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La police recherche le frère d’une jeune de 18 ans, soupçonné d’avoir tué sa sœur

Le père de la jeune femme nie toute implication de son fils dans le féminicide, survenu dans le mort du pays ; il avait menacé sa sœur en raison de son orientation sexuelle

Sarit Ahmad, 18 ans, tuée dans une fusillade dans le nord d'Israël, le 9 juin 2023. (Crédit : Réseaux sociaux ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Sarit Ahmad, 18 ans, tuée dans une fusillade dans le nord d'Israël, le 9 juin 2023. (Crédit : Réseaux sociaux ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

La police a indiqué, samedi, qu’elle soupçonnait le frère d’une jeune femme qui a été tuée dans le nord d’Israël – elle était âgée de seulement de 18 ans – d’être à l’origine de ce féminicide.

Sarit Ahmad, qui est morte vendredi alors qu’elle était assise dans sa voiture aux abords de Kisra-Sumei, une localité à majorité druze située dans l’Ouest de la Galilée, avait été menacée dans le passé en raison de son orientation sexuelle par deux de ses frères. Ces derniers avaient été arrêtés en 2021 et brièvement emprisonnés après une plainte déposée par la jeune femme.

Les forces de l’ordre ont expliqué être actuellement à la recherche de l’un d’entre eux, qui a disparu après la mort de sa sœur. Elles ont précisé avoir trouvé des éléments permettant de le lier au meurtre.

Le père d’Ahmad a estimé que ses frères ne pouvaient pas être à l’origine de la mort de sa fille.

« Sur quoi vont-ils enquêter ? Je souhaite à toutes les jeunes filles du monde d’être traitées par leurs frères comme c’était le cas pour elle », a-t-il déclaré samedi devant les caméras de la Douzième chaîne.

Selon la plainte qui avait été déposée auprès de la police par Ahmad, en 2020, l’un de ses frères avait promis de verser la somme de 200 000 shekels à celui qui la tuerait. L’autre aurait menacé « de la poignarder à l’estomac », ajoutant que « après, j’irai boire une bière comme si rien ne s’était passé ».

« Je suis un million pour cent sûr que ma fille n’a pas été prise pour cible parce qu’elle n’avait de problème avec personne », a déclaré le père samedi, ajoutant qu’il voulait connaître l’identité de l’auteur du meurtre.

Selon des informations parues dans la presse israélienne, Ahmad avait dû fuir dans un refuge pour femmes, où elle avait vécu un an, après avoir été menacée par ses frères. Le mois dernier, elle avait déposé une autre plainte auprès des forces de l’ordre après avoir été une nouvelle fois menacée par son frère, et elle avait accepté de s’installer dans un refuge à BeerSheva.

Elle avait toutefois rapidement regretté sa décision et elle était allée vivre avec sa sœur à Sajur, dans le nord du pays.

La père de la jeune fille s’est souvenu de sa dernière conversation avec elle.

« Elle m’a dit : ‘Papa, je sors’. Elle ne m’a pas dit où ; elle m’a seulement dit qu’elle partait pour quelques minutes et je lui ai répondu qu’il n’y avait pas de problème, qu’elle ne devait pas revenir trop tard », a-t-il expliqué. « Je lui ai téléphoné et elle n’a pas répondu. Je savais déjà qu’elle ne me répondrait plus. Sa mère a descendu les escaliers en courant et elle m’a dit que nous devions partir à l’hôpital. »

Selon le groupe Abraham Initiatives, qui traque les violences au sein de la communauté arabe, Ahmad a été la 99e arabe israélienne à avoir perdu la vie, cette année, dans un contexte de vague criminelle qui a connu un pic depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, il y a cinq mois.

Samedi, deux hommes ont été tués dans des incidents distincts dans le sud et dans le centre du pays, devenant les 100e et 101e victimes de ces violences qui touchent la communauté arabe pour cette année seulement.

Les critiques et les manifestants pointent du doigt le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement a été investi le 29 décembre 2022 ainsi que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Une demi-douzaine d’anciens responsables de la police ont appelé ce dernier à démissionner, vendredi, dans le contexte de ces violences endémiques.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir sur les lieux d’une fusillade qui a fait cinq morts dans le ville de Yafa an-Naseriyye, le 8 juin 2023. (Crédit : Fadi Amun/Flash90)

Samedi, des dizaines d’activistes de la communauté LGBT se sont rassemblés sur la place Habima de Tel Aviv et au carrefour de Kishor, près de la scène du meurtre, pour protester contre ces violences.

Au début de la semaine, Netanyahu avait annoncé qu’il allait former une commission suite à une rencontre avec des députés arabes pour débattre « des solutions à apporter à la vague de meurtres au sein de la communauté arabe ».

Les représentants de la population arabe israélienne réclament un passage urgent à l’action pour venir à bout de cette vague criminelle.

Netanyahu avait fait savoir, jeudi, qu’il était « déterminé à stopper les meurtres » et que pour ce faire, il n’avait pas seulement l’intention de renforcer la police mais aussi de faire appel au Shin Bet.

La police, les politiciens et les leaders de la communauté ont lutté, ces dernières années, de manière à vaincre la vague criminelle à l’origine de ces violences en spirale qui ont semblé encore se multiplier ces derniers mois.

Il y a eu une recrudescence des violences dans la communauté arabe, ces dernières années.

Un grand nombre d’Arabes israéliens en attribuent la responsabilité à la police qui, selon eux, est incapable de réprimer les puissantes mafias et qui détourne largement le regard face à ces violences – querelles familiales, guerre des gangs et violences faites aux femmes. Les communautés souffrent également de longues années de négligence de la part de l’État.

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