Justin Trudeau qualifie le BDS d’antisémite
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Justin Trudeau qualifie le BDS d’antisémite

Le Premier ministre canadien a déclaré que le groupe de boycott cible les étudiants juifs et diabolise Israël ; ce n'est "pas acceptable... en vertu des valeurs canadiennes"

Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, condamne le mouvement BDS lors d'une assemblée publique à l'Université Brock à St. Catherines, Ontario. Le 15 janvier 2019 (Capture d'écran YouTube)
Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, condamne le mouvement BDS lors d'une assemblée publique à l'Université Brock à St. Catherines, Ontario. Le 15 janvier 2019 (Capture d'écran YouTube)

Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a qualifié le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) d’antisémite et contraire aux « valeurs canadiennes » et l’a accusé d’intimider les étudiants juifs sur les campus universitaires.

Lors d’une réunion publique tenue mardi à l’Université Brock à St. Catherines, à 120 km au sud-ouest de Toronto, un intervenant a demandé à M. Trudeau de récuser sa condamnation antérieure du BDS.

« Au Canada, nous devons reconnaître qu’il y a des choses qui ne sont pas acceptables, non pas à cause de préoccupations de politique étrangère, mais à cause des valeurs canadiennes », a répondu Trudeau.

« Ce n’est pas bien de faire de la discrimination ou de rendre quelqu’un vulnérable sur le campus à cause de sa religion, et malheureusement le mouvement BDS est souvent lié à ces types de situations. »

Trudeau a dit que cibler l’État d’Israël était une forme d’antisémitisme, citant l’ancien ministre canadien de la Justice, Irwin Cotler, comme étant « les trois ‘D  : diabolisation d’Israël, deux poids, deux mesures concernant Israël, et délégitimation de l’État d’Israël ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, deuxième à gauche, et son épouse second Sara, à gauche, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le roi marocain Mohammed VI, à droite, et le prince héritier Moulay Hassan lors des cérémonies à l’Arc de Triomphe, à Paris, le 11 novembre 2018 (Crédit : AP Photo/Francois Mori, Pool)

« Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas critiquer les décisions de l’État d’Israël, qui est bien sûr un pays démocratique… », a dit M. Trudeau à l’auditoire, soulignant que les partis de l’opposition israélienne critiquent les décisions gouvernementales.

En novembre dernier, Trudeau avait présenté des excuses officielles au nom du pays pour avoir refuser d’accepter 907 réfugiés juifs à bord du paquebot allemand MS St. Louis en 1939 qui demandaient l’asile et qui fuyaient le régime Nazi en Allemagne. Le Canada a refusé le bateau et, sans lieu de refuge, il est retourné en Europe, où plus de 250 personnes sont mortes pendant la Shoah.

Au cours de ce discours, Trudeau a dit : « Les étudiants juifs se sentent encore malvenus et mal à l’aise sur certains de nos campus à cause des intimidations du BDS ».

Trudeau a conclu son allocution mardi en disant à l’auteur de la question : « Je continuerai à condamner le mouvement BDS », ajoutant que le Canada appuie une solution à deux États « qui sera négociée directement par Israël et les Palestiniens ».

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