Depuis Washington, le fils de Netanyahu exprime son soutien au tueur de Douma
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Depuis Washington, le fils de Netanyahu exprime son soutien au tueur de Douma

Yair Netanyahu a partagé sur Twitter le lien vers la collecte de fonds destinée à financer la défense d'Amiram Ben Uliel et a qualifié la condamnation de "honte"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son fils Yair à Tel Aviv, le 23 janvier 2020. (Aleksey Nikolskyi/Sputnik Kremlin Pool Photo via AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son fils Yair à Tel Aviv, le 23 janvier 2020. (Aleksey Nikolskyi/Sputnik Kremlin Pool Photo via AP)

Après qu’Amiram Ben Uliel a été condamné lundi à trois peines de prison à vie pour le meurtre de trois Palestiniens – dont un bébé – en 2015, le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yair, a critiqué la condamnation et a retweeté un lien vers une cagnotte visant à financer la défense du meurtrier extrémiste.

Ben Uliel a tué trois membres de la famille Dawabsha – Saad, Riham, et leur fils de 18 mois Ali – dans un incendie criminel. Seul le fils aîné du couple, Ahmed, a survécu, malgré de terribles brûlures et cicatrices ; il avait 5 ans à l’époque.

Yair Netanyahu a retweeté un lien vers « Honenu », un groupe d’aide juridique d’extrême droite qui offre un soutien à ce qu’ils appellent « les soldats et les civils qui se trouvent dans des situations juridiques difficiles, en raison de leur défense contre l’agression arabe, ou en raison de leur amour pour Israël ».

Les critiques sur Twitter ont qualifié de « surréaliste » ce retweet sur la collecte de fonds, surtout à la lumière du fait que son père doit signer des accords de normalisation avec les EAU et Bahreïn mardi à Washington. Yair Netanyahu accompagne son père dans son voyage aux États-Unis.

Yair Netanyahu a répondu que la condamnation était scandaleuse et manquait de preuves. Il a également affirmé que les aveux de Ben Uliel le liant au crime ont été obtenus par les services de sécurité israéliens par « de la torture physique de la manière la plus médiévale que l’on puisse imaginer ».

Amiram Ben-Uliel s la cour de district de Lod, le 18 mai 2020. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Le jeune Netanyahu est très actif sur les réseaux sociaux et se fait régulièrement remarquer pour ses propos acerbes et extrémistes. Il s’est attiré les louanges des nationalistes blancs après avoir partagé un mème antisémite. Il fait actuellement l’objet de quatre procès en diffamation.

Toujours pour la défense de Ben Uliel, une vingtaine de rabbins ont signé une lettre ouverte demandant son acquittement. La liste comprenait certains des plus grands noms du sionisme religieux, dont le grand rabbin de Beit El, Shlomo Aviner, le grand rabbin de Safed, Shmuel Eliyahu, le grand rabbin de Kyriat Arba, Dov Lior, et le rabbin Zvi Tau.

« Personne ne conteste que les aveux d’Amiram, seule preuve contre lui, lui ont été extorqués par la torture… c’est suffisant pour justifier sa libération », peut-on lire dans la lettre.

Yitzhak Bom, un avocat de Honenu, a fait écho à ce sentiment en disant : « Notre problème, bien sûr, n’est pas la sentence. Le principal problème est que le tribunal a accepté des aveux qui lui ont été extorqués soit sous la torture, soit par crainte de la torture, afin de le condamner. »

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. Tous trois sont morts lorsque leur maison, dans le village de Douma en Cisjordanie, a été incendiée par un extrémiste juif, le 31 juillet 2015. (Capture d’écran Deuxième chaîne)

En plus de la peine de prison, la famille Dawabsha recevra l’indemnisation maximale accordée pour un meurtre – soit 258 000 shekels – pour chaque membre de la famille tué, ainsi qu’un montant supplémentaire de 250 000 shekels pour la tentative de meurtre sur Ahmed, a annoncé lundi le bureau du procureur.

Nasser Dawabsha, l’oncle d’Ahmed, a déclaré qu’il était satisfait de la décision du tribunal, mais qu’elle était arrivée trop tard pour sa famille. Aucune décision, a-t-il dit, ne peut restaurer la perte et les difficultés que la famille a endurées depuis la nuit de l’incendie dans le village de Douma, dans le nord de la Cisjordanie.

« C’est tout ce que nous pouvions espérer d’un tribunal israélien. Mais nous aurions aimé que cette décision soit prise avant le crime – que le gouvernement israélien agisse dès le début. Qu’il n’ait pas permis aux résidents d’implantations de venir et d’agir sous leur protection », a déploré Nasser Dawabsha.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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