La détention du suspect de l’agression d’un journaliste prolongée de 3 jours
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La détention du suspect de l’agression d’un journaliste prolongée de 3 jours

Michael Ben-Sasson qui aurait agressé et poignardé le journaliste Daniel Siryoti, a été condamné la semaine dernière pour l'homicide d'un autre homme en 2011

Daniel Siryoti, un journaliste d'Israel Hayom qui indique avoir été agressé par un groupe d'hommes ultra-orthodoxes en raison de son métier, le 27 octobre 2019 (Capture écran/la Treizième chaîne)
Daniel Siryoti, un journaliste d'Israel Hayom qui indique avoir été agressé par un groupe d'hommes ultra-orthodoxes en raison de son métier, le 27 octobre 2019 (Capture écran/la Treizième chaîne)

Le tribunal a prolongé dimanche de trois jours la détention d’un homme soupçonné de faire partie d’une bande ayant agressé, poignardé et roué de coups un journaliste alors qu’il était en reportage dans la ville de Kiryat Ata, au nord du pays.

Michael Ben-Sasson, 26 ans, de Kiryat Ata, a été arrêté dans le cadre de l’agression du journaliste Daniel Siryoti, d’Israel Hayom, et a été condamné le lendemain pour homicide dans une autre affaire.

Siryoti a indiqué à son journal qu’il avait perdu six dents dans l’agression et souffert d’une commotion cérébrale, mais a réussi à se protéger le ventre d’un coup de couteau imminent.

Il tentait d’interviewer la famille d’une femme morte dans un accident de la route plus tôt dans la journée lorsqu’un groupe d’hommes est venu à sa rencontre, qu’il a décrits comme « visiblement religieux depuis peu » sans autre précision.

« Ils ont remarqué que j’avais un autocollant de journaliste sur mon pare-brise et m’ont demandé si j’étais journaliste. Ils se sont mis à m’insulter et à dire que nous étions des traîtres, qu’on était tous de gauche », a rapporté Daniel Siyroti.

« À un moment, l’un des hommes est arrivé avec un vélo électrique, sur lequel il transportait un enfant, et a tenté de me bloquer le passage. Je lui ai dit qu’il mettait le petit en danger ».

Saniel Siyroti indique que c’est là que le groupe a commencé à s’en prendre à lui, lui assénant des coups de poing, lui cassant des dents et tenter de le poignarder à l’estomac.

« Je me suis protégé et j’ai été poignardé au doigt », a-t-il ainsi expliqué. « Les autres m’ont frappé au visage et m’ont cassé des dents. Quelqu’un est arrivé avec un couteau à cran d’arrêt, puis ils ont hurlé, ‘Poignarde-le, poignarde-le’ ».

L’agression aurait pris fin à l’arrivée d’un homme et d’une femme. La femme aurait alors dit aux agresseurs « si vous voulez le poignarder, il faudra d’abord me passer dessus », avant de raccompagner le journaliste jusqu’à sa voiture avec l’aide de l’homme.

Ben Sasson a été arrêté mercredi dernier et fait figure de suspect principal de l’agression. Vendredi dernier, la police a déclaré au tribunal de Krayot que Siryoti avait identifié Ben-Sasson comme étant l’un des agresseurs et celui qui avait porté le coup de couteau.

La police a parlé d’un « suspect très dangereux », ajoutant « qu’il a eu de la chance que ça ne se soit pas terminé en meurtre ».

Vendredi, la cour avait déjà prolongé sa détention de deux jours.

Jeudi, dans le cadre d’une négociation de peine, le tribunal du district de Haïfa a inculpé Ben-Sasson d’homicide pour avoir poignardé Matan Edelstein en 2011.

Durant une altercation entre les deux hommes, Ben-Sasson avait poignardé Edelstein, qui décéda peu après. Il avait ensuite pris la fuite et resta en cavale pendant trois ans avant de finir par se rendre.

La mère de la victime avait réussi à retrouver un témoin oculaire et l’avait persuadé de lui décrire précisément ce qui s’était passé. Leur conversation était secrètement enregistrée par la police, a rapporté Israel Hayom vendredi. Cependant, si le témoin avait initialement accepté de témoigner contre Ben-Sasson, il a fini par fuir le pays avant de témoigner devant la cour. L’affaire a donc été suspendue en 2014.

C’est en février dernier que l’affaire a été rouverte. Ben-Sasson a accepté une négociation de peine, dans le cadre de laquelle il a reconnu l’homicide, l’accusation de meurtre a ainsi été abandonnée. Les procureurs devraient réclamer une peine de 5 ans de prison et une amende de 100 000 shekels de dommages et intérêts à verser à la mère d’Edelstein. Sa condamnation devrait être prononcée début 2020.

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