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Israël soumet à l’ONU un rapport sur le recours systématique au viol par le Hamas

Le document, élaboré par l'organisation faîtière d’aide aux victimes de viols, décrit l'utilisation stratégique par le groupe terroriste palestinien de la violence sexuelle

Des manifestants aux abords du siège des Nations unies, à New York, dénoncent le silence perçu de la communauté internationale face aux violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des Israéliennes lors des massacres du 7 octobre, le 4 décembre 2023. (Crédit : Carli Fogel)
Des manifestants aux abords du siège des Nations unies, à New York, dénoncent le silence perçu de la communauté internationale face aux violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des Israéliennes lors des massacres du 7 octobre, le 4 décembre 2023. (Crédit : Carli Fogel)

L’Association des centres d’aide aux victimes de viols en Israël a présenté mercredi aux Nations unies un rapport détaillé sur la nature sadique et systématique des violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas lors de l’assaut meurtrier du 7 octobre sur le sud d’Israël, ainsi que les preuves que ce type de crimes continuait d’être perpétré sur les otages encore retenus à Gaza.

L’association a indiqué que le rapport de 35 pages, rédigé par Carmit Klar Chalamish, responsable du département de recherche de l’organisation, et Noa Berger, directrice du contenu, était « la première étude officielle menée depuis le 7 octobre, regroupant des preuves et fournissant des conclusions » à partir de « nombreux éléments d’information confidentiels et publics ».

Elle a identifié quatre principaux théâtres de guerre où le Hamas a utilisé le viol comme arme de guerre : le festival de musique Supernova près de Reim, les communautés frontalières de Gaza, les bases militaires infiltrées par le Hamas et la bande de Gaza où les otages sont retenus en captivité.

Selon un communiqué de l’association, qui a été fondée en 1990 pour regrouper les neuf centres d’aide aux victimes de viols en Israël, « le rapport établit clairement qu’il ne s’agit pas de ‘dysfonctionnements’ ou d’incidents isolés, mais d’une stratégie opérationnelle claire impliquant des abus sexuels systématiques et ciblés », contrairement à ce qui a été affirmé par certains activistes pro-palestiniens qui ont nié l’ampleur de l’utilisation du viol par le Hamas comme arme de guerre.

Le rapport rassemble de nombreux témoignages, notamment ceux des premiers intervenants dans les communautés frontalières de Gaza durement touchées, mais aussi ceux de survivants du massacre du festival Supernova, presque tous identifiés par leur nom complet.

Cependant, « en raison de la nature des événements, qui ont pour la plupart entraîné la mort des victimes, le rapport ne fournit pas d’informations quantitatives, de sorte que l’ampleur des atrocités reste inconnue, et pourrait même être impossible à déterminer », poursuit le communiqué.

La collecte de preuves a été rendue encore plus difficile en raison du grand nombre de victimes des atrocités du 7 octobre. Les autorités israéliennes ont ainsi été contraintes de renoncer aux protocoles d’enquête fastidieux sur les scènes de crime et servant à la documentation des cas de viol immédiatement après les agressions brutales. Dans certains cas, cela a empêché les médecins légistes de déterminer s’il y avait eu agression sexuelle.

Des soldats israéliens au centre médico-légal de la base militaire de Shura, près de Ramle, le 24 octobre 2023, où des centaines de cadavres sont arrivés après l’assaut du Hamas du 7 octobre. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le rapport décrit malgré tout plusieurs tactiques sadiques récurrentes, notamment les mutilations génitales et la pénétration des corps des victimes avec des armes.

Ainsi, le témoignage de Nachman Dickstein, volontaire au sein du service de recouvrement des corps de ZAKA, a été cité dans le rapport, où il décrit le cas de deux femmes attachées à un lit par les bras et les jambes, l’une d’elles victime d’une agression sexuelle durant laquelle un couteau lui a été enfoncé dans le vagin.

Le rapport fait également état de nombreux cas de viols collectifs commis par des terroristes du Hamas, ce qui, selon les auteurs, représente environ 90 % des viols commis en temps de guerre. Selon le rapport, « la pratique du viol collectif renforce le sentiment d’appartenance et de solidarité des agresseurs ».

Une survivante du festival, identifiée dans le rapport sous le nom de Sapir, a affirmé dans un témoignage à la police qu’elle avait été témoin de cinq viols distincts. Depuis sa cachette près de la route 232, non loin du festival, Sapir a affirmé avoir vu un grand groupe de terroristes du Hamas s’échanger des armes à feu et des femmes blessées. Dans un autre cas, Sapir a raconté qu’elle avait vu un terroriste violer une femme, pendant qu’un autre terroriste la coupait et mutilait son corps.

Des personnes visitant le site du massacre du festival Supernova, à proximité du kibboutz Reïm, à la frontière entre Israël et Gaza, le 14 janvier 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Chaim Otmazgin, commandant des unités spéciales de ZAKA et officier de l’unité de recherche et de sauvetage du commandement du Front intérieur de Tsahal, a confié aux auteurs du rapport qu’il avait trouvé deux victimes dans une maison, une mère et sa fille, le pantalon et les sous-vêtements de cette dernière lui ayant été enlevés.

Selon les auteurs du rapport, de nombreux viols ont été perpétrés devant les amis et la famille des victimes, afin de renforcer le sentiment de peur et d’humiliation. Itzik Itah, un bénévole de ZAKA, a été cité dans le rapport indiquant avoir vu un couple hétérosexuel trouvé dans une maison, ligoté ensemble, le corps de la femme présentant « des signes évidents de viol ».

Les hommes n’ont pas été épargnés par les agressions sexuelles et plusieurs d’entre eux ont été retrouvés avec des organes génitaux mutilés.

Le rapport contient également une section sur les violences sexuelles dans les bases militaires qui ont été infiltrées par le Hamas le 7 octobre. La plupart des témoignages de cette section étaient déjà connus du public, comme celui de Shari Mendes, employée bénévole des pompes funèbres à la base de Tsahal de Shura, qui a raconté qu’elle avait vu quatre corps de soldates présentant des signes de violences sexuelles, dont des hémorragies importantes dans la région pelvienne.

La section se termine par la remarque que « l’Association des centres d’aide aux victimes de viol a reçu des informations supplémentaires sur des agressions sexuelles perpétrées sur des soldates, qui n’ont pas été rendues publiques ».

Aviva Siegel (à gauche) lors d’une conférence de presse avec cinq autres femmes libérées de la captivité du Hamas, le 7 février 2024. (Crédit : Capture d’écran)

La section suivante rassemble les témoignages d’otages libérées qui ont décrit les violences sexuelles commises à l’encontre d’autres otages encore en captivité. Chen et Agam Goldstein-Almog, une mère et sa fille libérées 51 jours après leur enlèvement, ont indiqué qu’elles avaient rencontré au moins trois femmes otages qui avaient été agressées sexuellement. Aviva Siegel, qui a également été libérée au bout de 51 jours, a également raconté avoir rencontré des otages qui avaient subi des agressions sexuelles, affirmant que le Hamas avait fait des femmes et des hommes retenus en captivité à Gaza des « marionnettes ».

« Le silence n’est plus une option. Nous attendons des organisations internationales qu’elles adoptent une position claire ; nous ne pouvons pas rester en marge », a affirmé la directrice générale de l’association, Orit Sulitzeanu, dans un communiqué annonçant la présentation du rapport aux responsables de l’ONU. « Le silence sera porté par ceux qui ont choisi de rester silencieux et de nier les crimes sexuels commis par le Hamas, comme une souillure historique. »

Cette remarque est une attaque à peine voilée contre des groupes féministes à l’international qui ont ignoré les preuves de l’instrumentalisation de la violence sexuelle par le Hamas.

Il aura fallu huit semaines à ONU Femmes, un groupe de défense des droits des femmes placé sous la tutelle de l’ONU, pour publier, puis supprimer peu après, une condamnation de l’attaque du 7 octobre.

Des manifestantes rassemblées devant le siège de l’ONU, à New York, le 4 décembre 2023, pour protester contre le silence de la communauté internationale à propos des violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des femmes israéliennes lors du massacre du 7 octobre. (Crédit : Carli Fogel)

Une semaine plus tard, l’agence a enregistré l’existence de « rapports inquiétants de violences sexuelles et à caractère sexiste commises le 7 octobre ».

La réponse tardive a suscité l’indignation des groupes féministes juifs et israéliens, qui se sont ralliés au hashtag « #MeToo_UNless_UR_A_Jew » et ont accusé le silence de l’organe de l’ONU d’être motivé par l’antisémitisme.

La campagne a pris de l’ampleur en décembre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président des États-Unis Joe Biden ayant tous deux fustigé publiquement les groupes internationaux de défense des femmes pour avoir ignoré les preuves de plus en plus nombreuses que le Hamas avait utilisé le viol comme arme de guerre. Plus tard dans le mois, le New York Times a publié un article accablant sur l’ampleur des violences sexuelles commises lors des attaques du 7 octobre.

Des manifestants aux abords du siège des Nations unies, à New York, dénoncent le silence de la communauté internationale face aux violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des Israéliennes lors du massacre du 7 octobre, le 4 décembre 2023. (Crédit : Carli Fogel)

Certaines voix pro-palestiniennes ont tenté de minimiser l’ampleur des violences sexuelles commises par le Hamas. Lors d’une interview accordée en décembre à CNN, la représentante Pramila Jayapal, présidente du groupe progressiste du Congrès américain, a éludé à plusieurs reprises les questions de la journaliste Dana Bash sur l’instrumentalisation du viol par le groupe terroriste palestinien, déclarant : « Je pense que cela arrive dans les situations de guerre » mais que « nous devons rester équilibrés lorsque nous évoquons les outrages commis contre les Palestiniens ».

D’autres commentateurs ont affirmé qu’Israël avait fabriqué des allégations de violences sexuelles massives pour justifier sa guerre dans la bande de Gaza.

L’auteur antisioniste juif américain Max Blumenthal a ainsi réfuté l’article du New York Times sur les violences sexuelles du Hamas dans un épisode du podcast populaire « Bad Faith », animé par la commentatrice Briahna Joy Gray. Blumenthal a affirmé dans le programme que la « campagne de propagande de viols massifs n’a été lancée [qu’en décembre]… clairement parce qu’elle avait une utilité politique ».

Des manifestantes rassemblées lors d’un mouvement de protestation « #MeToo_UNless_UR_A_Jew » aux abords du siège des Nations unies, à New York, le 4 décembre 2023. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)

Gray, qui a été attachée de presse nationale pour la campagne présidentielle de 2020 du sénateur progressiste américain Bernie Sanders, a également utilisé sa présence prolifique sur X pour nier les atrocités du 7 octobre et minimiser les récits des survivants qui ont été témoins de violences sexistes.

Se disant progressiste, Gray a affirmé que la réticence de certaines victimes de viol à se manifester indiquait qu’elles n’avaient pas été attaquées, tout en omettant le fait que la majorité des victimes avaient été tuées le jour de l’attaque, comme l’indique le rapport de l’association.

La guerre a éclaté le 7 octobre, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël où ils ont tué près de 1 200 personnes, principalement des civils, et pris 253 otages de tous âges.

Déterminé à mettre fin au règne du groupe terroriste palestinien à Gaza, Israël a lancé une campagne terrestre et aérienne sans précédent dans la bande de Gaza, qui a entraîné la destruction d’environ la moitié des habitations de l’enclave côtière et le déplacement de plus d’un million de personnes, dont beaucoup sont gravement menacées par la famine.

Selon le ministère de la Santé de la bande de Gaza, contrôlé par le Hamas, plus de 29 000 Palestiniens ont été tués dans les hostilités. Ce chiffre, qui ne peut être vérifié de manière indépendante, ne fait pas de distinction entre les civils et les terroristes. Le Hamas a annoncé avoir perdu quelque 6 000 membres combattants, alors que Tsahal affirme en avoir tué le double.

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