La mise en examen de Netanyahu a été amendée
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La mise en examen de Netanyahu a été amendée

315 incidents liés à 230 requêtes spécifiques portant sur des changements éditoriaux faits par Walla en faveur de Netanyahu et de sa famille sont ainsi détaillés dans le dossier

Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l'actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)
Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l'actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)

Les procureurs ont déposé, dimanche, une mise en examen amendée dans les affaires de corruption contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, après que la cour de district de Jérusalem a accepté une demande déposée par les avocats du Premier ministre qui avaient déploré l’absence d’importants détails du dossier dans l’acte d’inculpation.

Le tribunal a ordonné à l’Etat d’établir une distinction claire entre le chef du gouvernement, son épouse et ses enfants dans l’acte de mise en examen et de présenter le détail d’une liste d’exemples où le Premier ministre aurait fait des requêtes auprès du magnat Shaul Elovitch pour qu’il mette en place une couverture favorable de ses actions sur le site d’information Walla, propriété de Shaul Elovitch, dans le cadre d’un accord de compromis qui aurait inclus des avantages en termes de régulation.

En échange d’une couverture positive, Netanyahu aurait mis en place des avantages régulatoires au profit des intérêts commerciaux d’Elovitch.

Dans l’Affaire 4000 – c’est ainsi que le dossier a été surnommé – Netanyahu doit répondre de pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance, et Elovitch et son épouse, Iris, sont accusés de corruption.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Walla est l’un des plus importants médias en ligne israéliens.

Des sympathisants du Premier ministre Benjamin Netanyahu manifestent devant le tribunal de district de Jérusalem pour lui apporter leur soutien, lors d’une audience de son procès concernant des allégations criminelles de corruption, de fraude et d’abus de confiance, le 19 juillet 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)

La liste détaillée comprend 315 incidents liés à 230 requêtes spécifiques portant sur des changements éditoriaux de Walla en faveur de Netanyahu et de sa famille. Ces demandent constituent un « cadeau » dans une relation « de corruption » mise en place entre les deux accusés, note l’acte d’inculpation.

Selon les procureurs, des indications laisseraient penser que le Premier ministre lui-même a été personnellement impliqué dans 150 demandes environ.

Parmi ces dernières, le changement de la formulation d’articles, rendus ainsi plus favorables au Premier ministre ; la présence prolongée d’articles positifs sur le site à son sujet, la suppression ou la modification de titres considérés comme nuisant au chef de gouvernement, ainsi que des articles négatifs sur les adversaires de Netanyahu. Un entretien avec le chef du gouvernement, considéré comme peu favorable à ce dernier, n’aurait pas non plus été publié.

L’acte d’inculpation prétend également que Walla s’est « auto-censuré dans le contexte de ces demandes ».

En réaction, Netanyahu a déclaré dimanche que « le ballon de l’Affaire 4000 a explosé ».

« Les procureurs sont parvenus à peine à trouver dix demandes soumises par le Premier ministre auprès de ce média en l’espace de quatre ans, ce qui fait une moyenne d’une requête tous les dix-huit mois, à un moment où 10 000 articles avaient été consacrés au chef de gouvernement sur Walla », a dit Netanyahu dans un communiqué.

Il a paru se référer aux réclamations dont il aurait été personnellement directement l’auteur, disant que d’autres demandes auxquelles les procureurs faisaient référence n’étaient que des requêtes routinières soumises par les porte-paroles, comme les clarifications nécessaires à apporter dans les comptes-rendus des rencontres avec des leaders mondiaux.

« Il est absurde que les procureurs qualifient de délits ces interventions de routine que peuvent faire les porte-paroles », a déclaré Netanyahu. « Et le summum de l’absurdité – il n’y a nulle part ailleurs, sur cette Terre, de mise en examen déposée contre une personnalité publique en raison de la nature d’une couverture médiatique… Mais c’est ce qui arrive lorsque l’on tente, de toutes les manières possibles, de fabriquer un dossier contre le responsable d’un gouvernement fort de droite », a-t-il continué.

Dans un autre dossier impliquant le Premier ministre, appelé « Affaire 2000 », le chef du gouvernement est accusé d’avoir tenté de passer un accord de compromis avec le propriétaire du Yedioth Ahronoth, Arnon Milchan, pour s’assurer une couverture positive de ses actions.

Il est également accusé d’avoir accepté quelque 200 000 dollars de cadeaux illicites tels que des cigares et du champagne de la part de deux milliardaires – le producteur israélien basé à Hollywood Arnon Milchan et l’homme d’affaires australien James Packer – dans « l’Affaire 1000 ».

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