La Haute cour à la police : expliquez la détention des corps des terroristes palestiniens
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La Haute cour à la police : expliquez la détention des corps des terroristes palestiniens

Le jugement intervient en réponse à une pétition de familles de Jérusalem Est qui affirment qu’Israël refuse de rendre les corps pour les funérailles

Funérailles de trois Palestiniens tués par les forces de sécurité israéliennes pendant qu'ils menaient une attaque fatale à Jérusalem, tuant Hadar Cohen, 19 ans, à Qabatiya, près de Jénine, en Cisjordanie, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Jaafar Ashtiyeh)
Funérailles de trois Palestiniens tués par les forces de sécurité israéliennes pendant qu'ils menaient une attaque fatale à Jérusalem, tuant Hadar Cohen, 19 ans, à Qabatiya, près de Jénine, en Cisjordanie, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Jaafar Ashtiyeh)

La Haute cour de justice a ordonné lundi à la police israélienne d’expliquer pourquoi elle retenait les corps des Palestiniens de Jérusalem Est tués pendant qu’ils menaient des attaques contre des Israéliens ces derniers mois, et n’avait pas rendu leurs dépouilles aux familles pour qu’ils puissent être enterrés.

Le jugement a eu lien en réponse à une pétition de plusieurs familles qui ont déclaré que les autorités israéliennes avaient refusé de rendre les corps de leurs proches alors qu’elles avaient accepté les conditions d’enterrement pendant des funérailles discrètes.

La police a trois semaines pour donner une explication à la cour.

La cour était déjà intervenue cette année dans une affaire similaire, et avait ordonné aux autorités de restituer le corps d’une Palestinienne tuée par des gardes-frontières en mai, alors qu’elle tentait de poignarder des soldats israéliens à un checkpoint du nord de Jérusalem.

A ce moment, la police avait déclaré à la cour qu’elle craignait que les funérailles des attaquants décédés, qui ont été tués pendant qu’ils poignardaient, tiraient sur ou dirigeaient leurs véhicules contre des Israéliens pendant ces sept derniers mois, ne se transforment en rassemblements de masse en soutien d’autres attaques terroristes.

La police avait finalement accepté de restituer les corps quand les familles s’étaient engagées à organiser des funérailles privées qui ne comprendraient pas d’appels à des attaques supplémentaires.

Cette pratique a été mise en place de manière incohérente, notamment parce que les corps des terroristes qui ont attaqué des Israéliens en Cisjordanie sont sous juridiction du ministère de la Défense, alors que ceux qui ont été tués au sein de la Ligne verte dépendent du ministère de la Sécurité intérieure.

Quand deux terroristes palestiniens de la région de Hébron ont tué quatre personnes et en ont blessé 16 pendant une fusillade dans le centre de Tel Aviv en juin, Avigdor Liberman, ministre de la Défense, a ordonné une pause dans la restitution des corps des attaquants palestiniens de Cisjordanie.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, avant la réunion hebdomadaire du gouvernement à Jérusalem, le 3 janvier 2016. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)
Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, avant la réunion hebdomadaire du gouvernement à Jérusalem, le 3 janvier 2016. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, a appelé ces derniers mois Israël à renouveler sa politique de la deuxième intifada et d’enterrer les Palestiniens tués pendant qu’ils menaient des attaques dans un cimetière spécial, plutôt que de les rendre à leurs familles.

Le sujet est devenu un point de friction avec les Palestiniens. Des affiches des morts sont placardées sur les murs de Jérusalem Est et de la Cisjordanie, et les habitants organisent souvent des manifestations appelant à la restitution des corps.

Les responsables israéliens ont expliqué que le délai pour restituer les corps a pour but de diminuer l’importance attachée à une attaque en particulier, et de réduire ainsi la participation aux funérailles.

Depuis octobre, 35 Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été assassinés pendant la vague de terrorisme palestinien et de violence. Environ 200 Palestiniens ont également été tués – les deux tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

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