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Israël craint que les heurts à Sheikh Jarrah n’entraînent un conflit avec le Hamas

Un haut-responsable de la délégation de Bennett à Bahreïn a noté la similarité entre la situation actuelle et celle qui avait précédé les hostilités avec Gaza en mai dernier

Les services de secours regardent les émeutes agitant le quartier Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 13 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Les services de secours regardent les émeutes agitant le quartier Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 13 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

MANAMA, Bahreïn — L’escalade des tensions dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, pourrait entraîner de nouvelles violences opposant l’État juif aux groupes terroristes de Gaza, a expliqué un haut-responsable de la diplomatie israélienne, mardi.

Il y a eu d’importants affrontements dans ce quartier sensible ces derniers jours après qu’un cocktail Molotov a été lancée contre une habitation juive – amenant le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir à ouvrir un « bureau parlementaire improvisé » dans ce secteur essentiellement palestinien pour réclamer une présence policière plus forte.

Les tensions qui avaient agité Sheikh Jarrah, au mois de mai dernier, avaient été entraînées par l’expulsion de plusieurs familles palestiniennes de leur logement, avaient aidé à renforcer d’autres affrontements qui avaient lieu à Jérusalem à ce moment-là – une situation particulièrement tendue dans son ensemble qui avait donné le coup d’envoi à un conflit d’onze jours entre Israël et le groupe terroriste du Hamas, à la tête de Gaza, et à des violences meurtrières entre Juifs et Arabes dans les villes mixtes d’Israël.

Et les leaders politiques craignent que les heurts à Sheikh Jarrah ne débouchent, une fois encore, sur des combats en Cisjordanie et dans la bande de Gaza alors que le Hamas a mis en garde contre une riposte « sévère » suite aux derniers affrontements.

« Une détérioration de la situation à Sheikh Jarrah peut entraîner une escalade », a commenté l’officiel – qui fait partie du cercle proche du Premier ministre Naftali Bennett – auprès des journalistes qui ont fait le voyage à Bahreïn aux côtés du chef de gouvernement.

Le parti Yamina de Bennet soutient généralement les Juifs israéliens qui s’installent dans les quartiers palestiniens de Jérusalem, mais le responsable a indiqué que le Premier ministre considérait qu’il était de sa responsabilité d’éviter un nouveau conflit en privilégiant l’apaisement.

« Il y a la responsabilité réelle de prévenir une escalade susceptible d’entraîner des choses très difficiles… c’est très sérieux », a dit le responsable.

La police disperse des Juifs manifestant dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, le 13 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le responsable a aussi accusé Ben Gvir ainsi qu’Ahmad Tibi et Ofer Cassif, deux députés de la Liste arabe unie, de chercher à enflammer une situation déjà tendue – en écho à des propos qui avaient été tenus par Bennett avant son départ pour la monarchie du Golfe.

« On sait pertinemment ce qui les amène là-bas », a-t-il dit.

Pendant cet entretien avec les journalistes, le responsable a aussi évoqué le dégel des relations avec la Turquie, affirmant que Jérusalem reconstruit « lentement » ses relations avec Ankara.

« Les deux parties œuvrent lentement à reconstruire les liens. Notre approche est prudente, nous faisons des gestes et en effet, nous pouvons constater que la Turquie renforce actuellement ses activités contre le terrorisme du Hamas », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que les pressions exercées par la Turquie sur le Hamas – des pressions plus fortes ces derniers temps – ne résultaient nullement d’une demande qui aurait été soumise par l’État juif, qui a longtemps dénoncé les liens chaleureux unissant le président turc Recep Tayyip Erdogan et l’organisation terroriste palestinienne.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un rassemblement pro-palestinien à Istanbul, le 18 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Ozan Kose)

Le président Isaac Herzog a par ailleurs confirmé, dans la journée de mardi, qu’il se rendrait bientôt en Turquie.

Anciens alliés régionaux, Israël et la Turquie ont connu une détérioration de leurs liens pendant le mandat d’Erdogan. Le leader turc a été ainsi un critique virulent des politiques mises en œuvre par Israël à l’égard des Palestiniens.

Les relations entre les anciens alliés avaient implosé en 2010 suite à une opération navale israélienne menée contre un bateau transportant de l’aide envoyée par les Turcs qui tentait de forcer le blocus israélien de la bande de Gaza, dirigée par le Hamas. Le raid, dans lequel des commandos de l’armée israélienne avaient été attaqués par des militants qui se trouvaient à bord, s’était soldé par la mort de dix Turcs et plusieurs soldats blessés.

Les relations s’étaient ensuite lentement améliorées mais elles avaient une nouvelle fois rompu en 2018 après que la Turquie – furieuse contre la relocalisation de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem – a rappelé son envoyé en Israël. L’État juif avait immédiatement rappelé son ambassadeur à Ankara.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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