La première version du programme démocrate 2020 laisse de côté « l’occupation »
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La première version du programme démocrate 2020 laisse de côté « l’occupation »

Le document politique du Parti démocrate s'oppose à la volonté de Netanyahu d'annexer des parties de la Cisjordanie, soutient une aide annuelle de 3,8 milliards de dollars à Israël

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le vice-président Joe Biden pendant un service de commémoration pour l'ancien Premier ministre israélien Shimon Peres à la congrégation Adas Israel à Washington, le jeudi 6 octobre 2016 (Crédit :  AP Photo/Zach Gibson)
Le vice-président Joe Biden pendant un service de commémoration pour l'ancien Premier ministre israélien Shimon Peres à la congrégation Adas Israel à Washington, le jeudi 6 octobre 2016 (Crédit : AP Photo/Zach Gibson)

WASHINGTON – La première version du programme de campagne du Parti démocrate américain pour les élections de 2020 s’oppose aux actions unilatérales des Israéliens et des Palestiniens qui nuisent aux chances d’une solution à deux États, y compris l’annexion proposée par Israël de certaines parties de la Cisjordanie, mais s’arrête sans mentionner « l’occupation » – , une revendication pourtant clé des militants dits progressistes.

Le document politique, élaboré mercredi, s’oppose spécifiquement à la proposition du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer des parties de la Cisjordanie, selon une copie vue par le Times of Israel. Le document final sera publié le mois prochain.

« Nous soutenons une solution négociée de deux États qui assure l’avenir d’Israël en tant qu’État juif et démocratique avec des frontières reconnues et qui respecte le droit des Palestiniens à vivre en liberté et en sécurité dans un État viable qui leur est propre », peut-on lire dans l’ébauche.

« Les démocrates s’opposent à toute mesure unilatérale de l’une ou l’autre partie – y compris l’annexion – qui compromettrait les perspectives de deux États », dit-elle.

Netanyahu songe à annexer les quelque 30 % du territoire, y compris toutes les implantations et la vallée du Jourdain, alloués à Israël dans le cadre du plan de paix de l’administration Trump, qui envisage théoriquement un État palestinien dans le territoire restant avec des échanges de terres.

Le Premier ministre israélien avait promis d’entamer le processus au début du mois de juillet, mais les efforts se sont apparemment enlisés dans les querelles internes et l’absence de feu vert de Washington. La proposition a fait l’objet de vives critiques internationales, dont une grande partie provient de l’UE, de la Jordanie et d’autres États arabes.

Le document politique du Parti démocrate a été élaboré après une audition mercredi matin par le comité de rédaction du programme du Comité national démocrate.

Le texte final – qui exposera les principales positions politiques du parti pour les quatre prochaines années – continuera à être débattu dans les semaines précédant le congrès d’août des démocrates, lorsque le contenu sera dévoilé au public.

Lors de la réunion de mercredi, un conseiller principal du sénateur du Vermont, Bernie Sanders, a imploré le comité de rédaction de reconnaître la présence d’Israël en Cisjordanie et de chercher à y mettre fin.

Le candidat démocrate à la présidence, le sénateur Bernie Sanders, Independent-Vermont, lors d’un événement de campagne, à Spartanburg, en Caroline du Sud, le 27 février 2020. (Matt Rourke/AP)

« Conclusion : le fait que les Palestiniens vivent sous occupation n’est pas un sujet de discussion sérieux », a commenté Josh Orton. « Il est important de le reconnaître, parce que les personnes vivant sous occupation se voient accorder certains droits, et ces droits doivent être maintenus et protégés ».

Il a ajouté que les 3,8 milliards de dollars annuels d’aide militaire américaine à Israël ne devraient pas être utilisés pour soutenir l’annexion.

« La droite israélienne et, malheureusement, ses partisans américains, cherchent depuis longtemps à effacer l’occupation », a-t-il déploré. « Nous ne devrions pas les aider. Et un mouvement croissant et juste au sein de notre parti estime que l’aide américaine ne devrait pas être utilisée pour faciliter l’annexion et violer les droits des Palestiniens ».

Dans ses remarques, Josh Orton a soutenu que « mettre fin à l’occupation est une question de justice raciale », en disant que les troubles sociaux que l’Amérique a connus depuis l’assassinat de George Floyd par la police devraient galvaniser les démocrates à défendre les droits humains des Palestiniens.

« À un moment où des centaines de milliers d’Américains ont défilé dans nos rues pour l’égalité et les droits civils, il est absolument nécessaire que le Parti démocrate parle franchement aux Palestiniens pour défendre ces mêmes droits », a-t-il déclaré.

Ces remarques surviennent après que le sénateur du Maryland Chris Van Hollen a présenté la semaine dernière un amendement du Sénat qui interdirait à Israël d’utiliser l’aide militaire américaine pour annexer des parties de la Cisjordanie.

La motion compte actuellement 12 autres co-signataires, dont les sénateurs du Massachusetts Elizabeth Warren, du Vermont Bernie Sanders et de Virginie Tim Kaine.

Le groupe de pression progressiste axé sur le Moyen-Orient J Street a déclaré qu’il était « heureux » que la première ébauche du programme 2020 appelle à la création d’un État palestinien, mais a également exprimé sa « préoccupation » qu’il ne fasse aucune mention de l’occupation.

« Nous espérons que cette omission sera corrigée », a tweeté le groupe. « Il ne devrait pas être du tout controversé pour le Parti démocrate de s’opposer à l’occupation en cours en 2020. »

Le programme de 2016 ne mentionne ni l’occupation ni les droits des Palestiniens.

Au lieu de cela, cette première version du programme électoral de 2020 dit que le parti « continuera à travailler à une solution à deux États du conflit israélo-palestinien négociée directement par les parties qui garantit l’avenir d’Israël en tant qu’État juif sûr et démocratique avec des frontières reconnues et qui fournit aux Palestiniens indépendance, souveraineté et dignité ».

Comme le document de 2016, le projet de programme pour 2020 s’oppose à l’incitation et à la terreur, à l’expansion des implantations et à la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël.

Il soutient le protocole d’accord entre l’administration Obama et le gouvernement Netanyahu qui garantit à Israël 3,8 milliards de dollars d’aide militaire américaine sur 10 ans.

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