La police britannique convoque Tzipi Livni pour l’interroger sur des crimes de guerre
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La police britannique convoque Tzipi Livni pour l’interroger sur des crimes de guerre

Pour l’ancienne ministre des Affaires étrangères, sa tentative d’arrestation est “inacceptable” ; Scotland Yard abandonne sa demande ; le chef de l’Union sioniste proteste auprès du ministre des Affaires étrangères

La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni, lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni, lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni a été convoquée la semaine dernière par la police britannique pour être interrogée sur son implication présumée dans des crimes de guerre pendant l’opération Plomb durci dans la bande de Gaza en 2008, a annoncé dimanche le quotidien israélien Haaretz.

Les injonctions, reçues par Livni jeudi, avant sa participation à la conférence Haaretz de Londres qui commence dimanche, ont été abandonnées après un échange entre diplomates israéliens et britanniques. La numéro deux de l’Union sioniste et ancienne ministre des Affaires étrangères a reçu l’immunité diplomatique.

Selon la source de Haaretz à Jérusalem, la convocation a été remise à l’ambassade israélienne à Londres avant l’arrivée de Livni, lui demandant de se présenter volontairement pour être interrogée au bureau des crimes de guerre de Scotland Yard.

Livni était membre du cabinet de sécurité du Premier ministre Ehud Olmert pendant le conflit de trois semaines entre le Hamas et Israël en 2008 – 2009. Des associations pro-palestiniennes ont à plusieurs reprises tenté de la faire accuser de crimes de guerre pendant ses visites au Royaume-Uni, mais la convocation de Scotland Yard était sans précédent.

S’exprimant dimanche pendant la conférence à Londres, Livni, qui a également été ministre de la Justice et a dirigé les négociations de paix avec les Palestiniens, a déclaré que la situation ne pouvait pas continuer.

« Le fait que les dirigeants politiques et militaires israéliens soient forcés de participer à un ‘théâtre de l’absurde’ quand nous venons à Londres est quelque chose qui n’est pas acceptable, a-t-elle déclaré. Ce n’est pas un sujet personnel. C’est un sujet moral, et c’est quelque chose qui doit être changé. »

Elle a ajouté qu’elle était « fière des décisions prises en tant que ministre du cabinet du gouvernement israélien. »

Le président de l'Union sioniste, Isaac Herzog, sur la Deuxième chaîne, le 19 mai 2016 (Crédit : capture d'écran)
Le président de l’Union sioniste, Isaac Herzog, sur la Deuxième chaîne, le 19 mai 2016 (Crédit : capture d’écran)

Le dirigeant de l’Union sioniste, Isaac Herzog, a envoyé une lettre au secrétaire des Affaires étrangères britanniques, Philip Hammond, lui demandant de changer la loi permettant aux politiciens israéliens d’être interrogés.

Il a déclaré que suite aux récentes attaques terroristes contre des Israéliens près de Hébron, « la tentative d’interroger la députée Tzipi Livni rend ridicule l’appel du gouvernement britannique à l’unité dans le combat contre le terrorisme islamiste radical, et légitime ceux qui cherchent à tuer des enfants et terroriser une société. »

Il y a un an, Livni avait évité une possible arrestation quand elle avait assisté au Sommet international Fortune des femmes les plus puissantes du monde, qui avait été considéré comme une visite effectuée à titre personnel, la laissant sans protection. Pour éviter le problème, Livni avait rencontré des responsables du gouvernement britannique, permettant au président de la Knesset d’approuver son voyage comme visite officielle.

En 2009, avant un voyage prévu, une cour britannique avait délivré un mandat d’arrêt contre Livni pour crimes de guerre présumés commis par l’armée israélienne pendant le conflit de trois semaines. Elle n’avait pas fait ce voyage.

Les avocats anglais représentant les associations pro-palestiniennes ont tiré partie à maintes reprises de failles juridiques et cherché à faire arrêter les responsables israéliens en visite dans le pays pour des violations présumées du droit international sous les termes de la juridiction universelle.

Mais en 2011, la Grande-Bretagne a modifié la loi pour qu’il soit plus difficile d’obtenir des mandats d’arrêts contre des personnalités israéliennes en demandant le consentement du directeur des poursuites publiques. La loi amendée aide ceux qui viennent en Grande-Bretagne de manière officielle. Si le voyage est de nature personnelle, la loi n’offre pas de protection.

L’année dernière, l’ancien ministre de la Défense et chef d’Etat-major Shaul Mofaz avait presque été arrêté quand il était à Londres. A ce moment, Mofaz avait été accueilli à l’aéroport par deux diplomates israéliens. Son arrestation avait été évitée par l’action rapide de l’ambassade israélienne à Londres et de l’ambassade britannique en Israël.

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