Jihad en Syrie : jusqu’à 10 ans de prison au procès d’une filière de recruteurs nîmois
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Jihad en Syrie : jusqu’à 10 ans de prison au procès d’une filière de recruteurs nîmois

Les enquêteurs avaient décrit un réseau bien rôdé, avec Anas Ouhdif dans un rôle logistique, et les frères Azahaf, qui seraient toujours en zone irako-syrienne, dans un rôle de passeurs ; d'autres seraient morts en kamikazes en Irak

Le Palais de Justice de Paris. Illustration. (Crédit : Benh Lieu Song/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Le Palais de Justice de Paris. Illustration. (Crédit : Benh Lieu Song/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Des peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement ont été prononcées vendredi à l’encontre de cinq jeunes gens originaires des cités de Nîmes, jugés à Paris pour leur appartenance à une filière d’acheminement de jihadistes en Syrie.

Quatre hommes, qui comparaissaient détenus, ont été condamnés à huit à dix ans de prison par le tribunal correctionnel pour « avoir participé à une filière d’acheminement de volontaires pour le jihad en Syrie ». Les peines sont assorties d’une période de sûreté des deux tiers.

Une femme a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour financement d’une entreprise terroriste.

Les enquêteurs avaient baptisé le réseau « la filière de Nîmes » (Gard). Ils évaluent à plus d’une vingtaine de jeunes originaires des cités populaires de la ville qui ont gagné la Syrie par ce biais entre 2012 et 2014.

Les prévenus se connaissent, sont amis d’enfance ou fréquentent la même mosquée. Leur histoire préfigure celle survenue à Lunel, petite ville de l’Hérault qui a connu en 2014 le départ d’une vingtaine de jeunes pour la Syrie.

L'avocat de Fatima El Khayari compte expliquer à la cour que sa cliente a envoyé de l'argent à son frère en Syrie, comme une sœur à ses frères, et non pour financer le terrorisme (Crédit: capture d'écran France 3)
L’avocat de Fatima El Khayari compte expliquer à la cour que sa cliente a envoyé de l’argent à son frère en Syrie, comme une sœur à ses frères, et non pour financer le terrorisme (Crédit: capture d’écran France 3)

Les hommes ont effectué des allers-retours en Turquie ou en Syrie. Les premiers à partir, en août 2012, furent Anas Ouhdif – un Franco-marocain de 32 ans considéré comme un pilier du réseau, condamné vendredi à dix ans d’emprisonnement – et Axel Baeza, un converti décrit comme très violent dont la mort a été annoncée par les organes de propagande jihadiste.

Les enquêteurs ont décrit un réseau bien rôdé, avec Anas Ouhdif dans un rôle logistique – récupérer de l’argent pour l’envoyer en Syrie -, et les frères Azahaf, qui seraient toujours en zone irako-syrienne, dans un rôle de passeurs. D’autres, comme le Nîmois Joni Miguel Dos Santos Parente, seraient morts en kamikazes en Irak.

Selon le tribunal, Anas Ouhdif est parti en Syrie dans « le but évident de mener des combats avec visée jihadiste » et a également « favorisé le départ de trois personnes ».

A ses côtés dans le box, le converti Benoît Roussillon, qui a reconnu avoir combattu dans les rangs jihadistes, a été condamné à huit ans d’emprisonnement. Placé sur écoute, il parlait de tuer « tous les koufars [mécréants] » et rêvait de se faire exploser dans un train.

Les deux autres hommes ont été condamnés à huit et neuf ans d’emprisonnement. La seule femme jugée l’a été à deux ans ferme pour avoir envoyé de l’argent à ses frères partis en Syrie.

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