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Le président israélien Isaac Herzog prévoit un rare voyage en Turquie

Un communiqué le bureau du chef de l'Etat israélien a annoncé la visite sans préciser de date, sur fond de rapprochement entre les deux pays aux relations tendues

Le président Isaac Herzog (à gauche) et le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite). (Crédits : AP)
Le président Isaac Herzog (à gauche) et le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite). (Crédits : AP)

Le président israélien Isaac Herzog prévoit un rare voyage en Turquie, a indiqué son bureau mardi sans préciser de date, sur fond de rapprochement entre les deux pays aux relations tendues.

« Une délégation de hauts responsables de Turquie arrivera en Israël cette semaine dans le cadre des préparations pour la visite prévue du président Isaac Herzog, avec pour objectif de discuter des relations entre les deux pays », a annoncé dans un communiqué le bureau du chef de l’Etat israélien.

Selon la chaîne de télévision officielle turque TRT, cette visite pourrait avoir lieu les 9 et 10 mars prochains.

Le communiqué du bureau de Herzog indique que le principal conseiller d’Erdogan, Ibrahim Kalin, et le vice-ministre turc des Affaires étrangères, Sedat Onal, se rendront en Israël dans les prochains jours pour préparer la visite et discuter des relations entre les deux États.

Le communiqué précise que les deux responsables rencontreront un certain nombre de responsables israéliens, dont le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Alon Ushpiz, dont le bureau de Herzog a confirmé qu’il s’était rendu en Turquie pour une réunion similaire en décembre de l’année dernière.

Le directeur général du ministère des Affaires Etrangères, Alon Ushpiz, participe à une réunion de la commission de la Défense et des Affaires Etrangères, à la Knesset, à Jérusalem, le 9 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon les reportages, au cours de ce voyage, il a rencontré Kalin, qui fait office de consultant en médias pour Erdogan et est considéré comme son bras droit et son conseiller pour les affaires diplomatiques.

La chargée d’affaires israélienne à Ankara, Irit Lillian, entretiendrait des liens étroits avec Kalin, qui aurait joué un rôle clé dans la libération de Natali et Mordy Oknin, un couple de touristes israéliens arrêtés en Turquie l’année dernière sur la base d’accusations d’espionnage largement discréditées. Le couple a été libéré après l’intervention de Herzog et d’autres hauts fonctionnaires.

La visite d’Ushpiz en Turquie était la première d’un haut fonctionnaire israélien depuis près de six ans.

Erdogan avait affirmé en janvier que son homologue israélien viendrait en Turquie « début février » et espéré que cette visite ouvre « une nouvelle voie dans les relations » entre les deux pays. Israël n’avait pas confirmé ces informations.

Le président turc avait également dit être prêt à coopérer avec Israël sur un projet de gazoduc en Méditerranée orientale, marquant ainsi la volonté d’Ankara de renouer les liens avec l’Etat hébreu. Ce nouveau projet de gazoduc permettrait d’acheminer le gaz de la Méditerranée orientale vers l’Europe. La Turquie s’était précédemment vivement opposée à un projet similaire dans lequel Israël et son rival historique, la Grèce, étaient associés.

Un sous-marin de la marine israélienne près du champ gazier israélien Leviathan, en mer Méditerranée, le 1er septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Nommé EastMed, il avait été soutenu à l’époque par l’ancien président américain Donald Trump. Mais selon les médias israéliens et turcs, Washington aurait prévenu Athènes qu’il ne soutenait plus ce projet à cause des tensions que celui-ci provoquait avec Ankara.

Ankara avait déjà annoncé en novembre dernier un rapprochement « progressif » avec Israël et d’autres pays de la région.

Mi-novembre, M. Erdogan s’était entretenu avec M. Herzog et le Premier ministre israélien Naftali Bennett – le premier entretien entre un Premier ministre israélien et M. Erdogan depuis 2013 -, quelques heures après la libération et le retour en Israël de Natali et Mordy Oknin.

D’après des analystes, le rapprochement entre l’Etat hébreu et la Turquie est notamment lié au changement de gouvernement en Israël, l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui entretenait des relations difficiles avec Recep Tayyip Erdogan, ayant été remplacé en juin par Naftali Bennett.

Ce changement est vu comme une « opportunité », décrypte Gallia Lindenstrauss, analyste israélienne à l’Institut des études stratégiques de Tel-Aviv.

Israël souhaite en outre « un apaisement des tensions » pour pouvoir « se concentrer sur la menace principale », à savoir l’Iran, son ennemi numéro un, dit-elle à l’AFP.

Cette situation constitue toutefois un « tournant » de la part de M. Erdogan, grand défenseur de la cause palestinienne ces dernières années et « très critique » envers Israël, qui « s’apprête à recevoir le président israélien sans changement majeur dans la politique israélienne envers les Palestiniens », ajoute-t-elle.

Confirmant la visite, la diplomatie turque a précisé que la délégation, composée du porte-parole et conseiller du président Erdogan et du vice-ministre des Affaires étrangères, rencontrerait également Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne qui siège en Cisjordanie, et d’autres responsables palestiniens, lors de son déplacement cette semaine.

Les relations entre Ankara et Israël sont tendues depuis l’incident du Mavi Marmara en 2010, lorsque des forces israéliennes ont lancé un assaut meurtrier sur un navire turc tentant d’acheminer de l’aide à Gaza.

Les deux pays avaient rappelé leurs ambassadeurs en 2018 après la mort de manifestants palestiniens à Gaza.

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