Israël recule à la 35e place dans l’indice de corruption
Selon Transparency International, le score mondial moyen en matière de corruption perçue est le plus mauvais de la décennie, les États-Unis enregistrant leur score le plus bas depuis le retour de Donald Trump

Mardi, l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International (TI) alerte sur l’aggravation de la corruption dans les démocraties du monde entier. Les États-Unis obtiennent leur pire score jusqu’ici calculé et se classent 29ᵉ. Seuls cinq pays ont obtenu un score supérieur à 80 dans le rapport 2025, contre 12 il y a dix ans.
Jeudi, Israël a reculé de cinq places dans le classement annuel mondial de la perception de la corruption, se classant 35ᵉ, alors que TI mettait en garde contre une aggravation de la corruption dans les démocraties en général.
Israël a obtenu un score de 62. L’an dernier, il occupait la 30ᵉ place avec un score de 64. Son score le plus bas a été enregistré en 2021, avec 59 points.
L’ONG mesure la perception de la corruption dans le secteur public à travers le monde à partir de treize sources de données, dont la Banque mondiale, le Forum économique mondial et des sociétés privées de conseil et d’évaluation des risques.
Dans son rapport annuel présentant l’Indice de perception de la corruption 2025, cette ONG basée à Berlin indique que la moyenne mondiale est à son niveau le plus faible depuis plus de dix ans.
Le Danemark arrive en tête du classement avec 89 points sur 100, suivi de la Finlande et de Singapour. En bas du classement, on trouve le Soudan du Sud et la Somalie avec 9 points chacun, juste derrière le Venezuela qui en obtient 10. Le trio de tête reste inchangé, tout comme les trois derniers, même si le Soudan du Sud a gagné un point et rejoint la Somalie.
Aux États-Unis, TI s’inquiète « d’actions qui ciblent les voix indépendantes et mettent en péril l’indépendance judiciaire ».
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le président Donald Trump a accentué la pression sur un large éventail d’institutions, allant des universités à la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine.
Le président de la Fed, Jerome Powell, fait actuellement l’objet d’une enquête du ministère de la Justice pour avoir résisté aux pressions du président en faveur d’une baisse des taux d’intérêt.
« Le gel temporaire et le relâchement de l’application de la loi américaine sur les pratiques de corruption à l’étranger traduisent une tolérance à l’égard des pratiques commerciales corrompues », a dénoncé l’ONG.
Elle estime également que la réduction drastique de l’aide étrangère par l’administration Trump a « affaibli les efforts de lutte contre la corruption à l’échelle mondiale ».
Orban accusé
L’indice de l’ONG attribue une note comprise entre 0 (très corrompu) et 100 (très intègre), sur la base de données issues d’évaluations d’experts et de dirigeants d’entreprise.
Les États-Unis reculent de 65 points à 64, le rapport soulignant que leur « climat politique s’est détérioré depuis plus d’une décennie ». Leur score s’élevait encore à 76 points en 2015.
La note moyenne mondiale s’établit à 42, son niveau le plus bas depuis plus de dix ans.
« La grande majorité des pays ne parviennent pas à maîtriser la corruption », indique le rapport, précisant que 122 pays sur 180 affichent des scores inférieurs à 50.
Parmi les démocraties, un recul est également observé au Royaume-Uni et en France.
Les deux pays restent bien classés, mais « les risques de corruption ont augmenté », en raison de l’affaiblissement des contrôles indépendants et du manque de législations et de sanctions efficaces, selon TI.
Au sein de l’Union européenne, les pays les moins bien notés sont la Bulgarie et la Hongrie, avec un score de 40.
Le rapport affirme que le gouvernement du Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010 et qui se prépare à affronter une rude bataille pour sa réélection en avril, a « affaibli systématiquement l’État de droit, l’espace civique et l’intégrité électorale pendant plus de 10 ans ».
« Cela lui a permis de détourner en toute impunité des milliards d’euros, y compris provenant de fonds de l’Union européenne, et de les distribuer à ses acolytes grâce à des marchés publics malhonnêtes », ajoute le rapport.
Transparency International reproche à l’UE d’être « restée les bras croisés » face au démantèlement des protections démocratiques dans certains États membres, au lieu d’utiliser « les instruments forts dont elle dispose en matière d’État de droit ».
L’Ukraine progresse
Dans son rapport 2025, l’ONG mentionne la condamnation de Nicolas Sarkozy comme « un rare exemple européen de l’application du principe de redevabilité à haut niveau pour des manquements à l’intégrité politique ».
L’ancien président français a été condamné fin septembre à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, puis emprisonné en octobre, avant d’être remis en liberté le 10 novembre.
Son incarcération de trois semaines, qui a soulevé des interrogations, constituait une première dans l’histoire de la Vᵉ République.
Pour la huitième année consécutive, le Danemark est le pays le mieux classé, avec un score de 89.
L’Ukraine figure parmi les pays ayant connu les évolutions les plus positives, malgré une note encore faible de 36.
Dans ce pays en proie à l’invasion russe depuis quatre ans, l’exécutif du président Volodymyr Zelensky a été confronté à une forte contestation publique après des accusations de corruption visant des proches.
Pour TI, « le fait que ces scandales et bien d’autres soient révélés au grand jour […] montre que la nouvelle architecture anticorruption de l’Ukraine porte ses fruits ».
Le rapport salue également la « mobilisation de la société civile » qui a contraint Zelensky à renoncer à un projet de loi limitant l’indépendance des organismes anticorruption.







