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La police relève la sécurité du député Ben Gvir après sa visite au Mont du Temple

Le niveau de menace contre le député d’extrême droite aurait atteint son apogée après un avertissement du Hamas, selon la police

Le politicien d'extrême droite MK Itamar Ben Gvir après avoir visité le Mont du Temple, au Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le politicien d'extrême droite MK Itamar Ben Gvir après avoir visité le Mont du Temple, au Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police a relevé la sécurité du député d’extrême droite Itamar Ben Gvir au niveau maximum, après sa visite au Mont du Temple à Jérusalem jeudi.

Selon les médias israéliens, la police aurait établi le niveau de menace autour de Ben Gvir à la cote maximale de 6 (sur 6), justifiant une escorte constante et des mesures de sécurité supplémentaires à l’extérieur de son domicile.

La visite du député provocateur au Mont du Temple s’est soldée par une promenade de 15 minutes, sous escorte policière. La visite avait suscité de vives inquiétudes quant au risque d’aviver des tensions déjà exacerbées et de déchaîner un nouveau cycle de violences avant le Ramadan.

Ben Gvir a déclaré avoir reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux préalablement à sa visite au Mont du Temple, notamment de la part du groupe terroriste du Hamas, basé à Gaza.

Ben Gvir a précisé que les menaces émanaient du porte-parole du Hamas, « et je lui conseille de se taire. Je ne sais pas pourquoi le gouvernement israélien ne s’en débarrasse pas avec une frappe ciblée. C’est un terroriste », a-t-il déclaré.

« Le sens de ma visite est clair : je ne me rends pas et je ne plie pas », a-t-il déclaré lors de sa promenade au Mont du Temple. « L’État d’Israël ne doit pas céder à ces terroristes qui veulent nous assassiner. »

Il a qualifié les autorités musulmanes du Waqf, qui administrent les sites religieux sur le mont, de « terroristes » et déclaré que « quiconque contrôlait le Mont du Temple contrôlait la Terre d’Israël. Notre ennemi le sait aussi ».

La police a donné son autorisation à la visite du député sur le lieu saint – véritable poudrière – après un point de situation, tôt jeudi matin.

L’autorisation donnée par la police a été dénoncée par de nombreux politiciens, soucieux de régler les problèmes de sécurité et calmer les tensions à l’approche du mois du Ramadan, dans la crainte d’une flambée de violence judéo-arabe semblable à celle de mai 2021.

Ram Ben Barak, chef de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, a déclaré que la police avait commis une erreur en autorisant la visite de Ben Gvir. « Ben Gvir et le Hamas ont un intérêt commun : semer le trouble », a déclaré Ben Barak, député de Yesh Atid et ancien chef adjoint du Mossad. « En ce qui concerne Ben Gvir, si la visite se passe sans incident, ce sera un rendez-vous manqué. »

Itamar Ben Gvir, membre de la Knesset, visite l’enceinte du Mont du Temple, escorté par des policiers, le 31 mars 2022. (Crédit : Capture d’écran Facebook utilisée en vertu de l’article 27a de la Loi sur le droit d’auteur)

Dans un communiqué, la Liste arabe – des partis arabes de l’opposition – a accusé la police d’être tout autant un problème que « le pyromane Ben Gvir ».

« Le gouvernement portera la responsabilité de toute flambée de violence résultant des provocations de Ben Gvir », a-t-elle déclaré, accusant à la fois le député et la police d’avoir déclenché les violences en mai 2021, qui avaient commencé par des tirs de roquettes du Hamas sur Israël en réponse à l’expulsion de familles palestiniennes de leur maison à Jérusalem.

Israël fait face à une série d’attentats terroristes meurtriers depuis la semaine dernière, qui ont coûté la vie à 11 personnes et font craindre une vague prolongée de violence palestinienne.

Mardi, cinq personnes ont été tuées par un Palestinien qui a ouvert le feu sur des passants à Bnei Brak.

Les faits se sont produits après des attentats, la semaine dernière et dimanche, à Beer Sheva et Hadera, perpétrés par des partisans du groupe terroriste État islamique, qui ont fait six morts.

En dépit des violences, Ben Gvir, membre du Parti sioniste religieux, avait promis de visiter le Mont du Temple, le site le plus saint du judaïsme, pour marquer le début du nouveau mois hébraïque. Il avait indiqué que le fait de lui refuser l’accès à l’enceinte « enverrait un message de capitulation aux terroristes et ne ferait qu’attiser davantage les flammes ».

Beaucoup considèrent Ben Gvir comme un provocateur, dont les précédentes visites sur des sites sensibles, y compris dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est au printemps dernier, ont contribué à attiser les tensions et raviver les combats.

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