La Haute-cour à l’Etat: expliquez l’expansion de l’autonomie des juifs à Hébron
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La Haute-cour à l’Etat: expliquez l’expansion de l’autonomie des juifs à Hébron

Les Palestiniens clament que l'ordonnance militaire établissant une nouvelle instance consacrée aux besoins en infrastructures des habitants juifs saperait leur propre autorité

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Une vue générale de la ville de Hébron, en Cisjordanie, avec le tombeau des patriarches, le 18 janvier 2017 (Crédit :  Lior Mizrahi/Flash90)
Une vue générale de la ville de Hébron, en Cisjordanie, avec le tombeau des patriarches, le 18 janvier 2017 (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

La Haute-cour de justice a ordonné à l’Etat mercredi d’expliquer la légalité d’une récente décision prônant l’expansion de l’autonomie des habitants d’implantation israéliens dans la ville divisée de Hébron, en Cisjordanie.

Le panel de trois magistrats a donné à l’Etat 120 jours pour expliquer pourquoi il ne révoquerait pas une ordonnance militaire transférant les responsabilités induites par les besoins en infrastructure des habitants israéliens – électricité, pavage des routes, traitement des eaux usées – des mains de la municipalité palestinienne de la ville à une nouvelle commission israélienne placée sous la juridiction du ministère de l’Intérieur, qui supervise l’autorité locale.

L’ordonnance signée au mois d’août 2017 par le commandement central de l’armée israélienne a été saluée par les ministres de droite, qui y ont vu une initiative qui renforcera la communauté juive dans cette ville poudrière.

« Je suis déterminé à poursuivre les implantations afin qu’elles fleurissent et qu’elles prospèrent et je le ferai avec responsabilité et discrétion », avait commenté le ministre de la Défense Avigdor Liberman concernant la décision qu’il avait autorisée.

Les locaux israéliens avaient déclaré que l’ordonnance militaire permettrait « la régulation de la vie normale et des services municipaux ».

Mais les autorités palestiniennes de la ville ont estimé que cette initiative était illégale et restait volontairement vague en ce qui concerne la population que la nouvelle municipalité est autorisée à servir.

Des agents de la police des frontières enlèvent des structures placées par les habitants d’implantation israéliens dans la maison Machpela, un site controversé situé dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 26 juillet 2017 (Crédit : order AFP Photo/Hazem Bader)

Sous les termes du protocole de Hébron qui a été signé au mois de janvier 1997 par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la ville la plus peuplée de Cisjordanie a été divisée en deux sections. La zone H1 comprend 80 % de la ville et est placée sous contrôle palestinien. Dans la zone H2, 500 habitants d’implantation israéliens vivent dans des complexes fortifiés lourdement gardés par l’armée israélienne au milieu de 40 000 Palestiniens dont les mouvements sont hautement restreints.

L’instance municipale créée par l’ordonnance militaire du mois d’août servirait la population de la zone H2.

Samer Shehadeh, l’un des trois avocats représentant la municipalité de Hébron, a expliqué que l’ordonnance militaire autorise cette nouvelle instance à prendre des décisions affectant non seulement les habitants israéliens mais également les résidents palestiniens de H2.

« Les Palestiniens ont voté pour élire démocratiquement les membres de la municipalité de Hébron et cette ordonnance prive les résidents de leur représentation », a-t-il déclaré au Times of Israel.

Il a affirmé que cette nouvelle instance municipale aurait le pouvoir de renverser les décisions prises par la municipalité de Hébron.

Pour sa part, l’Etat a insisté sur le fait que l’ordonnance n’aura aucun impact sur les résidents palestiniens de la ville.

L’observatoire La Paix maintenant a expliqué que l’ordonnance militaire était une forme de compensation offerte aux habitants d’implantation de la ville qui ont appris récemment qu’ils seraient évincés d’une maison controversée à Hébron. L’organisation de gauche a qualifié la décision « d’autre illustration de la politique d’indemnisation mise en place en faveur des partisans les plus extrêmes du mouvement pro-implantation pour leurs actions illégales ».

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