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Israël renvoie un ambassadeur en Pologne, mettant fin à la crise entre les deux pays

Lapid dit avoir renvoyé Yaakov Livne à Varsovie six mois après une rupture des liens entre les deux pays pour renforcer l'aide aux citoyens israéliens qui franchissent la frontière

Yacov Livne. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères)
Yacov Livne. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères)

Le ministre des Affaires étrangères israélien a ordonné samedi à Yaakov Livne, ambassadeur désigné à Varsovie, de retourner en Pologne où affluent les réfugiés en provenance d’Ukraine après l’invasion russe.

Cette décision survient six mois après une crise diplomatique entre les deux nations, qui avaient respectivement rappelé leurs envoyés après une législation polonaise limitant la restitution des biens volés pendant la Shoah qui avait été qualifiée par l’État juif « d’immorale » et « d’antisémite ».

Le nouvel ambassadeur d’Israël en Pologne, qui devait partir pour Varsovie, était resté alors en Israël.

Lapid a indiqué sur Twitter que cet ambassadeur, Yaakov Livne, se rendrait dimanche à Varsovie et devrait présenter ses lettres de créance « dans un avenir proche ».

Cette décision a été prise de façon à « renforcer l’aide aux citoyens israéliens traversant la frontière ukrainienne vers la Pologne », a-t-il expliqué, au vu de l’importances des événements et du rôle central joué par la Pologne.

« Depuis le début de la crise en Ukraine, l’ambassade israélienne de Varsovie, dirigée par la chargée d’affaires Tal [Ben-Ari] Yaalon, mène un travail de coopération fructueux avec les autorités polonaises pour aider les Israéliens à quitter l’Ukraine et nous voulons faire part de notre reconnaissance aux autorités polonaises pour cette assistance », a fait savoir un communiqué émis par le ministère des Affaires étrangères.

Ni le ministère, ni Lapid n’ont fait référence, samedi, aux raisons initiales de la crise diplomatique entre Israël et la Pologne. Au mois de novembre, Israël avait renvoyé Yaalon à Varsovie – quatre mois après le gel des relations entre les nations.

Un garde-frontière polonais aide des réfugiés d’Ukraine à leur arrivée en Pologne au poste-frontière de Korczowa, en Pologne, le 26 février 2022. (Crédit : AP/Czarek Sokolowski)

L’invasion russe en Ukraine a entraîné une hausse nette des activités diplomatiques israéliennes en Pologne. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé samedi que les personnels de son ambassade en Ukraine – qui avait été relocalisée de Kiev à Lviv – passeraient dorénavant les nuits en Pologne.

La Pologne n’a pas fait de commentaire sur cette décision israélienne.

La Pologne avait rejeté l’accusation d’antisémitisme qui avait été lancée à l’encontre de son projet de loi, disant qu’elle visait surtout à empêcher les fraudes et le pays n’a pas encore désigné de nouvel envoyé au sein de l’État juif depuis cette crise diplomatique.

La législation polonaise qui a provoqué la crise impose un délai de prescription de 30 ans pour réclamer des biens spoliés, généralement confisqués par le régime communiste après la guerre. Or, la plupart de ces biens concernent la communauté juive polonaise ou ses descendants.

La Pologne est le seul pays de l’Union européenne à n’avoir pas adopté de loi approfondie sur la restitution des biens confisqués par les nazis ou nationalisés par le régime communiste, ou sur l’indemnisation des victimes de ces confiscations.

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