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« Je veux que mon enfant aille bien » : Des réfugiés ukrainiens arrivent en Israël

Les familles fuient l'Ukraine face à l’invasion russe, passant par la Moldavie et la Roumanie avant d'arriver en Israël

La famille Gershman à l'aéroport Iasi, en Roumanie, le 3 mars 2022 (Times of Israel)
La famille Gershman à l'aéroport Iasi, en Roumanie, le 3 mars 2022 (Times of Israel)

ISAI, Roumanie – La plupart de ces voyageurs forcés sont arrivés jeudi à l’aéroport d’Isai, en Roumanie, après des jours passés sur les routes avec pour tout bagage une ou deux valises – une vie entière de souvenirs – préparées à la hâte.

Originaires de villes et villages à travers l’Ukraine, ils ont fui devant l’envahisseur russe.

À leur arrivée à la frontière avec la Moldavie, ils ont été accueillis par des représentants de l’organisation israélienne United Hatzalah, qui les a conduits, en bus, en Roumanie avant de prendre un vol à destination d’Israël, spécialement affrété par l’organisation humanitaire.

Quelque 170 réfugiés, tous citoyens israéliens ou proches parents, se sont ainsi envolés pour l’aéroport Ben Gurion, où ils ont été accueillis par une foule d’anonymes, rassemblés pour leur souhaiter la bienvenue dans leur nouvelle vie.

Certains d’entre eux confient qu’ils finiront par retourner en Ukraine, d’autres non.

Eliezer Stefansky, né en Biélorussie, s’était installé à Kiev il y a huit ans avec son épouse Ina, née en Russie, pour y travailler comme enseignant.

Le couple a quitté Kiev pour rallier Chișinău, en Moldavie, avant de traverser la frontière vers la Roumanie.

Eliezer Stefansky à l’aéroport d’Iasi, en Roumanie, le 3 mars 2022. (Crédit : Times of Israel)

« [Kiev] est devenue une zone militaire, avec des soldats dans la rue. On avait l’impression d’être en guerre et c’était terrifiant », indique Stefansky.

« Vous vous trouvez au milieu d’une guerre, avec le bruit des bombes et des roquettes, toujours plus proche. »

Le couple déclare avoir passé ses tout derniers jours à Kiev – quatre ou cinq jours –, terré dans le sous-sol de la synagogue, en compagnie de membres de la communauté.

« Nous avons essayé de rendre tout cela un peu plus supportable », a précisé Stefansky.

« Nous n’avons pas eu de problèmes au sein de la communauté. Nous n’avons pas été associés aux Russes ou aux Biélorusses – nous appartenons à la nation juive et avons été traités comme tels », relève-t-il.

« Mais à la frontière, c’était dur. Lorsqu’ils ont découvert que mon épouse était Russe, les gardes-frontières ukrainiens lui ont posé des questions atroces », confie Stefansky.

Des réfugiés ukrainiens embarquent à bord d’un avion à destination d’Israël, à l’aéroport d’Iasi en Roumanie, le 3 mars 2022. (Crédit : Times of Israel)

« Mais nous les comprenons. Ils souffrent tellement de la situation. Il y a tellement de victimes. Des gens meurent – des civils, pas seulement des soldats – et c’est terriblement cruel. Nous comprenons. »

Vladislav Horvyi a, lui, rallié la Roumanie depuis Kiev avec sa femme, son enfant et sa belle-famille.

« Nous nous cachions dans la synagogue avec 40 ou 50 personnes. Nous avons une grande synagogue. J’espère qu’elle est toujours là », confie-t-il .

« Les derniers jours ont été horribles. Il y a eu énormément de missiles et nous entendions des tirs dans la rue. C’est à ce moment-là que nous avons décidé de partir », révèle-t-il.

Il précise : « Nous resterons en Israël : nous ne retournerons pas en Ukraine. Nous avions déjà le projet de nous installer en Israël. »

Vladislav Horvyi à l’aéroport d’Iasi, en Roumanie, le 3 mars 2022. (Crédit : Times of Israel)

Les Horvyi sont l’une des nombreuses familles à avoir fait le voyage avec leur chien ou leur chat.

United Hatzalah a déclaré que les animaux de compagnie étaient autorisés, à condition d’avoir les papiers nécessaires.

« Pour certaines personnes, les animaux de compagnie sont comme des membres de la famille, et on n’abandonne pas les membres de sa famille », suggère un représentant de l’organisation humanitaire.

Chaim Gershman, sa femme et leurs quatre enfants viennent, eux, du village Habad d’Anatevka, près de Kiev, du nom du hameau dans
« Le hussard sur le toit ».

Dans la célèbre comédie musicale, les familles du shtetl fictif finissent par devoir quitter leur maison, et devenir, elles aussi, des réfugiées.

La famille Gershman à l’aéroport d’Iasi, en Roumanie, le 3 mars 2022. (Crédit : Times of Israel)

« Nous sommes partis dimanche, avec ma femme et nos quatre enfants. Nous avons pris deux valises et des sacs. À notre arrivée en Moldavie, on nous a offert deux valises », a déclaré Gershman.

« Nous n’avons pas vraiment eu le temps de choisir ce que nous avons emporté. Nous avons pris ce qui se trouvait à portée de main et nous sommes partis », a-t-il expliqué.

Vika a, pour sa part, voyagé depuis Odessa avec son fils Andrey, âgé de 14 ans. Le mari de Vika est mort il y a cinq ans, alors ils sont tous les deux, avec leur valise et leurs deux sacs.

Elle ajoute que des amis les ont aidés à quitter Odessa et atteindre la frontière avec la Moldavie, où ils ont été pris en charge par l’équipe de United Hatzalah et conduits en Roumanie pour y prendre l’avion.

Des réfugiés ukrainiens sont accueillis à l’aéroport Ben Gurion, le 3 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Elle confie qu’en un sens, se décider à partir n’a pas été difficile – il était clair qu’ils devaient le faire pour le bien d’Andrey.

Elle espère pouvoir l’inscrire rapidement à l’école et au club de football, sport que le garçon adore. Il jouait au sein d’une équipe locale à Odessa.

« Le plus important, c’est qu’il aille bien. Nous avons quitté notre maison, nous avons tout laissé juste pour qu’il aille bien. Je veux juste qu’il aille bien », répète-t-elle.

« Une amie viendra nous chercher à l’aéroport à notre arrivée en Israël. Elle va nous héberger, mais elle a déménagé récemment », a indiqué Vika. « Je ne sais même pas où nous allons exactement. »

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