Kohavi furieux par la fuite de Katz après une réunion du cabinet
Rechercher

Kohavi furieux par la fuite de Katz après une réunion du cabinet

Une chaîne TV dit qu'Aviv Kohavi a écrit à Netanyahu pour protester contre le tweet d'Yisraël Katz disant que c'était lui qui avait approuvé la reconnaissance de la frappe en Syrie

Le chef d'état-major de Tsahal Aviv Kohavi prend la parole lors d'une cérémonie en l'honneur de réservistes exceptionnels de l'armée israélienne à la résidence du président à Jérusalem, le 1er juillet 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le chef d'état-major de Tsahal Aviv Kohavi prend la parole lors d'une cérémonie en l'honneur de réservistes exceptionnels de l'armée israélienne à la résidence du président à Jérusalem, le 1er juillet 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, aurait été furieux après qu’Yisraël Katz, ministre des Affaires étrangères, eut semblé divulguer des informations lors d’une réunion sur la sécurité nationale et affirmé que le chef militaire était derrière la reconnaissance de la participation d’Israël dans une frappe aérienne en Syrie.

Katz a twitté la semaine dernière que c’est Kohavi qui a décidé de faire savoir qu’Israël avait mené à la fin août une attaque contre une cellule iranienne qui se préparait à lancer une attaque transfrontalière par drone depuis la Syrie.

Selon un reportage de la Treizième chaîne, mardi, Kohavi était furieux du tweet de Katz et a envoyé une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu protestant contre la fuite des discussions du Cabinet de sécurité et disant que ses propos étaient déformés et utilisés à des fins politiques.

Le responsable de l’armée aurait également demandé à Netanyahu, qui est aussi ministre de la Défense, d’être autorisé à aborder la question directement avec les ministres lors de la prochaine réunion du Cabinet de sécurité.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz. (Flash90)

Quelques heures plus tard, Katz a appelé Kohavi pour mettre les choses au clair et s’excuser, selon le rapport, citant des sources bien informées de l’appel qui affirmaient que le ministre des Affaires étrangères avait souligné qu’il n’avait pas l’intention de faire du tort ni d’embarrasser le responsable militaire.

Netanyahu aurait également parlé à Kohavi après avoir reçu la lettre.

Katz, un membre haut placé du parti du Likud de Netanyahu, a nié s’être excusé auprès de Kohavi, alors que le porte-parole de l’armée et le Cabinet du Premier ministre ne voulaient ni confirmer ni infirmer ce rapport.

« Les deux hommes entretiennent d’excellentes relations de travail depuis des années et ont l’intention de continuer à le faire à l’avenir », a déclaré le bureau de Katz à la Treizième chaîne.

Israël a longtemps maintenu une politique d’ambiguïté concernant les frappes en Syrie et ailleurs, afin de réduire les risques d’attaques de représailles. Mais ces derniers mois, les dirigeants israéliens se sont montrés exceptionnellement ouverts sur certains aspects de l’activité militaire du pays dans la région, notamment en assumant la responsabilité des frappes aériennes d’août en Syrie contre la cellule iranienne.

Les critiques ont accusé Netanyahu – qui a averti à plusieurs reprises l’Iran de mettre un terme à ses forces militaires dans la région – de se vanter des frappes pour améliorer son image pendant les campagnes électorales avant les élections nationales d’avril et de septembre.

Le tweet de Katz s’adressait au député Yair Lapid du parti rival Kakhol lavan, qui en août avait accusé Netanyahu de s’attribuer publiquement le mérite de la frappe pour marquer des points politiques dans la perspective de ces élections.

« Hier, le chef d’Etat-major a déclaré que c’était lui qui avait décidé qu’Israël devait en assumer la responsabilité pour des raisons professionnelles », a tweeté Katz, apparemment en référence à la réunion du cabinet de sécurité, à laquelle Kohavi a assisté.

Lapid a répondu à Katz en disant que le changement de la politique d’ambiguïté s’était produit bien avant la frappe d’août et l’a accusé de divulguer des informations éventuellement confidentielles lors de la réunion de haut niveau du cabinet.

Le militaire a répondu au tweet de Katz par des critiques voilées, disant seulement aux journalistes que l’armée israélienne « garde toujours confidentiel le contenu de toutes les discussions du cabinet ».

Cette photo satellite fournie par la société de renseignement privée ImageSat International le 25 août 2019 montre les conséquences d’une frappe israélienne sur un complexe de la ville syrienne d’Aqrabah, d’où l’armée israélienne dit que l’Iran a essayé de lancer des drones chargés d’explosifs sur le nord d’ Israël. (ImageSat International)

Plus tôt ce mois-ci, l’ancien chef d’Etat-major Gadi Eizenkot a déclaré dans une interview que le fait de dissiper toute ambiguïté était une « grave erreur qui met en péril la sécurité nationale ».

Avant de prendre sa retraite en tant que chef de l’armée israélienne à la mi-janvier, Eizenkot a reconnu dans une série d’entretiens qu’Israël avait mené des « centaines de frappes aériennes » contre des cibles iraniennes en Syrie depuis sa nomination en 2015. Il a également admis qu’Israël fournissait aux groupes rebelles syriens le long de la frontière des armes légères pour leur « défense personnelle ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...