La reprise à mi-temps pour les CP et CE1 jugée « ridicule » par les maires
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La reprise à mi-temps pour les CP et CE1 jugée « ridicule » par les maires

Selon le président de la fédération des autorités locales, celles-ci devraient être habilitées à décider de la réouverture du système éducatif ; le gouvernement refuse

Des élèves de CP arrivent à la rentrée à l’école Tali Geulim de Jérusalem le 1er septembre 2020 (Autorisation Noam Revkin Fenton/Flash 90)
Des élèves de CP arrivent à la rentrée à l’école Tali Geulim de Jérusalem le 1er septembre 2020 (Autorisation Noam Revkin Fenton/Flash 90)

Les autorités municipales ont fustigé lundi la décision du gouvernement d’autoriser les classes de CP et de CE1 à reprendre à mi-temps uniquement. Ils ont jugé cette solution « ridicule » car elle ne permet pas aux parents de jeunes enfants de reprendre le travail.

Dans le cadre du plan approuvé par les ministres, les élèves de CE2 et CM1 seront divisés en petits groupes et iront à l’école cinq jours par semaine. Les classes de CP et CE1 seront divisées en deux, qui iront en classe à tour de rôle, à raison de trois jours par semaine. Les élèves de CM2 continueront l’école à distance.

Le ministère de l’Éducation n’avait pas l’intention de diviser les classes de CP et CE1 en capsules et n’a pas non plus le budget pour doubler le nombre d’enseignants et de salles de classes, ce qui a conduit le ministère de la Santé a demandé à ce que les cours se déroulent en effectifs réduits.

Haim Bibas, président du syndicat des maires, a jugé cette décision « complètement ridicule et déconnectée », selon la radio de l’armée.

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein lors d’une visite au sein de l’école Chen Neryah à Alon Shvut, le jour de la rentrée, le 1er septembre 2020. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

« Dans les faits, les élèves de CP et CE1 ne retourneront pas à l’école dimanche. C’est tout une génération qui est perdue », a dit Bibas, maire de Modiin et membre observateur au sein du cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus en tant que représentant des autorités locales.

Les écoles sont fermées depuis le 18 septembre, date à laquelle un dispositif national de confinement est entré en vigueur pour faire baisser les taux d’infection. Les établissements d’accueil de la petite enfance ont été autorisés à rouvrir la semaine dernière. La violence de la seconde vague de l’épidémie, quelques semaines après la rentrée scolaire, a été attribuée à la reprise des cours, le 1er septembre.

La réouverture progressive du système scolaire intervient après que le nombre quotidien de cas a considérablement diminué après cinq semaines de fermeture. La plupart des ménages israéliens ayant deux parents qui travaillent, la relance de l’économie est directement liée à l’ouverture des écoles aux enfants pendant la journée.

Bibas a déclaré qu’il a plaidé auprès des ministres pour qu’ils ne prennent pas de décisions hâtives dimanche sur la réouverture des écoles qui seraient rejetées par les parents ou qui compromettraient leur capacité à retourner au travail.

Haim Bibas, président de la fédération des autorités locales. (Crédit : Yonatan Sindel/Flsah90)

Il a également exhorté le gouvernement à donner aux autorités locales des pouvoirs plus importants sur cette question.

« Le temps est venu pour eux de nous donner l’autorité et nous présenterons des plans », a-t-il déclaré.

Selon le radiodiffuseur public Kan, les fonctionnaires du ministère de la Santé avaient proposé de transférer la responsabilité de trouver des solutions pour diviser les classes aux autorités locales, mais le ministère de l’Education a rejeté l’idée.

Orit Arnon, directrice d’école à Tel Aviv, a déclaré à la radio de l’armée que le ministère de l’Education devrait « nous donner, à nous les gens sur le terrain, l’indépendance de faire ce qui est le mieux pour les enfants. Ne pas nous imposer de directives strictes ».

L’ancien directeur général du ministère de l’Education, Shmuel Abuav, qui a démissionné en juin, a également critiqué ce plan.

« Le CP et le CE1, c’est l’âge le plus compliqué pour l’enseignement à distance », a-t-il déclaré. « Ils auraient dû faire reprendre les classes de CP, CE1 et CE2 en ‘capsules’ et faire en sorte que les classes du CM1 à la Terminale puissent reprendre l’école pendant la moitié de la semaine », a-t-il déclaré à la radio de l’armée lundi.

Des fuites dans les médias israéliens, lors de la réunion du cabinet du coronavirus de dimanche, ont cité le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déclaré que le gouvernement ne pouvait pas se permettre de diviser les classes 1 et 2 en « capsules » ou en groupes d’enfants moins nombreux.

Le plan visant à diviser les classes de CE2 et de CM1 en modules a été approuvé et financé. Cependant, le ministère de l’Education estime que la mise en œuvre de cette solution pour les classes de CP et de CE1, comme le demande le ministère de la Santé, coûterait 5,3 milliards de NIS supplémentaires et nécessiterait cinq semaines de préparation et l’embauche de 13 000 nouveaux employés. Le ministère des Finances s’est opposé à tout plan nécessitant un financement supplémentaire.

La décision de séparer les classes en deux a été prise ultérieurement.

Bien que les écoles du pays aient été officiellement fermées en raison des restrictions liées au virus, des centaines de yeshivot, d’écoles primaires et secondaires ultra-orthodoxes – y compris dans les zones fortement infectées – ont ouvert dimanche dernier au mépris de la loi, sur ordre d’un éminent rabbin. De nombreux responsables ultra-orthodoxes ont légitimé ce geste et la police ne réprime que sporadiquement les contrevenants.

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