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La CEDH rejette une demande de suspension de l’expulsion de Hassan Iquioussen

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé la semaine dernière l'expulsion à venir de ce prédicateur

Hassan Iquioussen (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hassan Iquioussen (Crédit : capture d'écran YouTube)

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté jeudi une demande de suspension de la mesure d’expulsion vers le Maroc de Hassan Iquioussen, un imam officiant en France, a indiqué la CEDH dans un communiqué.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé la semaine dernière l’expulsion à venir de ce prédicateur accusé par les autorités françaises d’avoir lancé des appels à la haine et à la violence visant notamment la communauté juive.

La CEDH, qui siège à Strasbourg, avait été saisie mercredi par l’imam au titre de l’article 39 de son règlement qui lui permet d’ordonner aux Etats des « mesures provisoires » lorsque les requérants sont exposés à « un risque réel de dommages irréparables ».

« En raison de la gravité de la menace pour l’ordre public, le ministre estimait qu’il n’était pas porté une atteinte disproportionnée à son droit à une vie familiale », a estimé la CEDH dans un communiqué.

L’annonce de l’expulsion à venir, faite jeudi dernier sur Twitter par M. Darmanin, a suscité une série de protestations.

Dans un communiqué, 31 mosquées des Hauts-de-France (Nord) ont apporté leur soutien au prédicateur, estimant qu’il était victime d’une « erreur manifeste d’appréciation ».

Mais le ministre avait estimé que « ce prédicateur tient depuis des années un discours haineux à l’encontre des valeurs de la France contraire à nos principes de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes ».

Le prêcheur de 57 ans est très actif sur les réseaux sociaux, notamment avec une chaîne Youtube, suivie par 169 000 personnes, et une page Facebook, comptant 42 000 abonnés.

Né en France, il avait la nationalité française jusqu’à ce qu’elle lui soit retirée à sa majorité. De nationalité marocaine depuis, il avait alors bénéficié de titres de séjour.

Imam de la mosquée d’Escaudain, Hassan Iquioussen fut surnommé « le prêcheur des cités » prêche pour la jeunesse musulmane française depuis une vingtaine d’années.

Sa présence annoncée lors d’une conférence à Mulhouse le 26 novembre 2017, organisée par l’association Amal et en présence de Marwan Muhammad, avait fait notamment réagir la Licra.

Membre des Frères musulmans, selon l’institut de recherche des médias du Moyen orient Memri, Hassan Iquioussen « prodigue ses enseignements dans de nombreuses institutions et associations, et notamment dans le cadre de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), dont il est l’une des grandes figures spirituelles ».

Il était accusé par l’association anti-raciste d’avoir qualifié les juifs pêle-mêle « d’avares et d’usuriers », ‘être « le top de la trahison et de la félonie », de comploter contre l’islam et les musulmans », de considérer les non-juifs comme des esclaves et même d’être à l’origine du schisme qui scinda en son temps l’islam entre chiites et sunnites.

Dans une vidéo publiée sur Dailymotion en 2012, Iquioussen prônait le djihad armé, « le plus haut des 13 niveaux de djihad ».

Prosélyte, complotiste, pro-Hamas et considérant les attentats du World Trade Center comme « l’arnaque du siècle », l’imam avait en 2004 présenté ses excuses pour des propos antisémites, et expliqué qu’ils étaient dus à la fatigue…

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