La cagnotte pour le meurtrier de Douma rassemble plus de 500 000 NIS en un jour
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La cagnotte pour le meurtrier de Douma rassemble plus de 500 000 NIS en un jour

Les fonds visent à couvrir les frais du pourvoi en appel des trois condamnations à perpétuité prononcées contre Amiram Ben Uliel pour un attentat contre une famille palestinienne

Amiram Ben-Uliel au tribunal de district de Lod le 18 mai 2020. (Avshalom Sassoni/Pool Photo via AP)
Amiram Ben-Uliel au tribunal de district de Lod le 18 mai 2020. (Avshalom Sassoni/Pool Photo via AP)

Une cagnotte pour un terroriste juif israélien condamné pour avoir tué trois membres d’une famille palestinienne a permis de récolter en moins d’une journée plus d’un demi-million de shekels pour financer son recours en appel.

Amiram Ben Uliel a été condamné lundi par le tribunal de district de Lod à trois peines de prison à vie plus 20 ans pour un attentat à la bombe incendiaire perpétré en 2015 contre la maison de la famille Dawabsha dans le village de Douma en Cisjordanie. Saad et Riham Dawabsha, ainsi que leur fils Ali, âgé de 18 mois, sont morts dans l’attentat. Seul le fils aîné du couple, Ahmed, a survécu, brûlé. Il était âgé de 5 ans au moment de l’attaque.

Les avocats de la défense ont annoncé qu’ils feront appel de la condamnation devant la Cour suprême.

Une collecte de fonds en ligne mise en place par le groupe de défense juridique Honenu, qui défend les extrémistes juifs présumés, avait recueilli 539 889 NIS auprès de plus de 1 700 donateurs mardi après-midi.

Parmi ceux qui ont soutenu l’initiative se trouvait Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a retweeté un lien vers la collecte lundi.

Une note explicative sur la page de la collecte de fonds décrit la vie de Ben-Uliel comme un « cauchemar » depuis son arrestation il y a près de cinq ans, et affirme qu’il n’a avoué le crime qu’après avoir été torturé.

Ben Uliel a avoué l’attentat à plusieurs reprises lors de son interrogatoire par l’agence de sécurité du Shin Bet. Certains de ces aveux ont cependant été rejetés par le tribunal en 2018 après que les juges ont déterminé qu’ils avaient été faits pendant ou immédiatement après qu’il a subi un « interrogatoire musclé » ou des actes de torture.

L’intérieur d’une chambre de la maison de la famille Dawabsha à Duma. Une poupée enveloppée dans un drapeau palestinien repose dans une poussette en l’honneur d’Ali. (Crédit : Eric Cortellessa / Times of Israel)

Toujours pour la défense de Ben Uliel, une vingtaine de rabbins ont signé une lettre ouverte demandant son acquittement. La liste comprenait certains des plus grands noms du sionisme religieux, dont le grand rabbin de Beit El, Shlomo Aviner, le grand rabbin de Safed, Shmuel Eliyahu, le grand rabbin de Kyriat Arba, Dov Lior, et le rabbin Zvi Tau.

« Personne ne conteste que les aveux d’Amiram, seule preuve contre lui, lui ont été extorqués par la torture… c’est suffisant pour justifier sa libération », peut-on lire dans la lettre.

Le député Yair Golan à une conférence du Meretz à Tel Aviv, le 14 janvier 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député Yair Golan, du parti d’opposition de gauche Meretz, a réagi à la lettre mardi en tweetant que les rabbins qui ont signé la lettre devraient être renvoyés du service public et interdits de tout institut éducatif.

« Il est important de se rappeler que ces rabbins et leurs partisans sont tous des partisans de Bennett », a-t-il ajouté, faisant référence à Naftali Bennett, chef du parti de droite Yamina qui tire sa base électorale des résidents d’implantations et de la communauté nationale-religieuse et qui, selon les récents sondages, serait probablement le deuxième plus grand parti de la Knesset si des élections étaient organisées.

Un adolescent complice de Ben Uliel connaîtra sa sentence mercredi.

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