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La Maison Blanche dit ne pas être impliquée dans l’enquête du FBI sur Abu Akleh

L'administration cherche à atténuer le choc de l'enquête du FBI sur le meurtre de la journaliste, selon un responsable israélien qui estime que les ramifications seront minimes

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des manifestants brandissant des affiches en hommage à la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, assassinée, près de l'hôpital Augusta Victoria à Jérusalem-Est, avant la visite du président américain Joe Biden, le 15 juillet 2022. (Crédit : AP/Maya Alleruzzo)
Des manifestants brandissant des affiches en hommage à la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, assassinée, près de l'hôpital Augusta Victoria à Jérusalem-Est, avant la visite du président américain Joe Biden, le 15 juillet 2022. (Crédit : AP/Maya Alleruzzo)

La Maison Blanche a informé ses homologues israéliens qu’elle n’était pas impliquée dans la décision du FBI d’ouvrir une enquête sur le meurtre de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, a déclaré mercredi un responsable israélien au Times of Israel.

Le message semblait avoir pour but d’atténuer la fureur israélienne à l’égard de l’enquête en assurant à Jérusalem que la décision ne venait pas du sommet de l’administration, a estimé le fonctionnaire, confirmant un reportage du site d’information Axios, qui a révélé que même l’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, n’était initialement pas au courant de cette affaire.

Même si les nuances entourant les circonstances de la décision américaine venaient à être suffisantes pour satisfaire le gouvernement israélien sortant dirigé par le Premier ministre centriste Yair Lapid, il est peu probable qu’elles impressionnent le nouveau gouvernement dirigé par le leader du Likud Benjamin Netanyahu, qui s’annonce beaucoup plus belliqueux sur les questions relatives aux Palestiniens.

Quoi qu’il en soit, le fonctionnaire israélien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, estime que les « implications concrètes de l’enquête seront minimes », étant donné que les États-Unis reconnaissent déjà que le tir d’Abu Akleh n’était pas délibéré, même si la responsabilité en incombe probablement à un soldat de Tsahal.

Lapid et le ministre de la Défense sortant Benny Gantz ont également indiqué clairement qu’Israël ne coopérerait pas avec l’enquête, ce qui lierait davantage les mains des enquêteurs du FBI.

Abu Akleh, 51 ans, qui portait une veste marquée « Presse » et un casque, a été tuée par balle le 11 mai lors d’affrontements entre les troupes israéliennes et des hommes armés palestiniens qui ont éclaté après que les soldats ont mené un raid dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, dans le cadre d’une répression plus large du terrorisme.

Shireen Abu Akleh, journaliste pour le réseau Al Jazeera, se tient près d’une caméra de télévision avec la vieille ville de Jérusalem en arrière-plan. (Crédit: Al Jazeera Media Network via AP)

Si la décision d’ouvrir une enquête semblait initialement démontrer une volte-face de la Maison Blanche, l’insistance de cette dernière à dire qu’elle n’était pas à l’origine de cette démarche indique que le ministère de la Justice a pris la décision de son propre chef.

Bien que de telles enquêtes soient relativement rares, il existe certainement un précédent pour le FBI d’enquêter sur la mort d’un citoyen américain survenue &à l’étranger.

Il n’est pas inhabituel pour le FBI ou d’autres enquêteurs américains de mener des enquêtes sur des décès ou des blessures non naturels de citoyens américains à l’étranger, en particulier s’il s’agit d’employés du gouvernement. Toutefois, ces enquêtes distinctes ne sont pas la norme et il est rare, voire sans précédent, qu’elles aient lieu dans un pays allié des États-Unis comme Israël, reconnu à Washington comme ayant un système judiciaire crédible et indépendant.

« Nos pensées restent avec la famille Abu Akleh qui pleure cette énorme perte. Non seulement Shireen était une citoyenne américaine, mais elle était une journaliste intrépide dont le journalisme et la recherche de la vérité lui ont valu le respect du public dans le monde entier », a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

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