Une femme poursuit Yair Netanyahu qui avait insinué une liaison avec Gantz
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Une femme poursuit Yair Netanyahu qui avait insinué une liaison avec Gantz

Dana Cassidy réclame 500 000 shekels au fils du Premier ministre, l'accusant d'être responsable du "harcèlement sexuel massif et public" qu'elle a subi après ces propos

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Flash90)
Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Flash90)

Le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yair, est poursuivi mardi pour 500 000 shekels (124 000 euros) par une jeune femme qui affirme qu’il est responsable du « harcèlement sexuel public et massif » dont elle a été victime après qu’il a insinué qu’elle avait une liaison avec Benny Gantz.

Le 23 février, 10 jours avant les élections à la Knesset, au cours desquelles Gantz était le principal challenger de son père – et avant que Gantz ne décide de s’associer au Premier ministre et de devenir ministre de la Défense – le jeune Netanyahu a tweeté une photo de Dana Cassidy, demandant : « Quelqu’un sait qui c’est ? ».

Il l’a fait après avoir publié des allégations non fondées sur des liaisons que Gantz aurait eues avec des femmes.

Un compte Twitter pro-Likud avait répondu avec l’image de Cassidy avec Gantz, avec la légende en surimpression : « Il m’a invité à prendre le thé, et ça m’a excité. » Dana Cassidy assure qu’elle n’avait jamais rien écrit de tel.

Cette militante des droits des animaux de 19 ans avait pris la photo avec celui-ci lorsqu’il avait visité la ferme où elle travaille aux côtés de la députée Miki Haimovitch de Kakhol lavan.

La jeune femme avait rapporté à l’époque que les réactions à la publication de Netanyahu sur les réseaux sociaux comprenaient de nombreuses références sexuelles à elle et à sa relation supposée avec Gantz.

Elle a déclaré qu’elle avait ensuite été inondée par « un flot » d’appels des médias lui demandant des commentaires sur sa prétendue liaison avec le responsable politique.

Dix jours après le tweet, Dana Cassidy a annoncé qu’elle allait poursuivre Yair Netanyahu et a lancé une campagne de collecte de fonds en ligne.

La plainte a été déposée mardi. La plaignante a écrit sur Twitter qu’elle comprend 15 pages et 109 autres pages d’annexes. Elle a précisé que la campagne de financement participatif avait reçu le soutien de 3 406 personnes et que les futures mises à jour sur les développements pertinents seraient faites par son père, Kobi.

Selon la plainte, Yair Netanyahu « a décrit une relation claire, sexuelle, intime et romantique entre la plaignante et Gantz – quelque chose qui n’a aucun fondement dans la réalité ».

Celle-ci fait valoir que Dana Cassidy avait été choisie au hasard de manière à nuire à un rival politique du Premier ministre. « L’accusé n’a pas tenu compte de la plaignante, de sa famille ou de ses amis et proches. Selon la plaignante, toute personne peut être piétinée parce que la fin justifie les moyens, aussi mauvais soient-ils », affirme-t-elle.

Dana Cassidy aurait subi un « harcèlement sexuel massif et public » à cause du fils Netanyahu, qui n’a à aucun moment tenté de contenir ses partisans.

Mardi, l’intéressé, qui n’a pas encore répondu juridiquement à la plainte, a qualifié celle-ci de « poursuite-baillôn ridicule, délirante et sans fondement, dont le seul but est de gagner de la publicité et qui doit être rejeté par la loi ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son fils Yair à Tel Aviv, le 23 janvier 2020. (Aleksey Nikolskyi/Sputnik Kremlin Pool Photo via AP)

Au total, quatre procès sont actuellement intentés à Yair Netanyahu, chacun pour 500 000 shekels, selon le site web Seventh Eye.

Les autres poursuites ont été intentées par un groupe qui mène des manifestations anti-gouvernementales que le jeune Netanyahu aurait assimilé à une milice nazie, par l’ancien rédacteur en chef du site d’information Walla, que Yair Netanyahu a accusé de participer à un « complot » contre le Premier ministre, et par Nir Hefetz, un témoin officiel contre le Premier ministre, dont la vie privée aurait été violée par le fils du chef du gouvernement.

Le mois dernier, il a présenté des excuses laconiques après avoir semblé employer une tactique similaire contre la journaliste Dana Weiss, semblant suggérer que la présentatrice du journal avait décroché son poste grâce à des faveurs sexuelles.

Yair Netanyahu exerce une présence démesurée et incendiaire sur les médias sociaux.

Au début de ce mois, le tribunal de Jérusalem lui a ordonné de retirer un tweet identifiant et indiquant les adresses des leaders d’un mouvement de protestation contre son père. Le jeune Netanyahu avait publié les adresses des militants et encouragé ses plus de 88 000 abonnés sur les réseaux sociaux à manifester devant chez eux. Le tribunal lui a également dit de cesser de harceler les militants pendant six mois « sous quelque forme que ce soit ».

Le 27 juillet, il s’était excusé après avoir fait face à une vague de réactions de colère de la part d’hindous qui s’étaient offensés de l’un de ses tweets. Il avait en effet publié une photo de la déesse hindoue Durga avec le visage de Liat Ben Ari, procureure dans les affaires de corruption de son père, placé en surimpression sur le visage de la déesse, qui apparaissait ses nombreux bras levés, brandissant le majeur.

Il avait également accusé d’éminents responsables politiques d’avoir fomenté un coup d’État contre son père. Il avait affirmé que la présidente de la Cour suprême Esther Hayut avait comparé le Premier ministre à Hitler et il avait exprimé son souhait que « tous les musulmans quittent la terre d’Israël », ce qui lui avait valu d’être temporairement exclu de Facebook.

En avril, il a tweeté son soutien à la fin de l’Union européenne et a appelé à une Europe « libre, démocratique et chrétienne ». Sa déclaration a ensuite été approuvée par l’extrême droite allemande, le député européen d’Alternative pour l’Allemagne [AfD] Joachim Kuhs partageant un visuel avec la citation et une photo de Netanyahu en ligne.

En 2017, Netanyahu s’est attiré les louanges des nationalistes blancs après avoir partagé un mème antisémite représentant le milliardaire juif américain George Soros et une figure qui ressemble aux représentations nazies de la communauté juive mondiale manipulant l’ancien Premier ministre Ehud Barak et deux dirigeants d’un mouvement de protestation anti-gouvernemental.

Le mème comportait également des références aux Illuminati et à une sorte de créature reptilienne, probablement une référence aux théories du complot colportées par l’antisémite britannique David Icke, qui affirme que le monde est dirigé par les Rothschild et des reptiles géants changeant de forme.

Le mois dernier, Netanyahu a demandé au procureur général Avichai Mandelblit d’enquêter sur des menaces et des incitations présumées à son encontre, affirmant qu’il était préoccupé par le fait qu’elles puissent conduire à des attaques.

Dans une lettre datée du 13 juillet, l’avocat du Premier ministre a déclaré que son client avait fait l’objet de « l’intimidation en ligne la plus grave et la plus sévère qui soit » et qu’il avait également reçu des menaces contre sa personne.

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