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La Russie et le Hezbollah travaillent « officiellement » ensemble en Syrie

La coopération militaire opérait jusque là discrètement, mais le groupe terroriste chiite libanais veut désormais être une armée conventionnelle

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Funérailles d'un membre du Hezbollah qui a été tué en combattant aux côtés des forces du gouvernement Assad en Syrie, le 1er mars 2016. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)
Funérailles d'un membre du Hezbollah qui a été tué en combattant aux côtés des forces du gouvernement Assad en Syrie, le 1er mars 2016. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

La Russie et le Hezbollah ont commencé « officiellement » leur coordination militaire, à la demande de Moscou, selon un article pulié jeudi sur un site d’information pro-hezbollah.

Le site libanais pro-Hezbollah al-Akhbar a indiqué que les responsables du Hezbollah ont rencontré des politiciens russes dans la ville fortifée d’Alep la semaine dernière pour une « première rencontre officielle et directe » entre les deux partis depuis le début de l’implication militaire de la Moscou dans la guerre civile en Syrie.

L’article souligne que les responsables russes et ceux du Hezbollah s’étaient déjà rencontrés dans de conditions non-officielles, notamment dans les salles de opérations de la bataille.

Cette rencontre, organisée par la Russie, a établi une communication « continue » et des courants communs entre les deux partis sur ce qui se passe sur le champ de bataille et sur des projets.

La Russie est tout particulièrement intéressée à coopérer avec l’infanterie du Hezbollah sur le terrain à Alep, car les frappes aériennes sont moins efficaces sur la ville densément peuplée, explique l’article.

Un bénévole, membre des Casques blancs, transporte un enfant sauvé des décombres après un bombardement de la ville d'Alep, le 24 novembre 2016. (Crédits : AFP PHOTO / AMEER ALHALBI)
Un bénévole, membre des Casques blancs, transporte un enfant sauvé des décombres après un bombardement de la ville d’Alep, le 24 novembre 2016. (Crédits : AFP PHOTO / AMEER ALHALBI)

La milice, soutenue par l’Iran, semble avoir entre 6 000 et 8 000 combattants en Syrie, mais certains analystes estiment qu’ils seraient plus nombreux.

Il y a déjà eu une coopération claire entre le Hezbollah et la Russie, et entre la Russie et d’autres milices chiites en Syrie également, analyse Michael Horowitz, directeur de l’Intelligence chez Prime Source, un bureau de consulting géopolitique. Il ajoute qu’il n’est pas surpris par le contenu de l’article.

La décision de rendre cette relation publique et officielle émane du désir ardent du Hezbollah à se revendiquer comme une armée conventionnelle, explique Horowitz. Il a souligné que l’article de jeudi fait suite à la première parade militaire du Hezbollah en Syrie, qui a eu lieu mi-novembre, durant laquelle la milice a fait étalage de sont armement russe et américain.

Le Hezbollah défile avec son équipement militaire, à Qusayr en Syrie, en novembre 2016. (Crédit : Twitter)
Le Hezbollah défile avec son équipement militaire, à Qusayr en Syrie, en novembre 2016. (Crédit : Twitter)

La nouvelle coopération officielle entre Moscou et le groupe terroriste chiite n’affectera pas la position belliciste du Hezbollah à l’encontre d’Israël, selon l’article.

Le député Avi Dichter (Likud), ancien chef de l’agence de sécurité Shin Bet, avait déjà annoncé le 16 novembre que les intérêts russes dans le Moyen-Orient ne coïncidaient pas ceux d’Israël et que l’État juif doit se montrer vigilant face à l’influence croissante de la Russie dans la région, et ce malgré la bonification des relations entre Jérusalem et Moscou.

Israël considère que l’Iran, patron du Hezbollah est l’adversaire le plus redoutable de la région, et la lutte contre le terrorisme du groupe libanais est une priorité.

« La Russie ne considère pas l’Iran et ses voisins à la hauteur de la menace qu’ils représentent ou qu’ils manifestent à l’égard d’Israël », explique Dichter, en ajoutant que la Russie « considère le Hezbollah comme le laquais de l’Iran en Syrie et au Liban, et qu’ils soutiennent la milice chiite en Iraq et en Syrie ».

Israël a effectué de nombreuses frappes aériennes en Syrie depuis le début de la guerre civile afin de freiner le trafic d’armes en faveur de l’arsenal du Hezbollah. À part cela, Israël ne s’est pas impliqué dans le conflit mortel qui a envahi le pays.

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