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Jérusalem : Une « thérapeute à domicile » range votre maison pour ordonner votre vie

Selon la psychothérapeute, Naomi Zelwer, le minimalisme et le fait de ne garder que les choses importantes est bénéfique pour soi et son domicile

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans l'immobilier pour le Times of Israel.

Naomi Zelwer, en novembre 2022. (Crédit : Dani Sarusi)
Naomi Zelwer, en novembre 2022. (Crédit : Dani Sarusi)

La taille moyenne d’une maison en Israël est de l’ordre de 100 mètres carrés, soit la moitié environ de la taille moyenne d’une maison américaine et moins que la moyenne de la plupart des pays européens. Avec 1,2 chambre par personne, les maisons israéliennes sont également parmi les plus peuplées du monde développé, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Il n’est donc pas surprenant que Marie Kondo, la prêtresse du rangement de Netflix, ait eu un tel succès en Israël, comme ailleurs dans le monde, où certains se sentent proches du chaos décrit par l’émission de télévision « Hoarders ».

Naomi Zelwer n’est pas Marie Kondo et n’a pas vocation à aider les gens à réduire leur vie à l’essentiel.

Zelwer est à Kondo, ce que le yin est au yang. Depuis Jérusalem, elle s’attaque au problème de l’envahissement des objets via une approche qu’elle qualifie de « thérapie minimaliste ».

Là où le rangement implique de jeter des objets qui ne nous plaisent plus, en mettant l’accent sur le fait de s’en débarrasser, le minimalisme consiste à créer un espace qui n’offre à la vue que les choses qui reflètent la personnalité du client, en mettant de côté tout le reste.

« Les gens qui font du rangement se focalisent sur ce que qu’ils n’utilisent plus », explique Zelwer. « En ce qui me concerne, je me concentre sur les choses que vous aimez et dont vous avez besoin. J’invite mes clients à choisir ce qu’ils aiment, à leur faire prendre conscience qu’ils ont ce dont ils ont besoin et qu’ils peuvent se séparer de ce dont ils n’ont pas besoin. »

Zelwer a commencé sa carrière en tant que psychothérapeute, avant de se tourner vers la thérapie à domicile, après avoir remarqué que les personnes qui avaient du mal à fixer des limites dans leurs relations avaient également du mal à gérer les objets qui les entourent et à façonner leur domicile pour qu’il reflète leur personnalité.

Elle s’est aperçue que ces personnes avaient besoin d’une aide ciblée pour résoudre les problèmes liés à leur lieu de vie. Et depuis plusieurs années maintenant, elle offre des thérapies minimalistes individuelles – ou en petit comité – en personne ou via Zoom.

Avec ses clients, Zelwer étudie comment les objets sont stockés et organisés, et où l’espace peut être créé en rangeant certaines choses, de manière à ce qu’elles ne soient pas visibles, dans ou en dehors de la maison.

« J’incite mes clients à exprimer ce qu’ils souhaitent que leur maison reflète. Ensuite, en travaillant avec eux, je fais en sorte de le traduire dans la façon dont des objets peuvent être déplacés. Je veux qu’ils comprennent leur relation aux choses, comme par exemple le mode d’acquisition, par des achats impulsifs ou les ‘ajouts’ faits par les enfants. »

Le piano encombré de Yaël, l’une des clientes de Naomi Zelwer, avant son arrivée, en novembre 2022. (Autorisation)

Yaël, une cliente qui souhaite se présenter sous son seul prénom, désigne le piano qui, autrefois, disparaissait sous un désordre sans nom, exemple typique d’une famille bouillonnante, constamment en mouvement. Cet « endroit à elle » était devenu un méli-mélo de cadres, bougies, bibelots et bien plus encore. « Il y avait tellement de choses, que l’on n’y voyait absolument plus rien », se souvient Yaël.

« Grâce à Naomi, j’ai tout enlevé, puis remis ce que je voulais vraiment voir à cet endroit et mis tout le reste hors de ma vue », explique-t-elle. « Choisir ce qu’il fallait y mettre revenait, en réalité, à prendre soin de moi. »

Le dessus du piano de Yaël, après la thérapie minimaliste de Naomi Zelwer, en novembre 2022. (Autorisation)

Désormais, elle dit essayer de faire de même dans les autres pièces, de manière à refléter ce qu’elle souhaite.

« C’est pour moi le moyen de mieux profiter de ma maison », précise Yaël.

Ce processus, estime Zelwer, « est une sorte de renouvellement de votre envie de garder ces objets ».

« C’est comme si vous réinvitiez ces objets dans votre vie et que vous vous engagiez de nouveau à en prendre soin. De petits changements dans la façon dont nous utilisons l’espace peuvent entraîner de grands changements dans les modes de vie. Mettez la table basse ailleurs que dans le salon et votre famille arrêtera de grignoter parce qu’il n’y aura pas d’endroit où le faire facilement. »

Le minimalisme en pratique : Naomi Zelwer réorganise les espaces domestiques, en novembre 2022. (Crédit : Naomi Zelwer)

Zelwer travaille avec des clients de tout âge : des adolescents dont les parents veulent mettre de l’ordre ou des clients qui revoient l’agencement d’une maison après le décès d’un conjoint.

Une partie de sa méthode consiste à collaborer avec ses clients pour créer des systèmes permettant un entretien facile de la maison. Elle commence par se concentrer sur une seule catégorie de choses ; les clients se rendent souvent compte du déséquilibre entre la quantité de certaines choses qu’ils possèdent et du peu dont ils en ont effectivement besoin.

Elle décourage les personnes avec lesquelles elle travaille de se précipiter pour acheter d’autres boîtes de rangement, et les encourage plutôt à réutiliser ce qu’ils ont déjà pour organiser l’espace plus efficacement, tout en jetant le reste.

« Il est très important que tout ce qui part quitte réellement la maison. Je ne laisse pas mes clients garder des piles de ‘peut-être’. Et je trouve que c’est plus facile pour eux s’ils savent que leurs affaires vont aller à quelqu’un qui en aura besoin, plutôt qu’à la poubelle », explique-t-elle.

Les livres posent des problèmes particuliers. Les gens sont souvent fiers d’exposer tous leurs livres pour signaler des choses sur eux-mêmes et les différentes phases de leur vie, mais Zelwer dit qu’ils peuvent être « encombrants » et prendre trop de place.

Une bibliothèque dans une maison israélienne, le 4 mars 2008. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

« J’encourage mes clients à moins s’inquiéter de l’impression qu’ils donnent aux autres et à créer une maison qui les recharge, eux et leur famille, à la place », dit-elle.

Shira, une autre cliente qui a préféré ne pas utiliser son nom de famille, a décrit Zelwer comme « très énergique, mais avec une présence si calme ». Les deux femmes ont travaillé ensemble pour trier une cave, en déterminant ce qui était nécessaire, ce qui avait fait son temps et ce qui pouvait être donné.

« Elle m’a appris à célébrer et à chérir les choses que je possède, d’une manière qui finit par libérer beaucoup d’espace physique et mental », a déclaré Shira.

« Grâce à Zelwer », dit-elle, « je sens que j’ai maintenant une relation différente avec mon espace ».

Zelwer est convaincue que les possessions des gens sont directement liées à leurs émotions.

« Nous pouvons avoir tellement de choix dans nos armoires débordantes, qu’il peut en devenir épuisant de trouver ce dont nous avons besoin », a-t-elle déclaré.

« Les enfants apprennent au jardin d’enfants à garder les choses en ordre et à les ranger dans l’espace qui leur a été donné. J’essaie de réintégrer ces habitudes à la maison. »

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