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La justice allemande s’intéresse aux comparaisons restrictions sanitaires/Shoah

Dans plusieurs jugements, des militants anti-vaccin ont été condamnés à des jours-amendes pour avoir comparé les restrictions sanitaires à la Shoah, contribuant à sa banalisation

Une étoile jaune portée par un militant anti-vaccins lors d'un rassemblement à Paris, le 17 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Michel Euler, File)
Une étoile jaune portée par un militant anti-vaccins lors d'un rassemblement à Paris, le 17 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Michel Euler, File)

La justice allemande commence à s’intéresser aux comparaisons faites par les militants anti-vaccin et/ou anti-pass sanitaire entre les restrictions sanitaires mises en place pour lutter contre la pandémie de coronavirus et la Shoah, a rapporté Courrier international, citant le journal allemand Die Süddeutsche Zeitung.

En effet, ces militants et mouvements font depuis longtemps de telles comparaisons, et ce dans de multiples pays.

« Parmi les personnes qui protestent actuellement, certaines ont régulièrement recours à des comparaisons cyniques avec l’Holocauste », a rapporté le journal allemand. « Elles s’accrochent des ‘étoiles juives’ jaunes autour du cou avec les mots ‘non vacciné’ ou affirment que la situation actuelle est ‘similaire à 1933’. »

Pendant longtemps, la justice allemande n’a pas réagi. « Les enquêtes étaient abandonnées. Après avoir pesé le pour et le contre, les parquets concluaient généralement que les références à l’Holocauste n’étaient pas condamnables par la loi », indique le quotidien.

Mais cela commencerait à changer, alors que les militants n’ont pas cessé d’utiliser ces symboles, malgré les différentes critiques. Plusieurs jugements récents sont ainsi cités.

Illustration : Un manifestant tient une étoile jaune sur laquelle on peut lire « Pas de vaccin = Juif » alors que des manifestants prennent part à une manifestation à Milan, le 24 juillet 2021, contre l’introduction d’un « Pass vert » obligatoire pour les restaurants intérieurs et les lieux de divertissement, dans le but de limiter la propagation du coronavirus. (Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP)

« En Bavière, un homme de 61 ans vient d’être condamné pour avoir posté sur un groupe Facebook […] un dessin représentant l’entrée du camp de concentration d’Auschwitz avec un panneau indiquant ‘Impfen macht frei’ [‘le vaccin rend libre’]. » Cette publication lui a valu 60 jours-amendes, une peine d’emprisonnement commuée en contribution financière.

À Berlin, un internaute qui avait posté sur les réseaux sociaux la photo d’une étoile jaune estampillée « Non vacciné » a lui été condamné à une peine de 80 jours-amendes pour « incitation à la haine ». Le jugement a déterminé que la comparaison minimisait la gravité de la Shoah.

Courrier international explique que « la Cour constitutionnelle allemande préconise néanmoins la prudence dans de telles affaires ». Le journal cite le cas d’une affaire, dans laquelle le parquet de Würzburg a longuement hésité avant d’engager des poursuites contre dix manifestants anti-vaccin qui avaient arboré des autocollants ronds et jaunes avec l’inscription « non vacciné ». « Il a finalement opté pour une action en justice, ‘en raison de la proximité du lieu historique de la déportation des Juifs de Würzburg’ et des similitudes avec l’étoile jaune. Mais une victoire judiciaire n’est pas assurée », est-il écrit.

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