La police militaire enquête sur la mort d’un Palestinien en Cisjordanie
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La police militaire enquête sur la mort d’un Palestinien en Cisjordanie

Raid Jadullah a été tué par des soldats qui recherchaient des poseurs de bombes le long de la route 443 ; l'armée ne prétend pas qu'il tentait de commettre une attaque

Illustration : une ambulance et des troupes de Tsahal sur la route 443 près de Beit Horon, le 15 août 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Illustration : une ambulance et des troupes de Tsahal sur la route 443 près de Beit Horon, le 15 août 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La police militaire a ouvert une enquête sur la mort d’un Palestinien, abattu par les troupes israéliennes dans des circonstances peu claires près d’une autoroute en Cisjordanie.

Mardi soir, les troupes de Tsahal menaient une « activité opérationnelle proactive » sur la route 443, près d’une zone où des cocktails Molotov avaient été lancés sur des véhicules israéliens plusieurs nuits auparavant, a indiqué l’armée dans un communiqué jeudi matin.

Cette route, qui traverse la Cisjordanie et passe près de Beit Ur al-Tahta, est empruntée par de nombreux Israéliens qui se rendent à Jérusalem ou en reviennent.

Raid Jadullah, 39 ans, a été identifié dans la zone par des guetteurs de Tsahal. Les troupes ont alors ouvert le feu sur Jadullah, qui s’est enfui, a déclaré l’armée israélienne.

L’armée n’a pas précisé si Jadullah était engagé dans une activité qui justifiait son tir. En général, les soldats sont autorisés à ouvrir le feu si leur vie est en danger et si un suspect a les moyens et l’intention de commettre une attaque.

Environ une heure et demie après avoir été blessé, Jadullah est arrivé au poste de contrôle voisin de Maccabim avec des blessures par balle à la poitrine et à la jambe. Il a été soigné sur place, mais sa mort a finalement été prononcée par les autorités médicales.

Des Palestiniens participent aux funérailles de Ra’id Jadullah, 39 ans, le 1er septembre 2021 ; Jadullah aurait été abattu par les troupes israéliennes.(Crédit : WAFA)

L’armée a déclaré jeudi qu’elle enquêtait sur l’incident et annoncé l’ouverture une enquête de la police militaire, qui doit soumettre ses conclusions à l’examen du bureau du procureur militaire.

Jadullah, 39 ans, revenait de sa journée de travail en tant que jardinier en Israël, selon les médias officiels de l’Autorité palestinienne.

Ibrahim Zaki, un ami de Jadullah, a déclaré à la télévision officielle de l’AP que Jadullah les avait informés qu’il serait chez lui à 21 h 15 pour dîner. Lorsque Jadullah n’est pas arrivé, Zaki est parti à sa recherche avec le fils de Jadullah. Ils n’ont trouvé qu’une traînée de sang à l’extérieur de l’entrée ouest du village.

Jadullah, un résident de Jérusalem-Est qui avait déménagé en Cisjordanie, laisse derrière lui sa femme et leurs 5 enfants, selon le quotidien arabophone al-Quds.

« Tout le monde emprunte cette route, jusque tard dans la nuit, en particulier ceux qui travaillent à l’intérieur d’Israël », a déclaré Zaki à la télévision de l’AP.

Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a condamné la fusillade comme un « crime odieux » dans un communiqué mercredi.

La mort de Jadullah « est la dernière d’une série d’exécutions sommaires perpétrées par les forces d’occupation déployées aux points de contrôle de la mort », a déclaré le ministère.

Selon les Nations unies, 61 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués dans des affrontements avec des soldats israéliens jusqu’à présent en 2021.

Certains Palestiniens ont été abattus lors d’affrontements armés entre des personnes soupçonnées de terrorisme et des soldats israéliens, comme lors d’un incident survenu début août, au cours duquel quatre Palestiniens ont été tués dans une fusillade dans le camp de réfugiés de Jénine.

D’autres, en revanche, ont été tués dans des circonstances plus ambiguës. Mohammad al-Alami, notamment, un garçon de 11 ans de Beit Ummar, près de Hébron, a été abattu par des soldats israéliens dans une voiture à l’entrée de sa ville natale fin juillet. Les soldats pensaient que la voiture transportait des suspects qui avaient enterré un bébé à la périphérie de la ville plus tôt dans la journée.

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