La justice ordonne à Yair Netanyahu de retirer un tweet sur les manifestations
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La justice ordonne à Yair Netanyahu de retirer un tweet sur les manifestations

La séance a eu lieu après que le fils du Premier ministre a publié les adresses des militants anti-gouvernement, et encouragé ses partisans à manifester devant leurs domiciles

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Flash90)
Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Flash90)

Le tribunal de Jérusalem a ordonné ce dimanche à Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre, de retirer le tweet identifiant les responsables du mouvement de protestation contre son père.

Le tribunal a également demandé à Yair Netanyahu de cesser de harceler les militants pendant six mois, « sous n’importe quelle forme », selon les médias israéliens.

L’audience du tribunal avait été convoquée pour discuter de la révélation des adresses des dirigeants des manifestations anti-gouvernementales par le fils aîné du Premier ministre. Yair Netanyahu n’était pas présent à l’audience après que la juge Dorit Feinstein du tribunal de Jérusalem a estimé qu’il n’avait qu’à se rendre disponible par téléphone pour répondre aux questions plutôt que d’y assister en personne.

Le jeune Netanyahu avait encouragé ses plus de 88 000 followers sur les réseaux sociaux à organiser des rassemblements devant les domiciles des leaders des manifestations.

« J’invite tout le monde à venir protester, jour et nuit (la Cour suprême dit que c’est autorisé), chez ces gens qui ont organisé l’anarchie dans le pays pour nous tous ces dernières semaines », a tweeté Netanyahu jeudi.

Des milliers d’Israéliens manifestent contre le Premier ministre depuis le début de l’été, lui demandant de démissionner en raison d’allégations de corruption et de sa gestion de la pandémie de coronavirus.

Le tweet de Netanyahu était accompagné d’une image d’un document d’enregistrement du tribunal avec les noms, adresses et anniversaires des organisateurs de la manifestation. Yair a noté qu’il avait masqué les numéros d’identification personnels des organisateurs « même s’ils ne le méritaient pas ».

Les organisateurs ont déclaré avoir reçu des appels téléphoniques de menaces jeudi après l’envoi du tweet.

Les propos de Yair Netanyahu ont été tenus dans un contexte de violence politique croissante, après plusieurs attaques contre des manifestants par des militants d’extrême droite présumés.

Vendredi, 16 militants d’extrême droite présumés participant à une contre-manifestation pro-Netanyahu à Jérusalem, organisée par les ultras du groupe La Familia, du club de football du Beitar Jerusalem, ont été arrêtés après avoir prétendument attaqué des manifestants, des policiers et des membres de la presse. Ils ont ensuite été libérés.

Samedi, la police a arrêté quatre personnes pour avoir abordé des manifestants lors de deux manifestations dans le sud et, à Haïfa, elle a arrêté un homme qui avait lancé un pétard sur les manifestants, blessant une femme.

Cinq personnes soupçonnées d’être des agresseurs d’extrême droite ont été arrêtées la semaine dernière après une attaque contre des manifestants à la suite d’une manifestation près du domicile du ministre de la Sécurité publique Amir Ohana, à Tel Aviv, mardi soir. Dans une vidéo de la scène, les agresseurs ont été vus en train de frapper des manifestants avec des bouteilles en verre, des gourdins et des chaises et de les asperger de gaz lacrymogène. Ils ont ensuite été relâchés et assignés à résidence.

Yair Netanyahu assure une présence importante et incendiaire sur les réseaux sociaux.

Le 27 juillet, il s’est excusé après avoir été confronté à une vague de réactions de colère de la part d’hindous qui trouvaient un de ses tweets offensant : il avait posté une photo de la déesse hindoue Durga avec le visage de Liat Ben Ari, la procureur dans les affaires de corruption de son père, superposé au visage de la déesse. Ses nombreux bras étaient également levés en donnant le majeur.

Début juillet, le jeune Netanyahu a présenté des excuses laconiques à la journaliste Dana Weiss pour avoir laissé entendre que la principale présentatrice de l’information avait atteint sa position grâce à des faveurs sexuelles.

En février, il a été accusé d’avoir utilisé des tactiques similaires pour faire honte à une femme qui soutient le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, en lui faisant subir du harcèlement en ligne.

Il a également accusé d’éminents politiciens d’avoir organisé un coup d’État contre son père, a affirmé que la présidente de la Cour suprême Esther Hayut avait comparé son père à Hitler et a déclaré qu’il voulait que « tous les musulmans quittent la terre d’Israël », ce qui lui a valu d’être temporairement bloqué sur Facebook.

En avril, il a tweeté son soutien à la fin de l’Union européenne et a appelé à une Europe « libre, démocratique et chrétienne« . Sa déclaration a ensuite été approuvée par l’extrême droite allemande, le député européen d’Alternative pour l’Allemagne [AfD] Joachim Kuhs partageant un visuel avec la citation et une photo de Netanyahu en ligne.

En 2017, Netanyahu s’est attiré les louanges des nationalistes blancs après avoir partagé un mème antisémite représentant le milliardaire juif américain George Soros et une figure qui ressemble aux représentations nazies de la communauté juive mondiale manipulant l’ancien Premier ministre Ehud Barak et deux dirigeants d’un mouvement de protestation anti-gouvernemental.

Le mème comportait également des références aux Illuminati et à une sorte de créature lézard, probablement une référence aux théories du complot colportées par l’antisémite britannique David Icke, qui affirme que le monde est dirigé par les Rothschild et des reptiles géants changeant de forme.

Le mois dernier, Netanyahu a demandé au procureur général Avichai Mandelblit d’enquêter sur des menaces et des incitations présumées à son encontre, affirmant qu’il était préoccupé par le fait qu’elles puissent conduire à des attaques.

Dans une lettre datée du 13 juillet, l’avocat du Premier ministre a déclaré que Yair avait fait l’objet de « l’intimidation en ligne la plus grave et la plus sévère qui soit » et qu’il avait également reçu des menaces contre sa personne.

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