La Cour réprimande la tentative d’accuser un arabe de la mort de son cousin tué par des policiers
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La Cour réprimande la tentative d’accuser un arabe de la mort de son cousin tué par des policiers

Le juge approuve partiellement la demande d’extension de détention mais spécifie "qu’il n’y a aucune base pour inculper l’accusé d’homicide"

Ali Nimr est présenté à la cour de Jérusalem, le 8 septembre 2016. (Crédit : Flash90)
Ali Nimr est présenté à la cour de Jérusalem, le 8 septembre 2016. (Crédit : Flash90)

La Cour des magistrats de Jérusalem a approuvé la prolongation de la détention d’un jour d’un homme arabe accusé par la police du meurtre de son propre cousin, qui a été tué par les tirs de la police des frontières à Jérusalem Est la semaine dernière. Le juge a cependant également critiqué vivement la tentative de faire accuser l’homme d’homicide.

Ali Nimr conduisait près de du camp de réfugiés de Shuafat avec son cousin Mustafa Nimr, lundi dernier dans la matinée, lorsque les forces israéliennes ont suspecté que la conduite déconcertante annonçait une attaque à la voiture bélier, et ils ont donc ouvert le feu sur la voiture.

Mustafa Nimr a été tué sur le coup.

La police a accusé Ali de la mort de son cousin, de l’imprudence de sa conduite ayant conduit la police à ouvrir le feu. L’enquête de police a donc accusé Ali d’homicide, qui conduisait sous influence et a violé de nombreuses règles de circulation.

Bien que le juge qui présidait l’audience pour statuer sur la demande de détention a accordé la requête d’étendre la détention de Nimr, il s’est montré très critique.

« Je ne comprends pas comment toutes ces accusations ont pu être incluses dans la demande de détention, en dépit du fait que j’ai clairement dit qu’il n’y a avait aucun fondement pour inculper l’accusé d’homicide ou d’homicide involontaire », a déclaré le juge David Shaul Gabai Richter.

Un garde-frontière dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est, le 18 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Un garde-frontière dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est, le 18 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Il a pris note des résultats préliminaires de l’autopsie qui semblent indiquer que la mort de Mustafa est due aux tirs et non pas à la conduite de son cousin.

Richter a également reproché à la police d’avoir prolongé l’enquête, malgré « tout le temps qui leur avait été accordé » par la cour.

Richter a tout de même statué que le comportement d’Ali était « risqué et que les conséquences devaient être prises en considération. »

« L’accusé a certainement sa part de responsabilité dans l’usage de drogue et d’alcool au volant. Mais je pense qu’il y a un décalage entre l’attitude de l’accusé et les conséquences de cet accident, à savoir la mort de son cousin, a déclaré le juge. Et c’est pourquoi je crois qu’il n’y a aucune raison de l’accuser de la mort. »

La semaine dernières, la police avait déclaré que les officiers ont ouvert le feu sur la voiture « car elle continuait dans leur direction rapidement » et ne réagissait pas aux injonctions d’arrêt.

La police relate qu’Ali a avoué conduire sous influence au moment des faits et a plus tard déclaré que son « attitude et gestion de l’évènement » a causé la mort de son cousin. Une déclaration de police la semaine dernière a dit qu’Ali fait l’objet d’une enquête pour homicide, homicide involontaire, conduite sans permis, conduite sous influence et mis en danger.

Cependant, une vidéo de la scène diffusée mardi par la Dixième chaine laisse planer un doute sur les affirmations des policiers. Dans la vidéo, on peut voir les policiers tirer sur le véhicule alors qu’il était déjà à l’arrêt.

Mercredi, le ministre de la justice avait déclaré qu’une enquête était en cours afin de déterminer si l’usage de la force par la police des frontières était justifié.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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