La famille de Yaqoub Abou al-Qiaan, tué par la police, réclame justice
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La famille de Yaqoub Abou al-Qiaan, tué par la police, réclame justice

Les proches du Bédouin veulent un procès, épinglant l'ex-chef de la police, un ministre et un procureur qui auraient caché que le père de famille n'était pas un terroriste

Yaqoub Mousa Abu al-Qiaan (Crédit : autorisation)
Yaqoub Mousa Abu al-Qiaan (Crédit : autorisation)

La famille d’un Bédouin tué par balles par la police en 2017 a demandé à ce que d’anciens hauts-responsables du système judiciaire et des forces de l’ordre soient traduits devant les tribunaux. Elle accuse ces derniers d’avoir dissimulé des informations qui auraient permis de déterminer que l’homme n’était pas un terroriste, contrairement à ce qui avait été affirmé à ce moment-là.

Les proches de Yaqoub Abou al-Qiaan ont ajouté que les excuses présentées, cette semaine, par le Premier ministre Benjamin Netanyahu – qui avait déclaré que le père de famille bédouin était un terroriste lors des événements – n’étaient pas suffisantes et qu’elles avaient été trop tardives.

« Il [Netanyahu] doit venir ici et demander pardon à la mère et aux enfants de Yaqoub », a dit samedi au site Walla le frère du défunt, Ahmad Abou al-Qiaan.

Netanyahu a présenté des excuses publiques, mardi soir, au nom de son gouvernement d’alors qui avait affirmé qu’Abou al-Qiaan – mortellement blessé par les balles des policiers au cours de la démolition de sa maison dans le village non-reconnu d’Umm al-Hiran, dans le Negev – était un terroriste.

Ces excuses avaient été la première reconnaissance d’un dysfonctionnement de la part d’un responsable du gouvernement, malgré l’abondance de preuves attestant qu’Abou al-Qiaan n’était pas un terroriste et qu’il n’avait pas attaqué les membres des forces de l’ordre.

Elles étaient survenues vingt-quatre heures après la diffusion d’un reportage sur une chaîne de télévision qui avait accusé la police et les procureurs d’avoir couvert la police dans des dossiers variés – dont celui de cette fusillade – pour éviter de jeter le doute sur le système qui enquêtait alors sur les affaires de corruption visant Netanyahu.

Ce qui a également amené certains à s’interroger sur les motivations profondes du Premier ministre à présenter ses excuses.

L’ancien chef de la police israélienne Roni Alsheikh lors d’une conférence à Kfar Maccabiah, Ramat Gan, le 8 janvier 2019. (Flash90)

Ahmad Abou al-Qiaan a demandé que Ronni Alsheikh et Gilad Erdan, qui étaient respectivement commissaire de la police israélienne et ministre de la Sécurité intérieure au moment de la fusillade, soient traduits devant la justice pour avoir déclaré que son frère était un terroriste ayant prêté allégeance à l’Etat islamique.

« Alsheikh s’est comporté de manière agressive. Sa décision [d’étiqueter comme terroriste Abou al-Qiaan] a été rapide et hâtive », a commenté Ahmad Abou al-Qiaan. « Lui et Erdan doivent présenter leurs excuses et passer devant un tribunal. »

Il a également prétendu que le procureur d’Etat de l’époque, Shai Nitzan, avait tenté de couvrir la police sur la base du reportage diffusé par la Douzième chaîne.

« Il a aidé à les couvrir et je ne sais pas pourquoi… Les gars du Shin Bet, qui sont habituellement honnêtes, avaient dit dès le début que ce n’était pas un attentat terroriste », a continué Abou al-Qiaan.

Il a répété l’appel lancé par sa famille qui réclame des indemnisations pour les enfants de son frère.

Ahmad Abou al-Qiaan. (Capture d’écran : Walla news)

Pour Raed Abou al-Qiaan, le neveu de Yaqoub, les excuses de Netanyahu ont été « une première étape ».

« Le Premier ministre aurait dû nous écouter dès le début. Nous ne le croirons que lorsqu’il viendra voir notre famille et nous dire : ‘Je vous demande pardon' », a-t-il continué.

Il a poursuivi en disant que la famille avait l’intention de porter plainte contre Alsheikh, Nitzan et Erdan, qui est maintenant ambassadeur israélien aux Nations unies.

« Ces trois hommes ont blanchi ceux qui ont massacré [Yaqoub], ce qui révèle aussi le degré de racisme de ces politiques. Dans leur cas, et même s’ils demandent pardon, je ne l’accepterai pas », s’est exclamé Raed Abou al-Qiaan.

Nitzan a fait savoir, au cours d’une série d’apparitions dans les médias, qu’il n’avait jamais dit qu’Abou Qiaan était un terroriste et qu’il n’avait jamais soutenu les conclusions tirées par la police dans le dossier. Il a également déclaré que Netanyahu était un homme qui n’était « que mensonges » pour avoir insinué que la police avait tenté de couvrir son erreur commise dans le dossier d’Abou al-Qiaan dans le seul objectif de lui nuire personnellement.

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