercredi soir.

L’État d’Israël a essuyé les critiques depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il y a deux mois, en raison de son refus de fournir une aide militaire à Kiev, même si Jérusalem a fait parvenir de multiples livraisons d’aide humanitaire au pays et qu’un hôpital de campagne a été dressé pour les réfugiés par l’État juif sur le territoire ukrainien.

Mais dans un changement de politique apparent, la semaine dernière, Gantz a expliqué qu’Israël ferait parvenir des gilets pare-balle et des casques au pays en proie à l’offensive russe suite à plusieurs requêtes soumises par ce dernier, qui a besoin de ce type d’équipement.

Après avoir maintenu un équilibre prudent entre la Russie et l’Ukraine, deux pays alliés, et alors même qu’Israël a tenté de se poser comme un potentiel médiateur entre les deux belligérants, la rhétorique de Jérusalem a changé suite aux informations qui ont fait état de meurtres massifs de civils de la part des forces russes.

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, a même explicitement accusé la Russie de crimes de guerre au début du mois – les propos les plus forts tenus à l’encontre de Moscou de la part d’un haut-responsable israélien depuis le début de la guerre.

De son côté, le bureau de Gantz a annoncé la semaine dernière que « le ministre de la Défense souhaitait souligner qu’Israël se tenait aux côtés des citoyens de l’Ukraine, et que le pays se conformera à la nécessité de continuer à aider l’Ukraine et à agir de manière à mettre un terme à cette guerre ».

43 pays au total ont assisté à ce sommet. Parmi eux, tous les États-membres de l’OTAN et d’autres alliés des États-Unis en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Europe.

Les États-Unis sont actuellement le premier fournisseur d’aide militaire à l’Ukraine à l’international. Austin a déclaré que Washington « allait continuer à remuer ciel et terre de manière à pouvoir répondre » aux besoins de Kiev.

Les spécialistes militaires expliquent que les alliés occidentaux voulaient donner des équipements à l’Ukraine qui pourront l’aider à venir à bout des bombardements à longue portée de la Russie dans la région du Donbass – des frappes qui visent actuellement à repousser les troupes ukrainiennes de façon à favoriser l’arrivée des tanks et des soldats russes.

Des drones d’attaque, des missiles antiaériens et les renseignements fournis par les agences occidentales pourraient être déterminants pour ralentir l’avancée de la puissance militaire russe, affirment-ils.

Les responsables ukrainiens auraient évoqué la nécessité de se doter d’un système de défense antimissile israélien – évoquant notamment le Dôme de fer – pour protéger les villes du pays des roquettes russes.

De son côté, l’Allemagne a annoncé mardi qu’elle commencerait à livrer des chars antiaériens, ce qui représente là aussi un changement de politique. Berlin avait refusé pendant des semaines de fournir des équipements avancés et semble ainsi abandonner son approche de prudence à l’égard de Moscou.

La ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht fait une déclaration en marge d’une rencontre avec les États-membres du Groupe consultatif sur la sécurité de l’Ukraine sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, le 26 avril 2022. (Crédit : Andre Pain/AFP)

Le gouvernement a convenu de livrer des véhicules antiaériens Gepard d’occasion, a déclaré la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, lors du sommet, selon une copie de son discours que l’AFP a pu lire.

La France, de son côté, livrera des canons César, avec une portée de 40 kilomètres, et la Grande-Bretagne va fournir des missiles antiaériens Starstreak et des tanks.

Les chars Gepard ne viendront pas de l’armée allemande mais des stocks du groupe Krauss-Maffei Wegmann (KMW) qui produit notamment des armements, ont fait savoir des sources gouvernementales à l’AFP. Ils ont été retirés du service il y a dix ans et doivent être modernisés au niveau technique, a ajouté la source.

Le secrétaire d’État à la Défense Lloyd Austin, au centre, s’exprime pendant une rencontre avec les États-membres du Groupe consultatif sur la sécurité de l’Ukraine sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, le 26 avril 2022. (Crédit : Andre Pain/AFP)

Le chancelier allemand avait été fustigé pour son refus de fournir directement des armes lourdes à l’Ukraine même s’il avait annoncé que la politique de défense allemande « était à un tournant » en réponse à la guerre.

Les critiques avaient accusé Scholz de faiblesse et déclaré que les sociaux-démocrates du SPD se montraient trop réticents à l’idée de dévier de leur politique historique de défense à l’égard de Moscou. Scholz avait même été mis en cause dans son propre gouvernement de coalition, un partenariat conclu entre le SPD, les Verts et le parti libéral FDP.

Le chancelier avait justifié sa prudence en affirmant qu’il souhaitait éviter une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie, une puissance nucléaire. Mais selon un document consulté par l’AFP mardi, les trois partis de la coalition prévoiraient actuellement de présenter une proposition conjointe au parlement appelant à la livraison d’armes lourdes en Ukraine.

Ce document appelle le gouvernement à « continuer et, lorsque c’est possible, à accélérer la livraison des équipements nécessaires à l’Ukraine, en élargissant notamment la livraison d’armes lourdes et de systèmes complexes ».

À Moscou, le secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres a rencontré Poutine pour la toute première fois depuis le début des combats, le 24 février.

« Nous sommes très intéressés à l’idée de trouver des moyens qui permettront de créer les conditions nécessaires à un dialogue efficace, de créer les conditions nécessaires pour une solution pacifique », a dit Guterres au début des pourparlers avec le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov.

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