La diplomatie israélienne juge « choquants » les propos de Sanders sur l’ambassade
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La diplomatie israélienne juge « choquants » les propos de Sanders sur l’ambassade

Après que le candidat juif a dit songer à transférer l'ambassade américaine à Tel Aviv, Katz a déclaré que "les gens qui soutiennent Israël auront tendance à ne pas le soutenir"

Le sénateur Bernie Sanders, candidat à l'investiture présidentielle Démocrate, parle à des journalistes après un débat pour la primaire présidentielle Démocrate, le mardi 25 février 2020 à Charleston, en Caroline du Sud. (AP Photo/Matt Rourke)
Le sénateur Bernie Sanders, candidat à l'investiture présidentielle Démocrate, parle à des journalistes après un débat pour la primaire présidentielle Démocrate, le mardi 25 février 2020 à Charleston, en Caroline du Sud. (AP Photo/Matt Rourke)

Mercredi, le ministre des Affaires étrangères Israël Katz a fustigé Bernie Sanders, actuel favori à l’investiture démocrate, pour sa remarque jugée « choquante » prononcée lors d’un débat des primaires mardi. Le candidat a indiqué que s’il était président, il envisagerait de déplacer l’ambassade américaine de Jérusalem vers Tel Aviv.

Le présentateur Major Garrett a commencé par interroger Bernie Sanders sur sa récente critique du lobby pro-Israël AIPAC. Il lui a demandé « Que diriez-vous aux Juifs américains qui pourraient être inquiets du fait que, de leur point de vue, vous ne soutenez pas assez Israël, et spécifiquement, transféreriez-vous l’ambassade américaine à Tel Aviv ? ».

« C’est quelque chose que nous envisagerions », a répondu Sanders.

« Je suis très fier d’être juif. J’ai vécu en Israël pendant quelques mois, mais je pense que maintenant, tristement, tragiquement, en Israël, avec Bibi Netanyahu, on a un raciste réactionnaire qui dirige le pays », a-t-il déploré, en appelant Netanyahu par son surnom.

« Cette remarque est choquante », a réagi mercredi Israel Katz dans un entretien avec la radio de l’armée.

Il a poursuivi son attaque contre le sénateur du Vermont, tout en prenant soin de souligner que « nous n’intervenons pas dans le processus interne aux États-Unis, qui est une démocratie forte ».

« La remarque de Sanders, qui est de culture juive, est sa deuxième contre l’État d’Israël sur des sujets qui sont au cœur de la foi juive, de l’histoire juive et de la sécurité d’Israël », a dénoncé Katz.

La première remarque avait été prononcée lors d’une conférence J Street en octobre, où Bernie Sanders avait publiquement envisagé de couper l’aide américaine à Israël et de donner ces fonds à l’aide humanitaire à Gaza afin de faire pression sur l’État juif pour qu’il limite sa politique d’implantation, entre en négociations de paix avec les Palestiniens et tente de régler la crise humanitaire dans la bande de Gaza.

« Je voudrais faire pression avec les 3,8 milliards de dollars, avait-il dit à l’époque. C’est beaucoup d’argent, et nous ne pouvons pas donner carte blanche au gouvernement israélien, ou, sur ce sujet, à n’importe quel gouvernement. Nous avons le droit d’exiger le respect des droits humains et de la démocratie ».

Israel Katz participe à une réunion de cabinet au Bureau du premier ministre à Jérusalem le 17 février 2019. (Sebastian Scheiner/Pool/AFP)

« La dernière fois, il a parlé de Gaza… sans bien comprendre la réalité, la menace, les roquettes et tout ce que nous devons affronter, comme tous ceux qui sont attaqués par l’islam radical, et nous devons nous défendre, a déclaré Katz. De fait, il voulait nous nier le droit de nous défendre ».

« Et maintenant, Jérusalem. Il n’y a aucun Juif qui n’a pas rêvé de Jérusalem pendant des milliers d’années, de revenir, et nous y sommes revenus. Je crois que le président Trump a fait quelque chose d’important, sans lien avec les désaccords internes aux États-Unis, a-t-il poursuivi. Il a reconnu la réalité que Jérusalem est la capitale du peuple juif, la capitale de l’État d’Israël ».

« Maintenant, dans le nouveau plan de paix, l’accord du siècle, il reconnaît Jérusalem dans son intégralité comme la capitale d’Israël. Nous resterons sur cette position et nous la défendrons. Bien sûr, nous agirons pour convaincre le peuple [américain] sur ce sujet. Et toute personne qui s’opposera à cela, eh bien, naturellement les gens qui soutiennent fortement Israël auront tendance à ne pas le soutenir », a prédit Katz.

De tous les candidats démocrates à l’investiture, c’est Sanders qui s’est le plus exprimé sur la question israélo-palestinienne, appelant à adopter une position plus « équitable » et plus favorable à la cause palestinienne.

Le sénateur Bernie Sanders, candidat à l’investiture présidentielle Démocrate, s’exprime lors d’un meeting de campagne à San Antonio, la samedi 22 février 2020. (AP Photo/Eric Gay)

Dimanche, Sanders avait déclaré sur Twitter qu’il ne se rendrait pas à la conférence annuelle du puissant lobby pro-Israël de l’AIPAC la semaine prochaine. Il avait souligné qu’il était « inquiet que l’AIPAC donne la voix aux responsables politiques qui font preuve d’intolérance et qui s’opposent aux droits fondamentaux des Palestiniens ».

Les liens de Sanders avec Israël remontent à longtemps. Il a passé quelques mois dans un kibboutz dans les années 1960 – une expérience qu’il a citée dans le passé pour expliquer son engagement pour la sécurité d’Israël.

« Je suis très fier d’être juif et j’ai hâte de devenir le premier président juif, avait-il indiqué lors de la conférence de J Street en octobre. J’ai passé de nombreux mois dans un kibboutz en Israël. Je crois sincèrement qu’Israël a non seulement le droit d’exister, mais aussi le droit d’exister en paix et en sécurité. Cela ne fait aucun doute ».

« Mais je crois aussi, a-t-il dit, que le peuple palestinien a également le droit de vivre en paix et en sécurité ».

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