Israël laisse entrer 50 M$ du Qatar à Gaza contre la fin des attaques au ballon?
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Israël laisse entrer 50 M$ du Qatar à Gaza contre la fin des attaques au ballon?

Le ministre de la Défense, M. Gantz, qui était contre l'achat du "calme" au Hamas pendant la campagne électorale, est resté silencieux au sujet d'un tel accord sous sa direction

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des Palestiniens reçoivent des aides financières du Qatar dans un bureau de poste de Gaza, le 27 novembre 2019. (Crédit : Hassan Jedi/Flash90)
Des Palestiniens reçoivent des aides financières du Qatar dans un bureau de poste de Gaza, le 27 novembre 2019. (Crédit : Hassan Jedi/Flash90)

Israël aurait approuvé le transfert de 50 millions de dollars par le Qatar à Gaza dans le cadre d’un accord apparent visant à mettre fin à l’escalade des tensions avec les groupes terroristes dans la bande de Gaza, a rapporté un journal libanais lundi.

L’accord présumé est intervenu après que des groupes terroristes à Gaza ont repris leur pratique consistant à lancer des ballons transportant des engins incendiaires et des explosifs dans le sud d’Israël.

Le journal libanais de gauche al-Akhbar, citant des médiateurs du Qatar et internationaux, a rapporté que les groupes terroristes dans la Bande avaient accepté d’arrêter les attaques de ballons, qui n’ont jusqu’à présent causé ni blessés ni dégâts.

L’accord présumé a été conclu malgré les critiques acerbes du ministre de la Défense Benny Gantz au cours des trois dernières campagnes électorales nationales, au cours desquelles l’opposant au Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le gouvernement de verser de l’“argent pour la protection” du groupe terroriste Hamas au pouvoir à Gaza en permettant le transfert de millions de dollars d’aide du Qatar dans la bande de Gaza dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu.

Les dirigeants de l’alliance Kakhol lavan, (de gauche à droite), Moshe Yaalon, Benny Gantz, Yair Lapid et Gabi Ashkenazi s’adressent à la presse lors d’une visite à la frontière entre Israël et Gaza près du kibboutz Kfar Aza, le 13 mars 2019. (Menahem Kahana/AFP)

« Netanyahu paie aux assassins du Hamas 15 millions de dollars. Chaque mois. En liquide. En échange, nous avons obtenu des centaines de roquettes sur les habitants du sud, des dizaines de milliers d’hectares brûlés, des centaines de cerfs-volants et de ballons incendiaires, des dizaines de milliers d’enfants dans des abris anti-bombes. Nous ne paierons pas pour la protection du Hamas », avait déclaré M. Gantz dans une vidéo de campagne.

Le bureau de Gantz a refusé de commenter les informations d’al-Akhbar de lundi.

Les parents d’un soldat de l’armée israélienne dont les restes sont retenus en otage par le Hamas à Gaza ont dénoncé lundi le ministre de la Défense pour avoir apparemment autorisé l’accord.

« Benny Gantz est une énorme déception pour nous. Il y a un fossé inadmissible entre ses remarques et déclarations et ses actions », ont déclaré Leah et Simcha Goldin, dont le fils Hadar a été tué lors de la guerre de Gaza de 2014, que Gantz a menée en tant que chef d’état-major de Tsahal.

Leah Goldin, (à droite), et son mari Simcha Goldin et d’autres membres de la famille et soutiens se rassemblent à proximité de la cérémonie mémorielle de l’Etat pour l’Opération Bordure protectrice sur le mont Herzl le 23 juillet 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Le transfert de 50 millions de dollars au Hamas et l’abandon continuel de nos fils est une honte », ont-ils déclaré dans un communiqué, faisant également référence à Oron Shaul, un autre soldat de Tsahal dont les restes sont détenus par le Hamas, et à deux hommes israéliens vivants, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui sont entrés à Gaza et ont été faits prisonniers par le groupe terroriste.

« Sur ordre du cabinet de sécurité et avec l’aide de Tsahal, 50 millions de dollars en espèces dans des valises seront donnés au Hamas à Gaza aujourd’hui, une somme qui a triplé », ont-ils écrit.

Dimanche, un bouquet de ballons transportant un engin explosif présumé qui aurait été lancé depuis la bande de Gaza a atterri aux abords de la localité de Tidhar, dans le sud d’Israël, ont déclaré des responsables locaux.

Il s’agissait de la première attaque transfrontalière de ce type depuis plusieurs mois, bien qu’un petit nombre de ballons apparemment sans explosifs ont été envoyés au-dessus de la frontière pendant cette période.

L’incident s’est produit dans un contexte où des groupes associés à des organisations terroristes dans la bande de Gaza menacent de plus en plus de reprendre la pratique de ces explosifs aéroportés et de ces engins incendiaires en Israël, qui a cessé en février quand Israël et le groupe terroriste Hamas, qui dirige la bande de Gaza, ont commencé à négocier un cessez-le-feu à long terme et un échange de prisonniers.

Dans une interview à la télévision palestinienne samedi, Ahmed al-Modallal, membre principal du Jihad islamique palestinien, a indiqué que les groupes terroristes donnaient leur feu vert à cette pratique, déclarant que les ballons étaient lancés par « des jeunes qui laissent sortir leurs émotions et répondent à leur vie angoissée à Gaza qui n’a pas de perspectives ».

La frontière de Gaza, généralement agitée, a été calme ces derniers mois, après une grande flambée en février au cours de laquelle le Jihad islamique a tiré des dizaines de roquettes sur le sud d’Israël après que l’armée israélienne a tué un de ses membres alors qu’il posait une bombe le long de la frontière. Tsahal a répondu à ces attaques de roquettes par une série de frappes aériennes punitives sur les bases du groupe dans la bande de Gaza.

Depuis trois mois et demi, Israël négocie un accord de cessez-le-feu à long terme avec le Hamas, qui a freiné le Jihad islamique et d’autres groupes terroristes dans la bande de Gaza tout au long du processus ainsi que les manifestations souvent violentes le long de la frontière de Gaza.

Ces derniers jours, cependant, les groupes terroristes de Gaza ont indiqué qu’ils allaient relancer la violence de faible intensité le long de la frontière, y compris les protestations.

Au cours des 12 dernières années, Israël a mené trois grandes opérations contre des groupes terroristes dans la bande de Gaza, ainsi que de nombreux échanges plus courts, de plusieurs jours.

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