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John Mellencamp condamne l’antisémitisme au Rock and Roll Hall of Fame

La star a déclaré que "garder le silence, c'est être complice" de la haine antijuive alors que son avocat Allen Grubman a été intronisé pour sa lutte pour les droits d'auteur

Le chanteur-compositeur américain  John Mellencamp, à droite, remet le prix  Ahmet Ertegun à l'avocat Allen Grubman pendant la 37è cérémonie annuelle d'introduction au Roll Hall of Fame qui était organisée au Microsoft Theatre à Los Angeles, en Californie, le 5 novembre 2022. (Crédit : VALERIE MACON / AFP)
Le chanteur-compositeur américain John Mellencamp, à droite, remet le prix Ahmet Ertegun à l'avocat Allen Grubman pendant la 37è cérémonie annuelle d'introduction au Roll Hall of Fame qui était organisée au Microsoft Theatre à Los Angeles, en Californie, le 5 novembre 2022. (Crédit : VALERIE MACON / AFP)

JTA — Après une énième publication antisémite de Kanye West sur Twitter, qui s’en est pris aux agents juifs de Hollywood, la star du rock John Mellencamp est monté sur la scène du Rock and Roll Hall of Fame lors d’une cérémonie, disant au sujet de son avocat de longue date : « Allen est Juif ».

Une phrase d’introduction qui lui a permis de se lancer dans un discours passionné sur l’importance, pour les non-Juifs, de se tenir aux côtés des Juifs à une période de forte anxiété face à la recrudescence de l’antisémitisme – et en particulier à un moment où les suprémacistes blancs se sont emparés des propos tenus par Kanye West pour en faire autant d’appels au rassemblement.

Par « Allen », Mellencamp évoquait Allen Grubman, un avocat célèbre évoluant dans l’industrie de la musique qui a été intronisé par le Rock and Roll Hall of Fame pour son combat en faveur d’accords qui auront permis aux artistes de conserver leurs droits d’auteur sur leurs œuvres.

Alors qu’il se tenait sur la scène du Microsoft Theater de Los Angeles, samedi soir, Mellencamp a pris son ami de longue date dans ses bras en le qualifiant de « vrai mensch. »

« Allen est Juif et je parle de ça pour une raison : Je suis non-Juif et ma vie a été rendue plus riche par d’innombrables personnes juives », a expliqué Mellencamp, dont les chansons « Jack & Diane, » « Little Pink Houses » et « Hurts So Good » avaient été des tubes dans les années 1980.

« Je ne peux pas vous dire combien il est vraiment important de prendre la parole contre l’antisémitisme si vous êtes un artiste », a ajouté Mellencamp. « Je me fous complètement de l’identité des gens, je m’en fiche. Voilà ce qui coince : c’est que garder le silence, c’est être complice. Je me tiens là, ce soir, fièrement et clairement aux côtés d’Allen, de sa famille, de tous mes amis juifs et de tous les Juifs du monde ».

Grubman, dans sa carrière, a représenté Madonna, Elton John, Bruce Springsteen et Billy Joel, qui l’avait poursuivi en 1992 pour ne pas avoir dévoilé qu’il travaillait à la fois pour Joel et sa maison de disques (Joel avait abandonné sa plainte après le versement, par le label, d’une somme de trois millions de dollars).

Newsweek avait estimé que Grubman était « peut-être l’avocat de l’industrie du disque le plus riche et le plus puissant » en 2001 et un portrait paru en 1998 dans le Los Angeles Times avait évoqué « une mainmise similaire à celle d’une pieuvre sur le plus haut de la hiérarchie du monde de la pop ».

Né à Brooklyn, où il avait passé son enfance, et aujourd’hui octogénaire, Grubman avait déclaré, la semaine dernière, qu’il était fier de ce qu’il avait réalisé dans l’industrie de la musique, s’exprimant comme à son habitude dans un langage parsemé de mots yiddish. « La vie, c’est 80 % de mazel et 20 % d’intelligence », avait-il dit au Los Angeles Times en 1998, utilisant le mot yiddish signifiant la chance).

« J’ai tenté de déplacer l’influence qui était entre les mains des maisons de disques pour la remettre aux artistes », avait-il aussi confié à Variety. « Et j’ai le sentiment que j’ai réussi en cela, ce qui a nécessité de la chutzpah [le mot en yiddish pour désigner « l’audace » ou le « culot ». »

Ce n’est pas la première fois que Mellencamp prend publiquement la défense des Juifs : Au début de sa carrière, il avait pris le nom de scène de John Cougar sur les conseils de son manager.

« Son explication était que Mellencamp était avant tout un nom allemand et que lui était Juif », a raconté la star au magazine GQ, au début de l’année. « Et je comprends son point de vue ».

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