Israël déjoue la demande palestinienne d’adhésion à Interpol
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Israël déjoue la demande palestinienne d’adhésion à Interpol

Netanyahu salue “l’image internationale” améliorée d’Israël et promet de mener des changements similaires au Conseil de sécurité de l’ONU et dans d’autres agences

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le siège d'Interpol à Lyon, en France. (Crédit : Massimiliano Mariani/CC BY-SA/Wikipedia)
Le siège d'Interpol à Lyon, en France. (Crédit : Massimiliano Mariani/CC BY-SA/Wikipedia)

Israël a réussi à empêcher les Palestiniens de rejoindre l’organisation policière internationale Interpol, a annoncé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en rendant hommage aux efforts diplomatiques du ministère des Affaires étrangères.

« Aujourd’hui est une bonne journée », a-t-il déclaré à Afula, dans le nord du pays, pendant une cérémonie d’inauguration d’une nouvelle ligne de train. « Ce matin, nous avons empêché les Palestiniens de rejoindre Interpol. Cela constitue un changement de l’image internationale d’Israël. »

La demande d’adhésion des Palestiniens ne sera pas soumise au vote cette semaine, comme ils l’auraient souhaité.

Netanyahu a remercié le ministère des Affaires étrangères et son conseil de sécurité nationale, et a affirmé que sans leurs efforts concertés il aurait été impossible de contrecarrer l’initiative de Ramallah.

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l'ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)
Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l’ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

« La lutte pour obtenir que les institutions internationales reflètent nos intérêts et ceux de beaucoup d’autres pays continuera également au Conseil de sécurité [des Nations unies] », a-t-il promis, faisant allusion aux rumeurs d’une résolution imminente du Conseil de sécurité sur le conflit israélo-palestinien.

« Israël entre sur la scène internationale, a proclamé Netanyahu. Ceci sera reflété dans toutes les agences des Nations unies et les organisations internationales. »

Les Palestiniens souhaitaient que le demande d’adhésion à Interpol soit portée au vote pendant l’assemblée générale annuelle de l’organisation, qui a lieu cette semaine à Bali, mais Jérusalem a travaillé en coulisses pour empêcher le vote.

Soixante-deux états membres ont voté contre la proposition palestinienne d’organiser un vote sur cette demande d’adhésion, selon un communiqué de presse publié par le ministère des Affaires étrangères et la police israélienne.

« Beaucoup d’autres se sont abstenus, dont des pays qui appartiennent à la majorité pro-palestinienne automatique. Ce vote est un succès et un triomphe pour la diplomatie israélienne qui traduisent le changement positif intervenu dans la position d’Israël sur la scène internationale », pouvait-on lire dans le communiqué.

L’assemblée générale d’Interpol a annoncé avoir entériné la nomination d’un conseiller chargé de mener une étude et de présenter des recommandations sur le processus d’intégration au sein d’Interpol qui devront être présentées lors de la prochaine assemblée générale en 2017 à Pékin.

En attendant les résultats de cette étude, « toutes les demandes actuelles et futures intégrations de la République du Kosovo, de la Palestine, et des île Salomon sont suspendues », précise Interpol dans son communiqué.

Pour tenter d’empêcher l’adhésion des Palestiniens, les diplomates israéliens ont fait pression sur les pays membres, et les représentants de la police israélienne ont échangé avec leurs homologues à Interpol.

Israël craint que des informations sensibles ne soient divulguées à des terroristes si les Palestiniens rejoignent l’organisation, a déclaré un responsable de Jérusalem la semaine dernière sans donner plus de détails.

Israël tente généralement d’empêcher les Palestiniens de rejoindre des organisations internationales, ce qui leur donnerait de facto une reconnaissance en tant qu’Etat.

« Les Palestiniens ont une fois de plus tenté de politiser une organisation professionnelle », affirmait mardi le communiqué commun du ministère des Affaires étrangères et de la police.

« Ceci s’inscrit dans la campagne palestinienne pour tenter de fuir les négociations directes, et de transférer le conflit israélo-palestinien aux institutions professionnelles internationales, ce qui perturbe leur travail. »

Le gouvernement palestinien avait annoncé vendredi qu’il protesterait en cas de nouveau report de sa demande.

« La Palestine avait fait acte de candidature à Interpol il y a plus d’un an, mais le comité exécutif d’Interpol a rejeté la demande pour la tenue d’un vote et a chargé un comité d’experts d’examiner la question », avait affirmé un responsable du ministère palestinien des Affaires étrangères.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan et le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevy sur la scène d'une attaque terroriste près de la colline des munitions, à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : autorisation)
Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan et le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevy sur la scène d’une attaque terroriste près de la colline des munitions, à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : autorisation)

« Interpol est une organisation professionnelle importante, chargée d’aider ses membres à combattre le crime et à assurer la sécurité publique, avait déclaré la semaine dernière Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure. Elle ne peut pas être transformée en institution politique dirigée par des considérations parasites, comme les Palestiniens tentent de le faire. »

L’organisation basée à Lyon, en France, regroupe 190 pays et permet aux polices de ces états de partager des informations.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

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