La CEDH déboute l’évêque négationniste Richard Williamson
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La CEDH déboute l’évêque négationniste Richard Williamson

La Cour a jugé jeudi la requête de l'évêque Richard Williamson, qui contestait sa condamnation en Allemagne pour avoir nié l'existence de la Shoah a la TV suédoise

L'évêque Richard Williamson en 1991. (Crédit :  CC BY, Jim, the Photographer, Flickr)
L'évêque Richard Williamson en 1991. (Crédit : CC BY, Jim, the Photographer, Flickr)

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé jeudi irrecevable la requête de l’évêque Richard Williamson, qui contestait sa condamnation en Allemagne pour avoir nié l’existence de la Shoah dans une interview accordée à une chaîne de télévision suédoise.

Au terme d’une procédure judiciaire engagée en 2009 par le tribunal de district de Ratisbonne, l’évêque britannique né en 1940, avait été reconnu coupable en appel d’incitation à la haine et condamné à 1 800 euros d’amende.

L’évêque avait déclaré dans une interview à la chaîne suédoise SVT-1, en marge d’un séminaire de la Fraternité sacerdotale Sainte-Pie-X en novembre 2008 à Zaitzkofen (Allemagne), « qu’il croyait qu’il n’y avait pas eu de chambres à gaz sous le régime nazi », rappelle la Cour dans son arrêt.

L’entretien avait été diffusé en janvier 2009.

« Un pourvoi, une demande d’audience et un appel », déposés par M. Williamson contre sa condamnation, ont été « tous rejetés ». « La Cour constitutionnelle fédérale (a refusé) d’examiner en mars 2017 » un recours qu’il avait introduit.

En août 2017, l’évêque avait saisi la CEDH, invoquant l’article 10 sur la liberté d’expression. « M. Williamson soutenait que la condamnation pénale dont il avait fait l’objet pour incitation à la haine avait emporté violation de son droit à la liberté d’expression », rappelle la Cour.

« Il arguait en particulier que le droit allemand n’était pas applicable à ses propos car l’infraction avait, selon lui, été commise non en Allemagne, mais en Suède, pays où un tel discours n’était pas pénalement répréhensible », est-il précisé.

La requête a été rejetée pour « défaut manifeste de fondement ». Pour la cour, la décision allemande est justifiée « par des motifs pertinents et suffisants ».

« Le tribunal régional (allemand) a jugé que le déni et la minimisation du génocide des Juifs exprimés par M. Williamson avaient porté atteinte à la dignité des victimes de ce génocide et qu’ils étaient de nature à troubler gravement la paix publique en Allemagne », note la CEDH, qui « ne voit aucune raison de ne pas souscrire à cette appréciation ».

La Cour donne raison au tribunal régional allemand qui avait « établi qu’il était clair pour M. Williamson que ses propos étaient susceptibles d’être remarqués dans le monde entier, et en particulier en Allemagne compte tenu de l’histoire du pays, du fait que l’interview était donnée en Allemagne et que le pape de l’époque, Benoît XVI, était allemand ».

La CEDH souligne en outre que « la sanction infligée au requérant était très clémente ».

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