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Israël-Hamas: « Il faut pouvoir dire que c’est un véritable pogrom » – Delphine Horvilleur

La rabbin se désole de voir certains, "à commencer par des leaders politiques", être "dans l'incapacité de nommer ce mot de terroriste, ou (qui) ne dénoncent pas cette action du Hamas"

La rabbin française Delphine Horvilleur pose lors d'une séance photo en marge du 1er congrès mondial de "Femmes dans le judaïsme", le 17 juin 2019, à Troyes. (Crédit : BERTRAND GUAY / AFP)
La rabbin française Delphine Horvilleur pose lors d'une séance photo en marge du 1er congrès mondial de "Femmes dans le judaïsme", le 17 juin 2019, à Troyes. (Crédit : BERTRAND GUAY / AFP)

« Il faut pouvoir dire que c’est un véritable pogrom » : quatre jours après l’attaque du Hamas contre Israël, la rabbin et écrivaine Delphine Horvilleur pointe la « responsabilité » de certains politiques à « ne pas dénoncer fortement ce terrorisme ».

« On est très nombreux à être atterrés par ce qui s’est passé. Depuis samedi, j’ai le sentiment que le sol s’est dérobé sous mes pieds », affirme à l’AFP cette figure de la mouvance juive libérale en France. Il y a « quelque chose d’inimaginable, voire d’indicible » dans la violence des témoignages, mais « il faut pouvoir dire que c’est un véritable pogrom ».

« Aucune cause, aussi juste soit elle, ne peut justifier ces moyens : on peut avoir une sensibilité très forte à la cause palestinienne, être critique du gouvernement israélien, et pour autant être révulsé par ce qui s’est passé » martèle-t-elle.

« Ce qui est évident, c’est que la cause palestinienne mérite mieux que ces horreurs, que cette organisation terroriste qui finalement prend en otage » ce combat, ajoute Delphine Horvilleur, selon qui il faut aussi avoir « une reconnaissance de la souffrance des Palestiniens, de leur droit à l’autodétermination et à de meilleures conditions de vie ».

Et elle se désole de voir certains, « à commencer par des leaders politiques », être « parfois dans l’incapacité de nommer ce mot de terroriste, ou (qui) ne dénoncent pas cette action du Hamas ».

Une remarque qui intervient alors que La France insoumise, parti de la gauche radicale française, et son leader Jean-Luc Mélenchon sont critiqués pour leur position jugée trop ambiguë sur le conflit.

Des Palestiniens emmènent un civil israélien kidnappé, au centre, du kibboutz de Kfar Aza vers la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. (Crédit : Hatem Ali/AP)

« Bien sûr mes pensées vont aux otages israéliens à Gaza, mais je me dis qu’il y a beaucoup d’otages idéologiques dans ce conflit. Plein de gens ont perdu toute liberté d’expression et tout sens critique dès qu’on touche à ce conflit, qui les enferme dans des empathies totalement sélectives. Et ça, c’est la fin de l’intelligence, de l’humanité, de sa capacité d’empathie », déplore-t-elle.

« Tunnel »

Au lendemain de la marche en soutien à Israël à Paris, elle se félicite qu’il y ait eu « beaucoup de monde », même si « le mot d’ordre aurait pu être un peu différent ». « Je ne crois pas qu’il soit besoin de se réunir entre amis d’Israël, ou entre amis de la Palestine. Le mot d’ordre doit être pour nous de réunir les ennemis du terrorisme, de la barbarie ».

Un rassemblement au Trocadero, à Paris, en soutien à Israël, devant la tour Eiffel illuminée aux couleurs du drapeau du pays, le 9 octobre 2023. (Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP)

Quant au risque de contagion des violences, évoqué par plusieurs responsables communautaires qui ont rencontré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin lundi, elle s’inquiète que « malheureusement, à chaque moment de crise » au Proche-Orient « assez rapidement il y a une exportation ».

Delphine Horvilleur met en garde : « il y a beaucoup de gens dans notre pays qui peut-être n’attendent que ça, comme un feu vert venu du Proche-Orient pour faire déferler des haines qui vont frapper à travers l’antisémitisme ».

« C’est aberrant qu’on en soit de nouveau là, ne pas se sentir en sécurité dans les écoles, les lieux de culte, parfois même dans la rue pour les personnes juives. Et c’est là où il y a une responsabilité très forte des politiques, des associatifs : ne pas dénoncer fortement ce terrorisme au Proche-Orient, minimiser la gravité de ce qui vient de se passer en parlant à mi-mots d’une forme de bravoure, c’est accepter de le relativiser quand il sera dans nos rues ».

L’avenir lui semble sombre : « Quand j’ai appris samedi ce qui s’était passé, je me suis dit que non seulement je ne verrai pas la paix, mais que mes enfants non plus. Je déteste ce pessimisme noir, mais je suis assez convaincue qu’on va entrer dans un moment de tunnel ».

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