La Knesset devrait voter la formation d’une commission d’examen de la justice
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La Knesset devrait voter la formation d’une commission d’examen de la justice

Le projet de loi de Bezalel Smotrich pourrait déclencher une nouvelle lutte intestine au sein de la coalition

Le député Yamina Bezalel Smotrich s'exprime lors d'une session plénière de la Knesset à Jérusalem le 24 août 2020. (Oren Ben Hakoon/Pool/Flash90)
Le député Yamina Bezalel Smotrich s'exprime lors d'une session plénière de la Knesset à Jérusalem le 24 août 2020. (Oren Ben Hakoon/Pool/Flash90)

La Knesset devrait voter cette semaine la proposition d’un député de l’opposition de droite de former une commission parlementaire pour enquêter sur le système juridique israélien, ce qui pourrait déclencher un autre conflit potentiel entre les partis de la coalition Likud et Kakhol lavan.

Le député Yamina Bezalel Smotrich, initiateur du projet de loi, a partagé vendredi une vidéo du président de la Knesset Yariv Levin demandant une enquête sur un reportage télévisé alléguant que de hauts responsables des forces de l’ordre auraient couvert un grave conflit d’intérêts d’un officier de police enquêtant sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa femme afin de ne pas faire dérailler les enquêtes sur la corruption présumée du Premier ministre.

« Mercredi, ces paroles seront mises à l’épreuve lorsque ma proposition de former une commission parlementaire d’enquête sera soumise au vote en plénière. Cela restera-t-il dans le domaine de la parole ou passera-t-il finalement aussi aux actes ? », a tweeté Smotrich.

La vidéo partagée par Smotrich provient d’une séance plénière de mercredi, au cours de laquelle Levin s’est disputé avec le ministre de la Justice Avi Nissenkorn sur la proposition du député Yamina.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le ministre du Tourisme de l’époque, Yariv Levin, lors d’un vote dans la salle plénière de la Knesset, le 13 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90/Fichier)

« Notre position est claire, cette affaire doit être examinée », a déclaré Levin, membre du Likud de Netanyahu. « Il est de votre devoir de clarifier ces choses, il est de votre devoir de promettre qu’elles seront étudiées et approfondies. Il est de votre devoir d’être le premier à exiger cette enquête, non de la bloquer. »

Nissenkorn a entre-temps mis en garde le Likud contre le soutien du projet de loi et a déclaré que de telles allégations pourraient être débattues au tribunal.

« Vous ne créez pas de cette manière une brèche sur la question de la sauvegarde de l’état de droit, de la clarification des choses devant la cour, ce sont des choses qui sont au cœur des croyances de Kakhol lavan… Nous n’abandonnerons pas sur cette question », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn s’exprime lors d’une cérémonie au ministère de la Justice, le 18 mai 2020. (Shlomi Amsalem/GPO)

Les luttes intestines au sein de la coalition au sujet de cette proposition étaient semblables à une épreuve de force antérieure entre le Likud et Kakhol lavan au sujet de la proposition de la députée Yamina Ayelet Shaked de donner à la Knesset la possibilité de passer outre la Haute Cour dans les cas où le tribunal annule une nouvelle loi. Le parti Kakhol lavan a menacé de démanteler la coalition si le Likud revenait sur un accord de coalition et votait en faveur de cette mesure, ce qui déclencherait de nouvelles élections, mais le projet de loi a été invalidé lors d’un vote en plénière que les députés du Likud ont évité.

Dans son reportage de lundi, la Douzième chaîne a déclaré que de hauts responsables des forces de l’ordre avaient déposé une plainte alléguant que le surintendant Avi Rotenberg, l’enquêteur en chef chargé des allégations selon lesquelles Sara Netanyahu aurait dépensé des fonds publics à mauvais escient pour son bénéfice personnel, n’avait pas révélé à ses supérieurs en 2016 qu’il entretenait une relation extraconjugale avec Judy Nir-Mozes.

Nir-Mozes est la sœur du propriétaire du journal Yediot Aharonot Arnon Mozes, qui a été accusé avec le Premier ministre dans l’Affaire 2000. Selon les procureurs, Mozes et Netanyahu ont négocié un accord par lequel Mozes apaiserait les critiques du journal à l’égard de Netanyahu, qui en échange initierait des lois pour affaiblir la circulation du tabloïd rival Israel Hayom. Netanyahu a été accusé de fraude et d’abus de confiance, tandis que Mozes est accusé de corruption.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara lors de la cérémonie de prestation de serment du 23e gouvernement à la Knesset, le 17 mai 2020. (Alex Kolomoisky/Flash90)

Netanyahu a nié les accusations dans les trois cas, qui incluent également une accusation de corruption concernant un autre accord médiatique, alléguant qu’il est victime d’un complot de la presse, des forces de l’ordre et du système judiciaire visant à le renverser.

En juin 2019, Sara Netanyahu a été condamnée pour détournement de fonds publics dans le cadre d’un accord de plaidoyer dans une affaire de services de restauration auxquelles elle aurait illégalement eu recours à la résidence du Premier ministre.

Le reportage télévisé a montré des documents internes de la police censés révéler que, confronté à des rumeurs sur sa relation, Rotenberg les a démenties et a déclaré qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêts, et a eu accès aux documents de l’Affaire 2000.

Netanyahu a qualifié le reportage de « choquant » et de « bombe atomique » prouvant que les affaires de corruption à son encontre étaient un complot. Il a également demandé une enquête indépendante sur les accusations du reportage télévisé.

L’ancien procureur d’État Shai Nitzan, cité dans les reportages télévisés pour dissimulation, a rejeté jeudi les accusations et a accusé Netanyahu de mentir au public.

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