La majorité de la Liste arabe unie votera contre le « bloc du changement »
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La majorité de la Liste arabe unie votera contre le « bloc du changement »

Hadash se joint à Balad pour se prononcer contre la coalition dirigée par Lapid-Bennett ; deux députés du parti Taal d'Ahmad Tibi ne se sont pas prononcés

Les députés de la Liste arabe unie (de gauche à droite), Aida Touma-Sliman, Ayman Odeh, Ahmad Tibi, Sami Abou Shahadeh et Ofer Cassif visitent le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 10 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Les députés de la Liste arabe unie (de gauche à droite), Aida Touma-Sliman, Ayman Odeh, Ahmad Tibi, Sami Abou Shahadeh et Ofer Cassif visitent le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 10 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Au moins quatre des six députés de la Liste arabe unie, un parti majoritairement arabe, voteront contre la formation d’un gouvernement d’unité dirigé par le président de Yamina, Naftali Bennett, et le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, même s’il permet d’évincer le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les factions communistes Hadash et Maki ont publié mardi une déclaration commune indiquant que leurs trois députés – Ayman Odeh, Ofer Cassif et Aida Touma-Sliman – voteraient contre le gouvernement d’unité, qui est actuellement en cours de finalisation. Le trio rejoint Sami Abou Shahadeh de la faction ultranationaliste laïque Balad qui a annoncé la semaine dernière qu’il ne soutiendrait pas la coalition émergente Bennett-Lapid.

« Nous ne sommes pas [intéressés] par un changement de personnage, mais [par] un changement de politique, l’éradication du racisme et la résistance à l’occupation », ont déclaré Hadash et Maki, expliquant leur décision et faisant valoir, comme Balad, que les convictions de Bennett n’étaient pas moins à droite que celles de Netanyahu.

Le parti Taal d’Ahmad Tibi et ses deux députés est la seule faction restante de la Liste arabe unie à n’avoir toujours pas déclaré comment elle compte voter si la coalition dit du changement de bloc est présentée à la Knesset la semaine prochaine.

Ces dernières semaines, Tibi a indiqué sa volonté de ne pas voter lors d’un tel scrutin, en particulier si les deux députés de son parti sont nécessaires pour obtenir la majorité requise pour remplacer Netanyahu.

Toutefois, aucun des six députés de la Liste arabe unie – dont cinq ont recommandé le mois dernier que Lapid soit chargé de former le prochain gouvernement – ne sera nécessaire pour faire prêter serment au nouveau gouvernement si aucun nouveau député des huit partis de la coalition émergente ne décide de rompre les rangs.

Cela inclut le parti islamiste Raam, dont le président Mansour Abbas a déclaré mardi aux journalistes qu’il était optimiste quant à la possibilité que sa faction majoritairement arabe fasse partie de la coalition ou soutienne le gouvernement de l’extérieur. Avant de changer d’avis ce mercredi.

Des responsables anonymes du parti Raam, ont déclaré à la Douzième chaîne que les dirigeants du bloc refusaient les demandes que le Premier ministre Netanyahu avait acceptées, et que si les choses continuent de cette manière, le gouvernement ne serait pas formé. La chaîne affirme que Netanyahu a accepté ce matin d’annuler la loi Kaminitz, pénalisant les constructions illégales, si le parti s’oppose au changement de gouvernement. Cependant, il n’est pas clair qu’il puisse aller jusqu’au bout de sa démarche, n’ayant actuellement aucune coalition potentielle.

Montage : le leader de Raam Mansour Abbas, à droite, et la députée de Yamina Ayelet Shaked. (Crédit : Yonatan Sindel, Olivier Fitoussi/Flash90)

Le radiodiffuseur public Kan a déclaré que Raam avait plusieurs exigences en échange de sa coopération, notamment le gel de la loi Kaminitz pénalisant les constructions illégales – qui, selon les opposants, cible excessivement le secteur arabe -, la présidence de la commission de la Chambre à la Knesset, un plan décennal de 50 milliards de shekels pour le financement des communautés arabes et la légalisation par l’État de 14 villages bédouins non reconnus dans le Néguev.

Mais des désaccords auraient subsisté et le secrétaire général de Raam, Ibrahim Hijazi, aurait été appelé d’urgence à l’hôtel Kfar Maccabiah à Ramat Gan où les chefs de partis se réunissaient mardi soir.

Selon Kan, les désaccords concernant Raam portent sur la demande d’Abbas qui souhaite que le ministère de l’Intérieur cède des pouvoirs étendus aux conseils municipaux arabes israéliens, une demande à laquelle Shaked, qui devrait être ministre de l’Intérieur, s’oppose.

La Treizième chaîne a rapporté qu’un accord avait cependant été trouvé sur deux demandes de Raam : le gel d’une loi d’urbanisme considérée comme visant injustement la communauté arabe israélienne, et l’omission de termes relatifs à la communauté LGBTQ dans les principes clés du gouvernement.

Un certain nombre de désaccords subsistant entre les différents partis appelés à former la « coalition du changement », le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, a jusqu’à mercredi minuit pour informer le président qu’il a réussi à former un gouvernement. Les équipes de négociation devaient se réunir toute la nuit pour finaliser l’accord avant la date limite.

Lapid souhaitait annoncer avant 11 heures mercredi matin qu’il était en mesure de former un gouvernement composé de partis de droite, de centristes et de gauche, a rapporté la Douzième chaîne mardi soir, dans le but de faire en sorte que le président de la Knesset, Yariv Levin (Likud), programme un vote pour investir la nouvelle coalition le 9 juin.

Toutefois, le reportage indique que le Likud de Netanyahu cherche à savoir si Levin peut repousser un vote de confiance dans le futur gouvernement, mais il cite également une décision de l’ancienne juge en chef de la Cour suprême Miriam Naor selon laquelle le vote doit avoir lieu dans la semaine.

Naftali Bennett (à gauche), alors ministre de l’Éducation, et Yair Lapid, président de Yesh Atid, lors d’une cérémonie à Netiv Haavot, dans l’implantation d’Elazar en Cisjordanie, le 23 juillet 2017. (Gershon Elinson/Flash90)

Ce report intervient après une journée d’intenses négociations entre les dirigeants des partis centristes Yesh Atid et Kakhol lavan, des partis de droite Yamina, Tikva Hadasha, Yisrael Beytenu, du parti de gauche Meretz, du Parti travailliste de centre-gauche et de Raam.

Les partis espèrent surmonter leurs principales divergences idéologiques, mettre fin à l’impasse politique prolongée en Israël et évincer Netanyahu, le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire du pays.

Si Lapid échoue, le mandat sera soumis à la Knesset pendant 21 jours. Si aucun législateur n’est en mesure d’obtenir une majorité gouvernementale à la fin de cette période, la Knesset se dissoudra et un cinquième cycle d’élections depuis avril 2019 sera déclenché.

Le président de Yesh Atid, bien que chargé par le président Reuven Rivlin de former un gouvernement, a accepté un poste de Premier ministre par rotation, le chef de Yamina Naftali Bennett serait le premier à occuper le poste de Premier ministre.

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