La pandémie fait plonger la bourse de Tel Aviv
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La pandémie fait plonger la bourse de Tel Aviv

Des chutes ont été observées dans le monde entier ; le Dow J ones glisse du jour au lendemain ; aucun signe d'un regain de confiance en Asie

Un écran dans le hall de la Bourse de Tel-Aviv, le 9 mars 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Un écran dans le hall de la Bourse de Tel-Aviv, le 9 mars 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La Bourse de Tel-Aviv a chuté jeudi après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de coronavirus a atteint désormais un stade pandémique et que les indices ont chuté à Wall Street.

L’indice TA-35 a chuté de 8,8 % et l’indice TA-125 de 8,5 %.

Mercredi, le gouvernement a annoncé un plan d’urgence de plus de 10 milliards de shekels afin de stabiliser l’économie et de compenser certains dommages causés par la crise. Quelque 8 milliards de shekels seront versés aux entreprises, 1 milliard de shekels au système de santé, 1 milliard de shekels seront alloués au contrôle de la propagation du virus et un montant non spécifié sera alloué à l’industrie aéronautique, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Cette chute s’est fait ressentir également sur les marchés européens, qui s’écrasaient jeudi après la décision de Donald Trump de suspendre l’entrée des Européens aux Etats-Unis en raison du coronavirus, devenu pandémique selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Paris, Francfort, Londres, Milan et Madrid lâchaient environ 5 % vers la mi-journée. Par rapport au début de l’année, les principaux indices européens ont tous dévissé d’environ 25 % : un véritable krach.

A Moscou, la chute était encore plus brutale : l’indice RTS libellé en dollar perdait 10,23 % à 10H50 GMT, l’indice MOEX 6,87 %.

De leur côté, Wall Street se préparait à vivre une nouvelle séance noire. Vers 11H10 GMT, le contrat à terme sur l’indice vedette Dow Jones Industrial Average chutait de 4,82 %, celui de l’indice élargi S&P 500 de 4,40 % et celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, de 4,57 %.

Le président américain Donald Trump dévoile son plan de paix israélo-palestinien lors d’un événement en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020. (AP/Alex Brandon)

Donald Trump a annoncé la suspension dès la nuit de vendredi à samedi de tous les voyages depuis l’Europe vers les Etats-Unis (à l’exception du Royaume-Uni) pour tenter d’endiguer la propagation du Covid-19 sur le sol américain.

Seuls les citoyens américains et les résidents permanents aux Etats-Unis seront autorisés à rentrer pendant cette période, et le département d’Etat a invité dans la foulée les Américains à éviter tout voyage à l’étranger, un fait sans précédent.

« Vendez, vendez, vendez »

L’annonce de M. Trump « a pris les investisseurs par surprise » alors que les marchés attendaient plutôt d’importantes mesures de soutien à l’économie américaine, commentait Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

La « descente aux enfers » des Bourses devrait continuer à court et moyen termes, selon M. Boy.

« Vendez, vendez, vendez » : l’analyste d’AxiCorp Stephen Innes résumait ainsi l’état d’esprit dans les salles de marché après l’annonce de M. Trump, car « des restrictions de voyages veulent dire encore moins d’activité économique mondiale ».

Le discours de M. Trump a aussi fait l’effet d’une douche froide en Asie, alors que les marchés financiers encaissaient par ailleurs le choc du relèvement de l’épidémie de coronavirus au stade de « pandémie » par l’OMS.

Cette annonce de l’OMS avait déjà fait paniquer Wall Street mercredi, dont le principal indice, le Dow Jones Industrial Average, s’est effondré de 5,86% à 23.553,22 points à la clôture : une chute de plus de 20% par rapport à son dernier record en février.

Apparu en décembre dernier en Chine, le coronavirus Covid-19 a déjà infecté 125 000 personnes dans plus d’une centaine de pays et territoires, causant la mort de plus de 4 600 personnes, selon un dernier bilan établi par l’AFP.

Un trader portant un masque au siège de la KEB Hana Bank à Séoul, en Corée du Sud, le 12 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Ahn Young-joon)

Le pétrole replonge

A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé jeudi sur une chute de 4,41% à à 18.559,63 points. Il a sombré de plus de 20% depuis le début de l’année.

Le yen, valeur refuge pour les investisseurs, s’est nettement apprécié face au dollar et à l’euro. Vers 11H15 GMT le dollar valait 103,72 yens, contre 104,54 yens la veille.

A la Bourse de Hong Kong, l’indice Hang Seng s’est replié jeudi de 3,66%, tandis que les pertes ont été plus limitées sur les places de Chine continentale (-1,52 % à Shanghai, -2,2 % à Shenzhen).

Les cours du pétrole sont aussi violemment repartis dans le rouge, la suspension pour un mois des vols de l’Europe vers les Etats-Unis signifiant une baisse drastique de la consommation d’or noir, déjà en berne.

Vers 10H50 GMT le prix du baril de brut américain WTI lâchait 5,58 % à 31,14 dollars et celui du baril de Brent londonien 5,84 % à 33,71 dollars.

Le marché pétrolier avait déjà encaissé lundi sa pire chute depuis 1991, en plongeant d’environ 25% après l’échec de discussions entre les producteurs du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite, et la Russie pour réduire la production, ce qui a conduit Ryad à déclencher une guerre des prix.

Un trader à la bourse de Dubaï aux Émirats arabes unis, le 12 mars 2020 (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)

« Si cela ne convainc pas l’Arabie saoudite et la Russie de revenir à la table des négociations, je ne vois pas ce qui pourrait y arriver », a lancé Stephen Innes d’AxiCorp à propos de la suspension des vols de l’Europe vers les Etats-Unis.

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