La famille d’Hannah Bladon, poignardée à mort à Jérusalem, est “dévastée”
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Quand Bladon a été poignardée, elle était près de la sortie du tramway, à côté du terroriste palestinien, parce qu’elle avait laissé sa place à une femme qui avait un bébé

La famille d’Hannah Bladon, poignardée à mort à Jérusalem, est “dévastée”

Rivlin rappelle que “le terrorisme ne pourra jamais nous vaincre” après qu’un Palestinien de Jérusalem Est, qui sortait d’un hôpital psychiatrique, a tué l’étudiante britannique de 21 ans

Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans qui a été poignardée à mort par un terroriste palestinien à Jérusalem, le 14 avril 2017. (Crédit : UK Foreign and Commonwealth Office)
Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans qui a été poignardée à mort par un terroriste palestinien à Jérusalem, le 14 avril 2017. (Crédit : UK Foreign and Commonwealth Office)

La famille d’une étudiante britannique assassinée vendredi dans une attaque terroriste à Jérusalem a déclaré qu’elle était « dévastée » par sa mort dans une « attaque tragique et absurde. »

Hannah Bladon, 21 ans, a été poignardée à plusieurs reprises avec un couteau de cuisine par un terroriste palestinien dans le tramway de Jérusalem. Elle a été grièvement blessée puis a succombé à ses blessures.

Samedi, sa famille a déclaré, dans un communiqué, qu’Hannah « était la fille la plus attentive, la plus sensible et la plus compassionnelle que l’on pourrait souhaiter. »

Dans ce communiqué, la famille a également souligné qu’Hannah était « une étudiante talentueuse », une « joueuse de rugby enthousiaste » et « une fervente supporter de Derby County ».

« Elle était passionnée, et sa mort laisse tant de promesses en suspens. »

L'entrée de l'université hébraïque de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Wikimedia Commons)
L’entrée de l’université hébraïque de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Wikimedia Commons)

Bladon étudiait la religion, la théologie et l’archéologie à l’université de Birmingham depuis 2015. Dans le cadre de ses études, elle avait entamé un semestre d’échange à l’université hébraïque de Jérusalem en janvier, qu’elle devait achever en septembre.

Sa famille a indiqué qu’elle revenait d’une fouille archéologique quand elle a été tuée.

L’université hébraïque a présenté ses condoléances à la famille, déclarant dans un communiqué qu’elle « condamne de tels actes de terrorisme qui blessent des personnes innocentes, en particulier une étudiante venue à Jérusalem pour étudier et élargir son horizon académique. »

En janvier, Bladon avait écrit sur Facebook qu’elle allait bien, en réponse à des inquiétudes de ses proches pour sa sécurité pendant la vague d’attaques terroristes palestiniennes qui a commencé en octobre 2015.

« Merci les gars, je vais bien, merci !, avait-elle écrit. La sécurité est vraiment bonne sur le campus, donc pas d’inquiétude pour l’instant. J’ai réussi à voir beaucoup de sites avant de commencer mes cours aujourd’hui, donc je passe vraiment un bon moment ! »

La publication était accompagnée d’une photographie du Dôme du Rocher, sur le mont du Temple de la Vieille Ville de Jérusalem.

La police sur les lieux d'une attaque terroriste dans laquelle Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans (insert, autorisation), a été tuée dans le tramway de Jérusalem, près de la place Tsahal, le 14 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La police sur les lieux d’une attaque terroriste dans laquelle Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans (insert, autorisation), a été tuée dans le tramway de Jérusalem, près de la place Tsahal, le 14 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’attaque terroriste a été condamnée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin, qui ont également présenté leurs condoléances à la famille de Bladon.

Dans un communiqué, Netanyahu a déclaré que, « au nom de tout le peuple d’Israël, je présente mes condoléances à la famille de la jeune fille assassinée. »

« Le terrorisme islamique radical frappe les capitales dans le monde entier », a-t-il ajouté, en référence à une série d’attentats en Suède, au Royaume-Uni et dans d’autres pays. « Malheureusement, il frappe aujourd’hui dans la capitale d’Israël, Jérusalem. »

Rivlin a déclaré être « envahi par la tristesse » après le meurtre, ajoutant que le « terrorisme ne peut jamais nous vaincre. Le terrorisme ne détruira jamais nos vies ici. »

Le président Reuven Rivlin, à Jérusalem, le 4 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le président Reuven Rivlin, à Jérusalem, le 4 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Danny Danon, a lui aussi présenté vendredi ses condoléances à la famille, et ajouté sur Twitter que l’Autorité palestinienne « devait être tenue pour responsable ».

Le député du Likud Avi Dichter, qui préside la commission des Affaires étrangères et de la Défense et est un ancien directeur du Shin Bet, a déclaré que l’attaque, au moment où les Juifs du monde célèbrent Pessah et que les chrétiens fêtent le Vendredi Saint, était « douloureuse et triste. »

Isaac Herzog, le chef de l’opposition, a écrit sur Facebook que c’était un « triste jour » où « une vie de plus était perdue » dans une « difficile attaque terroriste. » Il a présenté ses condoléances à la famille de Bladon.

Le Conseil des représentants des Juifs britanniques a déclaré sur Twitter, avant que la jeune femme ne soit identifiée, que « nos cœurs sont avec la famille de la Britannique assassinée par un terroriste à Jérusalem, une attaque impie alors que la ville fête Pessah et le Vendredi Saint. »

L'ambassadeur d'Israël au Royaume-Uni, Mark Regev, sur la BBC, le 1er mai 2016. (Crédit : capture d'écran BBC)
L’ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni, Mark Regev, sur la BBC, le 1er mai 2016. (Crédit : capture d’écran BBC)

Mark Regev, l’ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni, a écrit sur Twitter que « mes pensées sont avec la famille et les amis de l’étudiante britannique Hannah Bladon, qui a été assassinée dans un acte de terrorisme absurde à Jérusalem aujourd’hui. »

Ira Kirschner, la directrice du bureau de la vie étudiante de l’école Rothberg, a déclaré à la Dixième chaîne que Bladon était « très polie », ce qui avait donné l’impression qu’elle était timide quand elle était arrivée pour la première fois à l’université. « Mais elle n’était pas comme ça. Elle était aventureuse, et était venue ici pour vivre des expériences, rencontrer des gens, apprendre à connaitre l’histoire de l’Etat. »

Quand Bladon a été poignardée, elle était près de la sortie du tramway, à côté du terroriste palestinien, parce qu’elle avait laissé sa place à une femme qui avait un bébé, a annoncé samedi la télévision israélienne.

Le terroriste a été identifié par le Shin Bet comme Jamil Tamimi, 57 ans, du quartier de Ras al-Amoud de Jérusalem Est. Il a déclaré aux enquêteurs qu’il avait attaqué Bladon parce qu’il voulait mourir et qu’il espérait que le soldat qui était à côté d’elle dans le train le tuerait, a annoncé la Deuxième chaîne, qui a décrit l’attaque comme une « attaque de tentative de suicide ».

Jamil Tamimi, 57 ans, qui a poignardé et tué Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans, à son arrivée à la cour des magistrats de Jérusalem, le 15 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Jamil Tamimi, 57 ans, qui a poignardé et tué Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans, à son arrivée à la cour des magistrats de Jérusalem, le 15 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tamimi rentrait chez lui après un séjour dans un hôpital psychiatrique dans le nord d’Israël quand il a poignardé Bladon. Cette année, Tamimi avait tenté de se suicider en avalant une lame de rasoir, selon le Shin Bet.

Il avait appelé sa famille en arrivant à Jérusalem, et parlé à l’un de ses fils, qui lui avait dit que la famille ne voulait plus le voir, en partie parce qu’il a été condamné pour avoir agressé sexuellement sa fille en 2011.

Il a dit aux enquêteurs qu’il pensait n’avoir « rien à perdre ». Il a acheté un couteau dans la Vieille Ville et pris le tramway à la porte de Damas, peu avant 13h00. En voyant un soldat armé à bord, il a décidé d’attaquer la jeune femme, Bladon, qui était juste à côté. Il a sorti de son sac le couteau qu’il venait d’acheter, et l’a poignardée à plusieurs reprises, la blessant fatalement.

« C’est un autre exemple, parmi de nombreux, d’un Palestinien souffrant d’un problème personnel, mental ou moral qui choisit de mener une attaque terroriste pour échapper à ses problèmes », a déclaré le Shin Bet dans un communiqué.

« Je l’ai attaquée pour que le soldat me tire dessus », a déclaré Tamimi aux enquêteurs selon la Deuxième chaîne.

Un tribunal de Jérusalem a ordonné dimanche que Tamimi reste en détention et passe une évaluation psychiatrique.

La police sur les lieux d'une attaque terroriste dans laquelle Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans, a été tuée dans le tramway de Jérusalem, près de la place Tsahal, le 14 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La police sur les lieux d’une attaque terroriste dans laquelle Hannah Bladon, étudiante britannique de 21 ans, a été tuée dans le tramway de Jérusalem, près de la place Tsahal, le 14 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les forces de sécurité sont en haute alerte pendant les fêtes de Pessah et de Pâques, quand des centaines de milliers de personnes se rendent à Jérusalem. L’armée a imposé une fermeture de la Cisjordanie pour la durée des fêtes.

Même si une chute marquée des violences a été enregistrée ces derniers mois par les responsables de la sécurité, 40 Israéliens, deux Américains, une Britannique, un Palestinien et un Erythréen ont été assassinés dans des attaques au couteau, à main armée et à la voiture bélier depuis octobre 2015.

Selon les chiffres de l’AFP, quelque 250 Palestiniens, un Jordanien et un migrant soudanais ont également été tués, la plupart d’entre eux pendant qu’ils menaient des attaques contre des Israéliens, selon Israël, et beaucoup d’autres pendant des affrontements avec les troupes en Cisjordanie et à la frontière gazaouie, ainsi que pendant des bombardements israéliens sur la bande de Gaza.

La série d’attentats palestiniens qui a commencé à l’automne 2015 a été surnommée l’intifada des « loups solitaires », car beaucoup des attaques ont été menées par des individus qui n’étaient pas liés à des groupes terroristes.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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