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La fille de l’adjoint au maire de Shfaram tuée dans l’explosion d’une voiture piégée

Une bombe était accrochée au véhicule de Johara Khnifes, 28 ans ; son père reconnaît qu'il était peut-être lui-même la cible mais il dit n'avoir reçu aucune menace

Johara Khnifes (Autorisation)
Johara Khnifes (Autorisation)

La fille d’un adjoint au maire de Shfaram, une ville du nord du pays, a été tuée lors d’une attaque à la voiture piégée dans la soirée de mardi.

Les secours ont fait savoir qu’à leur arrivée, le véhicule était en feu. Ils ont immédiatement prononcé la mort de Johara Khnifes, 28 ans.

La police a ouvert une enquête et des barrages routiers ont été dressés dans le secteur. Il n’y a pas encore eu d’arrestation dans ce dossier.

Une enquête préliminaire a révélé que l’explosif avait été accroché au véhicule.

Le père de la défunte, Faraj Khnifes, a salué la mémoire de sa fille et il a suggéré qu’il était possible qu’il ait été lui-même la cible visée dans cet attentat, même s’il n’avait pas connaissance de menace à son encontre.

« C’était une fleur et elle ne faisait aucun mal à personne. Peut-être l’attaquant me recherchait-il, moi, et cela aurait été mieux qu’il me prenne à sa place », a-t-il déclaré devant les caméras de la chaîne Kan.

La scène de l’explosion à la voiture piégé qui a coûté la vie à Johara Khnifes, le 7 juin 2022. (Crédit : Services des incendies et des secours)

« C’est dur à digérer – on a l’impression d’être dans un cauchemar. Le Moyen-Orient est cruel, parfois les gens y paient un prix alors qu’ils n’ont commis aucune injustice », a-t-il dit au micro de la radio militaire.

« Nos cœurs sont brisés et il est difficile pour nous d’être à la maison sans elle », a-t-il expliqué au site d’information Ynet. « Je suis une personnalité politique et sociale connue dans la société arabe, une personnalité publique élue depuis de nombreuses années. »

« Je viens toujours en aide sans hésitation à ceux qui en ont besoin et je mène une vie normale. Je ne m’attendais pas à subir des violences. J’espère que la police retrouvera les meurtriers et qu’ils seront traduits en justice », a-t-il continué.

Johara Khnifes avait donné une interview, l’année dernière, dans laquelle elle déplorait les violences dans les communautés arabes.

« Le phénomène de la violence est l’un des plus négatifs pour nous, nous ne nous sentons pas en sécurité dans notre communauté et cela gêne nos avancées personnelles dans tous les domaines, cela entraîne la peur parmi tous les membres de la société arabe », avait-elle dit au mois de novembre au site internet Arab 48 en novembre.

Elle avait aussi participé à une vidéo récente filmée dans le cadre d’une campagne contre les violences.

Selon Ynet, Johara Khnifes était la petite-fille de Saleh Khnifes, un leader de la communauté druze qui avait été député dans les 2e et 3e Knesset de l’Histoire du pays sous l’étiquette du parti Progrès et Travail, lié au Mapaï.

Les communautés arabes connaissent une recrudescence des violences depuis quelques années, des violences entraînées majoritairement par le milieu du crime organisé.

Les Arabes israéliens, pour leur part, blâment la police qui, selon eux, n’a pas réprimé les puissantes organisations de la pègre et ignore très largement les violences – querelles familiales, guerre entre gangs et violences faites aux femmes. La communauté souffre également de décennies de négligences.

La mort de Johara Khnifes est le 32e meurtre commis dans la communauté arabe, cette année. Cinq victimes étaient des femmes.

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